Pour sa deuxième carte blanche, notre invitée, la commissaire d’exposition Emmanuelle Hascoët, a souhaité apporter un focus particulier sur l’œuvre de Clémentine Mélois, artiste et écrivaine française, membre du mouvement littéraire Oulipo. Et pas n’importe quelles œuvres : cette artiste plurielle joue avec les images et les photographies vernaculaires avec humour, sensibilité et décalage, tout en entretenant un goût obsessionnel pour l’objet-livre, où la photographie occupe une place centrale dans ses créations.

L’univers de l’oulipienne Clémentine Mélois m’enchante. Le travail de cette plasticienne, écrivaine française mêle culture pop et culture classique, culture web et histoire de l’art, dans un jeu sur les codes de la photographie et de l’édition. Elle contribue aussi à de nombreuses revues.

Archives personnelles

Elle a détourné les couvertures de classiques de la littérature. Ces pastiches sont réunis dans l’ouvrage « Cent titres » (Éditions Grasset. 2014.).
Elle a publié un roman-photo hilarant « Le six fonctions du langage » (Éditions du Seuil. 2021) qui se joue des codes de la fotonovela dans une série d’historiettes comme « El magnifico », « Voili, voilou ».
Elle est l’autrice de livres pour enfants « Les chiens pirates » (École des loisirs), de romans et d’essais comme « Dehors la tempête » (Éditions Grasset. 2020) qui revient sur ses lectures fondatrices. Son dernier ouvrage « Alors c’est bien » (Coll. L’Arbalète, Gallimard. 2024) rend hommage à son père, le sculpteur Bernard Mélois.
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-20e-heure/la-20eme-heure-du-jeudi-05-septembre-2024-4387513

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-midis-de-culture/clementine-melois-ecrit-pour-les-gentils-pirates-2649290

C’est une artiste plurielle et rebondissante qui joue avec les images, les photographies vernaculaires avec humour, sensibilité et décalage. Elle fait littérature de petites listes de courses abandonnées (« Sinon j’oublie ». Éditions Grasset. 2017), œuvre à mettre l’angoisse à distance en saupoudrant toutes ses œuvres de poésie et de fantaisie. L’enfance n’est jamais loin, son amour de la littérature au sens très large est partout. Elle entretient un goût obsessionnel pour l’objet-livre, et la photographie trouve souvent place au cœur de ses créations.

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/remede-a-la-melancolie/clementine-melois-je-desamorce-ma-noirceur-abyssale-par-l-humour-9034226

Je l’ai vue sur scène dans le théâtre antique d’Arles dans le cadre d’une représentation du Live magazine en juillet 2022. Elle racontait « Les images que j’ai dans la tête » sur une projection de créations photographiques qu’elle avait comme à son habitude, fabriquées, bricolées, retouchées. Certaines images illustraient avec irrévérence, légèreté et humour tous les rituels quotidiens qui s’étaient mis en place dans nos vies confinées. Elle en a par ailleurs fait un petit livre illustré « Bon pour un jour de légèreté » (Éditions Grasset. 2021). Elle nous prend par la main avec poésie pour rire franchement de nous-même, ouvre des brèches folles dans le réel, décloisonne les registres, superpose les niveaux de sens et de culture. Sa vivacité d’esprit et de son inventivité font un bien fou. J’adorerais imaginer un projet autour de son travail.

Voici un podcast suite à sa Carte blanche à la BnF en 2023 :
https://www.bnf.fr/fr/agenda/carte-blanche-clementine-melois

https://www.instagram.com/clemelois/
https://www.oulipo.net/fr/oulipiens/cm

La Rédaction
9 Lives magazine vous accompagne au quotidien dans le monde de la photographie et de l'Image.

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