Covid-19 et les collectifs : Rencontre avec Thierry Ardouin, Tendance Floue

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La crise sanitaire du covid-19 touche tous les secteurs de la photographie. Nous avons interrogé les directeurs de galeries, de musées, les photographes, les métiers de la presse, et à l’heure d’un déconfinement qui se veut progressif, nous entamons une série sur les agences et les collectifs. Nous avons rencontré Thierry Ardouin, photographe et gestionnaire du collectif Tendance Floue, pour faire le point sur cette situation inédite venue aggraver un secteur déjà très précarisé

« Nous sommes très inquiets, car la reprise n’est pas pour demain. Pour le moment, je n’ai rien entendu, ni lu de positif ou de note d’espoir à ce sujet. Tout le monde est dans l’incertitude, ce qui n’engage donc personne à prendre des risques. La mise sous cloche de toute la chaîne économique impacte très fortement notre métier. Avant de penser au futur, il faut se concentrer sur le présent, il va falloir survivre. Ce n’est pas la première crise que l’on traverse, notre équilibre a toujours été fragile, mais cette fois-ci les difficultés semblent plus compliquées à surmonter. On va avoir du temps pour réfléchir à notre avenir… » T. A.

Cette crise sanitaire a impacté toutes les activités du collectif Tendance Floue, qu’elles soient culturelles, commerciales et éditoriales, entraînant une chute de 50% du chiffre d’affaire pour le mois de mars, et 75% pour avril. Durant cette période de confinement, malgré quelques rares commandes de presse, l’unique salariée du collectif a été placée en chômage partiel, avec une reprise possible à temps complet à partir du 1er juin. Cette situation est rendue encore plus difficile par les retards de paiements des dettes des clients, tristement inhérents au statut de photographe auteur. La majorité des photographes du collectif a perçu le fonds national de solidarité mis en place par le ministère de l’économie. Cependant Thierry Ardouin exprime son inquiétude sur les semaines et les mois à venir, précisant ainsi la nécessité de prolonger ces aides. Une activité brusquement arrêtée pendant deux mois, avec une reprise qui se fait attendre, les mois à venir s’annoncent plus que difficiles. Cette pandémie vient fragiliser un statut déjà fortement malmené. Lorsque Tendance Floue est née, la presse était déjà en difficulté, mais aujourd’hui c’est son avenir qui est devenu incertain, pour le papier tout du moins… Les abonnements digitaux ont explosé en cette période de confinement, mais les tarifs proposés sur internet restent ridicules. À un point tel qu’il va devenir impossible de vivre de la presse.
Les activités culturelles ont également fortement été touchées. Le collectif devait présenter une grande exposition dans le cadre du festival des Rencontres d’Arles, mais la suppression de la manifestation voit donc cette première exposition dans le programme officiel du collectif depuis 2011 annulée (peut-être reportée, mais sans certitude). L’exposition du projet Azimut qui devait ouvrir en juin 2020 au Musée Nicéphore Niepce de Chalon-sur-Saône est reportée à l’automne. Celle prévue pour les Photoaumnales est maintenue. Enfin, un projet collectif en cours a dû s’interrompre le temps de l’immobilisation forcée

http://tendancefloue.net/

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