Pour cette cinquième édition consécutive du programme Frutescens, initiée par le Centre photographique Rouen Normandie et dédiée au soutien de la jeune création photographique française, quatre nouveaux artistes ont été sélectionnés. Gaëlle Delort (1988), Lívia Melzi (1985), Emma Tholot (1994) et Valentin Valette (1994) participent à cette édition inscrite dans le cadre de la plateforme européenne de photographie FUTURES. Découvrez les projets lauréats, qui partagent une réflexion sur la question du document et sur celle de l’image photographique comme lieu de mémoire, voire de croyance.

Les quatre photographes lauréats rejoignent FUTURES et bénéficient du réseau européen offert par la plateforme et ses membres.

© Gaëlle Delort, de la série Développements, 2024

Avec Gaëlle Delort, c’est le paysage des Causses où elle réside qui se révèle au travers d’une exploration au long cours, à la chambre. Alliant la spéléologie à sa pratique de la photographie, elle rend compte de la géomorphologie de la région dans de saisissants paysages souterrains. S’immisçant à quelques lieues sous la terre que l’on foule, elle sonde et enregistre méthodiquement le revers de la face émergée du monde, là où siègent les archives de la terre.

Lívia Melzi, de la série Musea Futuri, 2024 – en cours.

C’est la mémoire des êtres humains et de ses artefacts que Lívia Melzi s’attache à mettre en scène. Partant des archives du Musée National de Rio de Janeiro détruit par un incendie en 2018, elle poursuit elle aussi un long et vaste projet de collecte dans les réserves de musées ethnographiques. À partir de ces traces du passé, l’artiste franco-brésilienne interroge le devenir de leurs collections photographiques.

Emma Tholot, de la série Piccole Passioni, 2024

Sédiments de croyances, l’image photographique gagne chez Emma Tholot un éventail de supports empruntés au champ de la tradition populaire méditerranéenne. Se mêlent dans ses installations les éléments théâtraux du religieux, du carnaval et du cirque. Migrant sur tissu, s’agrémentant de rubans, grelots, ex-voto en cire, coussin, satin, l’image photographique est le creuset d’une mémoire collective aux accents baroques.

Valentin Valette, de la série Ashes of the Arabian’s Pearl, 2021-2024

Enfin, le document photographique tel que Valentin Valette le déploie est informé de sa formation en anthropologie visuelle. L’artiste franco-algérien mène des projets photographiques dans les pays du Golfe et s’intéresse plus particulièrement à l’Oman d’aujourd’hui. Dans une large fresque associant documents, photographies et son, il portraiture des migrants bâtisseurs et des entrepreneurs. Esseulées dans de vastes paysages désertiques, se découvrent des architectures dont on ne sait dire si elles proviennent d’un passé ou d’un futur lointain. Retenant les visages et les traces, il dépeint un territoire en transition traversé de migrations dont les vies incarnées sont souvent effacées et construit là patiemment une archive du temps qui fût sous ces infrastructures de béton et de panneaux solaires.

À LIRE
Découvrez les lauréats du programme Frutescens 2025
Découvrez les lauréat·es du programme Frutescens 2023

Ericka Weidmann
Après des études d'Arts Appliqués et de photographie, elle rejoint un magazine en ligne consacré à la photo en tant que directeur artistique, poste qu'elle occupera pendant 10 ans. En 2010, elle s'installe comme DA en indépendant. En parallèle, elle devient responsable éditorial pour Le Journal de la Photographie et c'est en septembre 2013 qu'elle co-fonde le quotidien L’Oeil de la Photographie pour lequel elle est rédactrice en chef jusqu'en septembre 2016 avant de fonder 9 Lives magazine ! Ericka Weidmann est également journaliste pigiste pour d'autres médias.

You may also like

En voir plus dans News