Anna Grumbach, lauréate de la Bourse de recherche Fondation Louis Roederer pour la photographie 2025 1 jour ago
Planches Contact Festival : Henrike Stahl déconstruit le mythe du prince charmant et de la vie de château 12 décembre 2025
Réouverture du musée des Augustins, Toulouse : Interview Laure Dalon, directrice et conservatrice 2 jours ago
Brafa 2026, Interview Beatrix Bourdon, directrice générale : « la TVA à 6% est un signal fort lancé à l’ensemble du secteur en Belgique » 3 jours ago
Interview exclusif Jean-Marc Dimanche et Gilles Parmentier : ceramic brussels, 3ème édition ! 4 jours ago
Partager Partager Née en Allemagne, Henrike Stahl s’installe à Paris après son Bac comme assistante-photographe, et travaille rapidement dans la mode et la presse, avant de privilégier une dimension artistique. Ses séries Mon Roi, Ma Reine où elle magnifiait des jeunes du 93 avaient fait sensation. Pour Planches Contact Festival, La Belle au bois Normand s’adresse principalement à Rio, la fille d’Henrike Stahl, qui se plaît à se « rêver dans tous les rôles de princesse ». À travers des photos découpées et superposées sur les caissons d’une installation, et des tissus, Henrike Stahl révèle de façon créative et ludique les facettes de châteaux de Normandie, et insère le personnage de la princesse dans une réalité contemporaine. Alors que sa section est à la fin du parcours de l’exposition collective Intimités qui réunit près de vingt photographes – commencée aux Franciscaines, et se terminant au Point de Vue, face à la plage -, Henrike Stahl réussit à surprendre. Ses tirages colorés, peints et découpés sont accrochés en plusieurs couches dans un château-cabane ouvert à la lumière. La Belle au bois Normand © Henrike Stahl Fatma Alilate : Comment avez-vous procédé pour cette série La Belle au bois Normand ? Henrike Stahl : Pour Planches Contact, j’ai fait de la photo et de la peinture, et retravaillé les tirages par la peinture. Dans cette résidence, essayer d’approcher des châtelains m’a pris le plus de temps. C’était un peu compliqué, ils n’ont pas forcément envie de montrer leur intimité. Mais j’ai pu travailler sur une dizaine de châteaux de Normandie. Plusieurs fois, je me suis rendue au Château Hermival, et j’ai été mise en contact avec un jeune couple qui a loué le château pour célébrer son mariage. La location des châteaux pour les cérémonies de mariage est un moyen de trouver des fonds pour la rénovation. Je suis allée une ou deux fois dans les autres châteaux pour au moins une image montrant des instants de vie. Et comme j’avais envie d’évoluer dans ma façon de découper les photos, j’ai souhaité des caissons. Dans l’installation réalisée par le scénographe Charles Remicourt-Marie, on peut découvrir pour chaque caisson, cinq ou six couches de photos découpées. Il y a une continuité, à travers les trous d’un tirage, on voit le deuxième tirage, puis le troisième. Les tirages sont suspendus, et il n’y a pas de collage ni d’assemblage. Un seul caisson est composé d’une photographie encadrée. J’avais fait un travail similaire il y a deux ans pour le Centre Régional Photographique de Douchy-les-Mines autour de la mémoire. L’idée, c’était que des parties de la mémoire tombent dans l’oubli, mais d’autres éléments apparaissent et constituent une vérité propre à chacun. Pour Deauville, c’était un peu long à faire, j’ai d’abord fait des photos que j’ai imprimées, et il y a eu plusieurs niveaux de découpages. Le sujet étant destiné à ma fille, les caissons sont ludiques, un peu trop. Beaucoup de personnes essaient de toucher et ont fait tomber des découpages. A chaque fois qu’on m’envoie une photo sur Instagram, je vois quelqu’un qui a les doigts dans les découpages. La Belle au bois Normand © Henrike Stahl La Belle au bois Normand © Henrike Stahl FA : Il y a un côté très lumineux dans vos photos. C’est très joli et coloré. HS : J’aime ramener la couleur, saturer les photos. Je pense que le monde a besoin de couleurs. C’était aussi en lien avec l’installation de Charles Remicourt-Marie, le scénographe qui a construit cette pièce en bois. Au départ, je voulais bâcher ces fenêtres. Mais finalement, on a laissé ouvert. Donc du coup, toute la construction de la scénographie a été pensée pour accueillir la lumière et qu’elle soit traversante. Quand on se déplace, l’image change, on peut regarder de côté et à l’arrière, c’est aussi assez beau. La Belle au bois Normand © Henrike Stahl FA : Dans vos séries, vous vous préoccupez de déjouer les stéréotypes. HS : Il y a souvent au départ une dimension sociale, j’essaie dans mes images de parler de quelque chose. Je pense qu’en tant que photographe et maman, on a un devoir éducatif avec nos images. Si c’est pour regarder mon nombril, je n’ai pas besoin de faire des photos. Ma fille avec son handicap a besoin de rêver. Elle entre dans l’adolescence et continue à mettre des jolies robes et à attendre son prince charmant, et je voudrais qu’elle puisse se réaliser sans ce type d’illusion. En parallèle, dans ma famille, il y a un château et je sais que c’est très compliqué d’entretenir et de conserver les châteaux. Le coût est très élevé, il y a de nombreuses obligations dans le bâti et la restauration, des contraintes de visites. Le thème du Festival, c’est l’intimité, et je pensais qu’en rentrant chez les châtelains, je montrerais à ma fille que les princesses d’aujourd’hui n’ont pas une vie de contes de fées, elles se prennent en main. FA : Qu’apporte la photographie à votre approche artistique ? HS : D’augmenter le regard sur le réel. J’ai eu ma fille avec son handicap il y a bientôt quatorze ans et j’ai toujours travaillé avec de vrais gens. Je trouve qu’au lieu justement de déformer la réalité, tout le monde est photographiable et mérite d’être sur une photo. Je préfère garder la réalité mais la rendre créative. Pour la série La Belle au bois Normand, il n’y a pas de retouches, les images sont brutes mais le réel devient onirique. La Belle au bois Normand © Henrike Stahl La Belle au bois Normand © Henrike Stahl FA : Qu’est-ce que vous avez retenu de cette résidence au Planche Contact Festival ? HS : C’était très, très chouette de rencontrer autant de photographes, on est tous à la Villa Namouna et on échange, on peut donner nos avis et recevoir des conseils. Quand on a un doute, on le dit. C’était une sorte de petit comité de co-création parce que tout le monde a apporté son regard, a aidé un photographe. Je n’étais pas toute seule dans mon monde et je trouve que c’est important. C’est pour ça que j’ai déjà organisé des expos où j’invitais des photographes. C’est très cool de permettre toutes ces rencontres, ces partages. J’ai aussi rencontré Minkkinen qui est quelqu’un d’extraordinaire, ça n’aurait pas pu se faire sans la résidence. – Propos recueillis par Fatma Alilate https://www.henrikestahl.de/ INFORMATIONS PRATIQUES Festival Planche(s) Contact143 Avenue de la République, 14800 Deauville sam18oct(oct 18)10 h 00 min2026dim04jan(jan 4)19 h 00 minPLANCHES CONTACT 2025Le Festival de Photographie de DeauvilleFestival Planche(s) Contact, 143 Avenue de la République, 14800 Deauville Détail de l'événementPhoto : © Lin Zhipeng, aka no.223 À partir du 18 octobre 2025, Planches Contact Festival revient à Deauville pour sa 16e édition et explore cette année le thème de l’intimité. Détail de l'événement Photo : © Lin Zhipeng, aka no.223 À partir du 18 octobre 2025, Planches Contact Festival revient à Deauville pour sa 16e édition et explore cette année le thème de l’intimité. Chaque automne, la ville se transforme en terrain d’expérimentation photographique, invitant artistes émergents et confirmés à poser un regard singulier sur la Normandie. Cette nouvelle édition interroge ce qui se joue derrière les apparences : les liens invisibles, les silences, les tensions et la mémoire, dans le paysage comme dans le corps, dans l’espace privé comme dans l’espace partagé. Parmi les artistes invités, deux figures majeures de la scène internationale incarnent cette traversée de l’intime : Arno Rafael Minkkinen, maître du corps-paysage, livre une méditation visuelle où le corps nu se fond dans la nature, et Lin Zhipeng (No. 223), voix éclatante de la nouvelle photographie chinoise, capte une intimité joyeuse, érotique et colorée. Dates18 Octobre 2025 10 h 00 min - 4 Janvier 2026 19 h 00 min(GMT-11:00) LieuFestival Planche(s) Contact143 Avenue de la République, 14800 DeauvilleOther Events Get Directions CalendrierGoogleCal https://planchescontact.fr/ À LIRE Planches Contact Festival, une seizième édition entre intimité et renouveau Interview Lionel Charrier, co-directeur de Planches Contact Festival Marque-page0
Podcast VOUS AVEZ 2 MINUTES ? Olivier Culmann EP. 06 Chaque jour, du lundi au dimanche à 7 h du matin, VOUS AVEZ 2 MINUTES ?, produit par Brigitte Patient et Patrick ...
Photo Départementales, le refuge d’Antoine Schoenfeld Cette semaine, nous vous invitons à découvrir Départementales, la série du photographe Antoine Schoenfeld. À travers ses clichés d’horizons dégagés et de ...
News Anna Grumbach, lauréate de la Bourse de recherche Fondation Louis Roederer pour la photographie 2025 En toute fin d’année dernière, la Fondation Louis Roederer et la BnF ont dévoilé le nom de la lauréate de la Bourse ...
L'Interview Planches Contact Festival : Interview Veronica Mecchia, Photographe et modèle d’Arno Rafael Minkkinen
Anna Grumbach, lauréate de la Bourse de recherche Fondation Louis Roederer pour la photographie 2025 1 jour ago
Planches Contact Festival : Henrike Stahl déconstruit le mythe du prince charmant et de la vie de château 12 décembre 2025
Réouverture du musée des Augustins, Toulouse : Interview Laure Dalon, directrice et conservatrice 2 jours ago
Brafa 2026, Interview Beatrix Bourdon, directrice générale : « la TVA à 6% est un signal fort lancé à l’ensemble du secteur en Belgique » 3 jours ago
Interview exclusif Jean-Marc Dimanche et Gilles Parmentier : ceramic brussels, 3ème édition ! 4 jours ago