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Carte blanche à Arnaud Bizalion : Le Magazine Camera

Temps de lecture : 1 minute et 33 secondes

Aujourd’hui pour sa seconde carte blanche, notre invité de la semaine, l’éditeur Arnaud Bizalion, nous parle de presse. Et plus précisément du magazine Camera, né en 1922 à Lucerne, en Suisse. Titre qui voit son dernier numéro paraître en 1981, avant de renaître en 2013 sous l’impulsion de Bruno Bonnabry Duval et Brigitte Ollier.

J’aime beaucoup les magazines Camera que mon ami Marc m’a remis il y a quelques années, les sauvant de la poubelle. C’était l’époque où les CNRS pouvaient disposer d’un laboratoire et d’un technicien photographe salarié permanent, et que la documentation technique de Camera pouvait justifier un abonnement. J’ai ainsi reçu comme des reliques une bonne quarantaine de numéros placardisés, allant de 1968 à 1976. Un charme unique se dégage de ces publications du siècle dernier, et la photographie argentique nous rejoue ses tours d’ensorceleuse.

Entre ces deux dates (1968-1976), pas de changements notables dans la revue, le logo immuable accompagne le visuel seul sur la 1,  le sommaire sec comme un quignon, l’édito prophétique, signé A. P. (Allan Porter) puis les 4 sélections de photographes et leurs images reproduites tel un portfolio, sur 6, 8 pages précédées d’un texte de présentation du photographe. Les photographies sont imprimées sur un papier couché 135 g et les textes sur un papier offset. Le magazine fait 48 à 60 pages.

Ces magazines sont silencieux, pas de pubs à part quelques encarts distrayants à la fin, la mise en page des images est très respectueuse, pas de recherche d’effets graphiques, et cet aspect désuet, dépouillé me donne l’impression de rentrer dans un lieu saint. De nombreux photographes sont passés dans ces années-là, certains sont toujours là, connus et reconnus, d’autres ont disparus. Mais tous forment cette matière propre à la revue de ces années soixante-dix : la connaissance d’un art émergent, la photographie, où l’évolution de la technique est toujours présente. Derrière chaque nouveau Camera qui sortait des mondes nous apparaissaient : portraits, social, nature, voyages, …

En fin de revue, arrivent sans crier gare et en douceur, les pages techniques, Photokina, présentation des appareils en tout genre, objectifs, soufflettes dépoussiéreuses, projecteurs, sécheuses d’épreuves, caméras, flashs, …

Parfois un papier d’humeur, tel celui de Paul Hill, A propos d’Arles, dans le numéro de novembre 1976 sur le « Festival de photographie d’Arles ».

Depuis, la photographie a franchi des pas de géant dans tous les domaines, mais l’image imprimée, et toutes les étapes préalables à l’édition sont toujours une grande source de bonheur, de partage, d’échange.

Depuis janvier 2013 Camera est relancé par l’éditeur Bruno Bonnabry Duval et Brigitte Ollier.

http://camera-publications.com