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Lee Ufan, maître intemporel du Centre de Création contemporaine Olivier Debré

Temps de lecture : 2 minutes et 1 seconde

Inauguré en grande pompe en mars cette année, le Centre de Création contemporaine Olivier Debré à Tours dans l’élégant écrin calcaire des architectes portugais Aires Mateus, n’est ni un musée, ni une fondation comme le rappelle son directeur Alain Julien-Laferrière.

Il se dédie exclusivement à la valorisation du peintre et de l’œuvre d’Olivier Debré en tant que dépositaire de son fonds mais avec démarche d’ouverture sur la création actuelle. Une vocation qui répond à la volonté de l’artiste qui souhaitait initier un dialogue entre sa pratique et les démarches d’artistes contemporains.

C’est pourquoi la Galerie blanche au 1er étage lui est dédiée avec « Olivier Debré, un voyage en Norvège » rappelant l’influence de ce pays, ses atmosphères contrastées, ses lumières changeantes, ses paysages sur ses toiles, tout en restant fidèle à sa Touraine originelle, autre terreau d’expérimentations picturales.

En contre-point l’artiste coréen Lee Ufan captivé par l’obscurité de la Galerie noire, espace d’exposition qu’il a choisit, propose une déambulation sous forme d’un « Pressentiment » (titre de l’exposition) où l’on retrouve toute la quintessence de son approche philosophique. Le faire et le non faire, le visible de l’invisible, l’accès à un autre monde, la lenteur du geste, la connexion entre les choses, autant de notions subtiles et impalpables, reprises dans son vocabulaire stylistique d’une grande épure.

L’on avait admiré son projet pour le château de Versailles en 2014 dont il avait magnifié la perspective à l’aide notamment de cette grande arche de métal, motif nouveau de sa sculpture. Pour cette exposition à Tours il réactive et renouvelle ce motif dans l’une des six installations inédites qui ponctuent le parcours. Pierres de la nature, temps du geste sur la toile, jeux d’ombre et de lumière, chaque intervention fait entrer des éléments antagonistes (matériaux naturels versus artificiels) reliés par un phénomène d’équilibre en lien avec l’espace environnant. Rappelons que Lee Ufan tant que théoricien a été en 1968 l’un des protagonistes du mouvement Mono-ha (« l’école des choses ») questionnant les processus de représentation au profit d’un certain nombre de correspondances : le vide, l’énergie, la répétition, le silence, pour advenir au monde. L’ œuvre ne serait alors qu’un point de passage, un seuil de méditation à franchir.

Après la Galerie du Jeu de Paume, le musée d’art contemporain de St Etienne, cette exposition est la première dans une institution artistique française d’un artiste d’envergure internationale (52ème Biennale de Venise, Guggenheim Museum) dont le musée sur l’île de Naoshima (Japon) dessiné par Tadao Ando a été inauguré en 2010.

Et toujours, pendant votre visite, vivez l’expérience vertigineuse dans la Nef, de « La Chambre d’huile » de l’artiste norvégien Per Barclayvisible également de l’extérieur. Rarement exposées les Chambres d’huile à vocation éphémère magnifient le sol d’une couche d’huile noire, offrant au regard un miroir aussi envoutant que déstabilisant. Se dégage alors une autre image jouant entre la réalité et la fiction dans une mise en abyme spectaculaire.

INFOS PRATIQUES :
> Lee Ufan – Pressentiment
Du 8 juillet au 12 novembre 2017
Lee Ufan est représenté en France par la Galerie Kamel Mennour.
> Olivier Debré – Un voyage en Norvège
Jusqu’au 17 septembre 2017
> Per Barclay – Chambre d’huile
Jusqu’au 03 septembre 2017
 CC OD
Jardin François 1er
37000 Tours

À 1h10 de Paris en TGV !
Horaires d’été :
lundi 14h-19h
du mardi au dimanche de 11h30 à 19h
nocturne le jeudi soir jusqu’à 21h
Ouverts en permanence : 
Le café contemporain et la librairie
http://www.cccod.fr