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Partager Partager À 97 ans, Sabine Weiss vient de tirer sa révérence. La photographe franco-suisse était l’une des principales figures et rare femme du courant humaniste. Elle n’aura jamais cessé de photographier, depuis l’âge de ses 8 ans, lorsqu’elle s’acheta son tout premier appareil avec son argent de poche. Je l’ai rencontrée pour la première fois il y a 20 ans, à l’inauguration de la première édition des Transphotographiques à Lille, j’avais alors été frappée par son humour incroyable et sa générosité. Nous devions l’accueillir comme invitée de la semaine en février prochain, à l’occasion de la préparation de son exposition « Poésie de l’instant » installée à Venise en mars 2022. Cela restera un rendez-vous manqué. Pour dernier hommage, je partage un entretien que j’avais réalisé avec Sabine, l’an passé, à l’occasion d’un dossier autour du droit à l’image. « C’est quelque chose que j’aime beaucoup, photographier les gens pour leur témoigner qu’eux aussi sont des gens importants« . Sabine Weiss, 2015 © Jacques Revon Sabine Weiss fait des photos depuis toujours, depuis qu’elle a acheté un petit appareil avec son argent de poche à l’âge de 8 ans. Le droit à l’image n’aura pas eu raison de sa pratique photographique. « À l’époque le droit à l’image n’existait pas, personne ne s’était jamais opposé à ce que je le photographie, au contraire, les gens étaient heureux qu’on les prenne en photo. Ca leur faisait même du bien qu’on leur donne de l’intérêt, en les regardant, en les photographiant, en leur souriant également. C’est quelque chose que j’aime beaucoup, photographier les gens pour leur témoigner qu’eux aussi sont des gens importants. Lorsqu’ont débuté les premiers procès, c’était tout à fait nouveau pour nous, mais je n’ai jamais changé ma façon de photographier. Les photos je les prends toujours très discrètement et rapidement. Et je n’ai jamais eu peur, je n’ai fait signer une autorisation qu’une seule fois. Un grand journal américain devait publier une de mes images, ils m’ont demandé l’autorisation de la personne qui figurait sur le cliché, bien sûr je ne l’avais pas, j’ai donc dû me rendre en Bretagne pour lui faire signer son accord. » Sur sa longue carrière Sabine Weiss n’a qu’un seul souvenir où on l’a empêché de photographier, c’était il y a une dizaine d’années près de la gare du Nord. « Je suis passée devant un café et j’ai vu un jeune enfant qui regardait la rue avec les mains collés à la vitre, j’ai commencé par lui faire des signes, car j’aime jouer avec les enfants. C’est alors que j’ai tiré mon petit appareil de mon sac et j’ai fait deux clichés. Et tout à coup, 3 hommes me sont tombés dessus en m’intimant de supprimer les photos. Les photos n’étaient même pas très intéressantes en plus. Mais c’est comme ça aujourd’hui… » A LIRE : Le Prix Women In Motion 2020 pour la photographie est attribué à Sabine Weiss L’oeuvre et les archives de Sabine Weiss conservés par le Musée de l’Elysée Marque-page0
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