Pour sa troisième carte blanche, notre invitée, la commissaire d’exposition Emmanuelle Hascoët, partage avec nous un extrait du travail de l’artiste ukrainienne, Yana Kononova. Découverte à l’occasion de son exposition intitulée « The Basilisk » qui s’est clôturée en janvier dernier à la galerie Stimultania de Strasbourg. Pour celles et ceux qui l’ont manquée, la bonne nouvelle, c’est que l’exposition sera présentée au Centre du patrimoine arménien de Valence à partir du 15 octobre prochain et jusqu’au 31 janvier 2027.

J’ai découvert cette artiste ukrainienne dans le cadre de son exposition « The Basilisk » à la galerie Stimultania à Strasbourg. Je remercie Céline Duval d’avoir insisté pour me présenter ce travail incroyable avant la clôture de l’exposition en janvier dernier.

Vue de l’exposition The Basilisk, Stimultania 2025 © Séléné Brault

Vue de l’exposition The Basilisk, Stimultania 2025 © Séléné Brault

Le travail de Yana Kononova se situe à la croisée de l’art, du documentaire et de la recherche visuelle sur les traces laissées par la guerre et les catastrophes écologiques. Depuis le début de l’invasion russe en 2022, elle développe une œuvre marquée par une attention constante aux formes visibles et invisibles du traumatisme — qu’il soit humain, territorial ou environnemental. Dans plusieurs de ses séries récentes (Radiations of War, Desperation of Landscape, Boar Gardening), Yana Kononova interroge l’empreinte de la violence sur les paysages, jusqu’à faire émerger une lecture critique et poétique de l’écocide.

Vue de l’exposition The Basilisk, Stimultania 2025 © Séléné Brault

J’ai été particulièrement impactée par son installation «Izyum forest », une fresque panoramique longue de près de 10 mètres composés de cinq tableaux superposés, qui représente les fouilles des experts de la police scientifique suite à la découverte du charnier d’Izyum, dans l’oblast de Kharkiv.

Desperation of landscape, 2023 © Yana Kononova

Cette scène d’exhumation, est spectaculaire par sa scénographie, sa plastique et son humanité. Les hommes bottés, coiffés et habillés de blanc sont épuisés, éreintés, psychologiquement terrassés par ce qu’ils découvrent. Mais ils sont à pied d’œuvre avec précision et attention. Rien de l’horreur n’est montré mais la forêt entière suinte de cette macabre découverte. C’est une œuvre terriblement réelle et en même temps terriblement métaphorique. La fresque impacte par sa force à nous mettre face à ces humanités fouettées par l’horreur. C’est un travail d’une grande force et d’une grande beauté, d’une certaine poésie qui décale l’actualité, se joue de plusieurs temporalités tout en documentant la violence de l’envahisseur.

Vue de l’exposition The Basilisk, Stimultania 2025 © Séléné Brault

Il sera possible de découvrir à nouveau son travail du 15 octobre 2026 au 31 janvier 2027 au Centre du patrimoine arménien de Valence.
https://www.le-cpa.com/

https://www.stimultania.org/the-basilisk/
https://www.yanakononova.com/izyumforest

INFORMATIONS PRATIQUES

jeu15oct(oct 15)10 h 00 min2027dim31jan(jan 31)18 h 00 minYana KononovaThe BasiliskLe Centre du Patrimoine Arménien, 14 rue Louis Gallet, 26000 Valence

La Rédaction
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