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Brigitte Manoukian, galeriste, est notre invitée de la semaine

Temps de lecture : 2 minutes et 43 secondes

Cette semaine, alors que le jubilé des rencontres d’Arles s’apprête à être célébré, direction le sud de la France, à Aix-en-Provence pour rencontrer Brigitte Manoukian, la responsable de la galerie Fontaine Obscure. Jusqu’à vendredi, elle sera notre guide et partagera avec nous ses coups de cœur qui nous mèneront plus loin que le sud de la France, mais aujourd’hui, place à son portrait chinois.

Petite, je découpais des images que je collais soigneusement dans des cahiers : peuples du monde, paysages exotiques, temples merveilleux voisinaient avec des cartes de géographie sur lesquelles j’annotais mes rêves et brodait mes voyages imaginés. Un diplôme de sciences politiques fraichement acquis, un master de géographie en cours, un boitier en main, j’entre en photographie et dans le monde réel : je n’étais pas la seule à partir, ni à partir en Inde. Je gardais mes diapositives Kodak dans des boites bien étiquetées, je les ai utilisées pour chacun de mes cours de jeune enseignante d’histoire-géographie. Ma première intervention comme géographe formatrice portait sur le paysage : j’ai commencé à ce moment à réfléchir à l’acte de photographier. Cheminant, je monte aujourd’hui avec mes élèves des projets de photo-géographie.
La photographie est présente dans tous les moments de ma vie, et dans les quelques interstices laissés par mes activités professionnelles ou associatives, je prends alors mon boitier pour des projets personnels.
Je suis devenue responsable de la Fontaine Obscure il y a cinq ans, un peu par défaut mais avec enthousiasme et engagement. L’association a quarante ans cette année et peut s’enorgueillir d’avoir pu résister avec trois bouts de ficelle et beaucoup d’huile de coude, portée par la passion, l’engagement sans mesure de ses adhérents, écartelée entre la volonté de monter de beaux projets et le manque de ressources, entre résister ou disparaitre. Et elle résiste pour défendre l’idée que l’écriture photographique, parce qu’elle est un autre mode de rapport au réel, un moyen d’élargir son champ de vision, est un puissant révélateur et moteur de réflexion, d’engagement, tout en conjuguant des formes infinies d’esthétique et de sensible. Résister, et continuer à convaincre…
Galerie et espace photographique, la Fontaine Obscure organise depuis dix-neuf ans le Festival Phot’Aix. C’est d’ailleurs avec Regards Croisés que je me lance dans des projets avec les photographies des autres et de l’ailleurs. Regards Croisés repose sur un concept unique : inviter cinq photographes d’un pays étranger à croiser leur travail avec cinq photographes français, dans un dialogue de forme ou de fond, questionnant le sujet mais aussi l’objet qu’est la photographie. Cette année, sont invités des photographes libanais : il y sera question de territoires, de mémoire, d’identités, d’exil, de rêve et bien plus encore… ce qui me touche, me questionne, m’engage.

http://www.brigittemanoukian.com/
http://www.fontaine-obscure.com/

Le Portrait chinois de Brigitte Manoukian :

Si j’étais une œuvre d’art : Les créations textiles de Louise Bourgeois dans Moi, Eugénie
Si j’étais un musée ou une galerie : Plan Bey, galerie et lieu d’édition, Beirut
Si j’étais un(e) artiste : Rocio Molina ou Estrella Morente
Si j’étais un livre : Le cœur cousu de Carole Martinez, un merveilleux hommage aux femmes et à l’art qui triomphe de toutes les peines
Si j’étais un film : Blancanieves de Pablo Berger (2012), Blanche Neige tourné en noir et blanc, baroque et flamenco à souhait
Si j’étais un morceau de musique : Ibrahim Maalouf et Mélody Gardot à Baalbek chantant J’attendrai, une chanson de Dalida
Si j’étais un photo accrochée sur un mur : une photo de Ruven Afanador de sa série Angel Gitano ou Mil besos
Si j’étais une citation : la poésie commence lorsqu’un idiot dit de la mer : la roue tourne…
Si j’étais un sentiment : la sérénité
Si j’étais un objet : une aiguille à coudre… avec du fil
Si j’étais une expo : Gülsun Karamustafa à Berlin, 2016
Si j’étais un lieu d’inspiration : L’Orient
Si j’étais un breuvage : le thé vert tchaï ou le café turc
Si j’étais un héros/héroïne : Pénélope
Si j’étais un vêtement : des souliers

Découvrez les Cartes blanches de notre invitée :

> Carte blanche à Brigitte Manoukian : Le napperon taché (mardi 25 juin 2019)
> Carte blanche à Brigitte Manoukian : Deux lectures choisies et inspirantes (mercredi 26 juin 2019)
> Carte blanche à Brigitte Manoukian : Transmission (jeudi 27 juin 2019)
> Carte blanche à Brigitte Manoukian : Le djevzé syrien (vendredi 28 juin 2019)

INFORMATIONS PRATIQUES

jeu20jui(jui 20)15 h 00 minmer31jul(jul 31)19 h 00 minLes Ateliers s'exposentGalerie Fontaine Obscure, 24 av Henri Poncet 13090 Aix-en-ProvenceType d'événement:Exposition,Photographie


Brigitte Manoukian nous donne rendez-vous du 7 novembre au 28 décembre prochain pour le festival Phot’Aix.

jeu07nov(nov 7)0 h 00 minsam28déc(déc 28)0 h 00 minPhot'Aix 2019 : Regards Croisés Liban-ProvenceGalerie Fontaine Obscure, 24 av Henri Poncet 13090 Aix-en-Provence Organisateur: Fontaine Obscure Type d'événement:Festival,Photographie