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Partager Partager Sanja Knezevic est une photographe documentaire serbe dont le travail explore avec sensibilité les réalités sociales, politiques et humaines de la Serbie contemporaine et des Balkans. À travers ses séries, elle s’intéresse particulièrement aux communautés marginalisées, aux mouvements de protestation, aux phénomènes migratoires et aux formes de résistance silencieuse qui traversent le quotidien. Arles 2024 © Sanja Knezevic Formée à la photographie documentaire, elle développe une approche fondée sur l’immersion, la confiance et le respect de ses sujets. Ses projets, tels que Dead-End Street, Roma Returnees, Roma Inclusion, A Russian Bubble ou Your Hands Are Bloody, témoignent d’un engagement profond pour une photographie honnête, attentive à la dignité des personnes photographiées et éloignée de tout sensationnalisme. Sanja Knezevic revient sur sa manière de travailler dans des contextes souvent difficiles, marqués par la pauvreté, la violence, la précarité ou les tensions politiques. Elle évoque notamment son rapport aux symboles visuels, à l’émotion, à la responsabilité du photographe, ainsi qu’à la nécessité de trouver un équilibre entre présence et retrait. Elle partage également son expérience auprès des communautés roms, son regard sur leur résilience et les évolutions progressives de leur intégration, tout en soulignant les obstacles persistants. Enfin, Sanja Knezevic insiste sur l’importance du temps, de l’écoute et de la sincérité dans sa démarche artistique. Pour elle, la photographie est avant tout un moyen de raconter des histoires complexes, humaines et nuancées, capables de résonner durablement au-delà de l’instant capturé. Sa réflexion éthique sur le rôle du photographe, fondée sur le respect, la patience et le refus du sensationnalisme, invite à repenser la manière de représenter les Balkans. Plutôt que de figer la région dans une image de crise permanente, son travail propose une lecture nuancée, attentive aux individus et aux histoires singulières, contribuant ainsi à une meilleure compréhension de ses réalités contemporaines. 28 juillet 2025, Valjevo, République de Serbie — Des élèves de l’école agricole avec internat préparent du foin sur la ferme lors de leur formation pratique afin de nourrir le bétail. Crédit photo : © FAO / Sanja Knezevic. Contrairement à beaucoup de discours extérieurs ou médiatiques, Sanja parle depuis l’intérieur de la région. Elle évoque les protestations à Belgrade, les tensions politiques, les régimes autoritaires, les difficultés économiques, la précarité sociale, les communautés marginalisées, les migrations. Tout cela dessine un portrait contemporain des Balkans, loin des clichés folkloriques. On comprend que la région est encore marquée par des fractures historiques, des inégalités persistantes, des transitions lentes et une société en mouvement. 29 juillet 2025, Zlatibor, République de Serbie — Des arbres brûlés à la suite d’un incendie provoqué par la chaleur estivale. Crédit photo : © FAO / Sanja Knezevic. 29 juillet 2025, Zlatibor, République de Serbie — Des femmes travaillent dans la laiterie biologique locale « Naša Zlatka », où des produits laitiers de haute qualité sont fabriqués chaque jour à partir de 300 litres de lait, soutenant ainsi les petits agriculteurs locaux. Crédit photo : © FAO / Sanja Knezevic. Son analyse des communautés roms, fondée sur une immersion prolongée et une relation de confiance, permet de dépasser les représentations stéréotypées souvent véhiculées par les médias. Elle montre une réalité complexe, faite à la fois de marginalisation et de progrès lents, notamment à travers l’éducation et l’intégration professionnelle.Son regard sur la migration russe est aussi très intéressant Sanja Knezevic la compare aux réfugiés des années 1990 et montre que ce n’est pas une crise humanitaire, mais un changement socio-économique porté par des classes moyennes – supérieures. Son approche permet de comprendre comment Belgrade devient une ville « carrefour » moderne, connectée à des dynamiques globales. Vous êtes née et basée à Belgrade. En quoi le fait de travailler « chez vous » influence-t-il votre regard et votre approche de vos sujets ? Effectivement, l’emplacement et cette stabilité influence profondément mon regard et l’approche de mes sujets. Cela me permet de mieux comprendre les dynamiques sociales locales ainsi que le contexte historique qui ont façonné non seulement la société actuelle, mais aussi la personne que je suis. Cette proximité crée un lien intime avec les histoires que je raconte, me donnant la possibilité de les aborder de l’intérieur plutôt que depuis un point de vue extérieur. Meilleure histoire locale – National Geographic, novembre 2011 © FAO / Sanja Knezevic. Vous avez étudié à la Faculté des arts appliqués de Belgrade. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous orienter vers la photographie documentaire ? Avant d’étudier à la Faculté des arts appliqués, j’ai fréquenté le lycée graphique, section photographie, où j’ai eu mon premier véritable contact avec la photographie. Je dirais que c’est cette école, ainsi qu’un professeur exceptionnel et profondément investi dans l’enseignement, qui ont le plus contribué à me motiver à rester dans cette voie et à me fournir des bases solides pour mon développement futur en tant que photographe. À cette époque, je travaillais avec de la pellicule argentique noir et blanc et j’appréciais énormément l’ensemble de ce processus noble, de la prise de vue au développement des films et des tirages en chambre noire. Malgré les années économiquement difficiles en Serbie à la fin des années 1990 et au début des années 2000, ma mère célibataire n’a ménagé aucun effort pour me fournir des pellicules, des produits chimiques et du papier photographique. J’ai même installé mon propre laboratoire dans le sous-sol afin de pouvoir développer de manière autonome, à toute heure du jour ou de la nuit. C’est dans cette école que j’ai découvert le travail de photographes renommés et entendu parler pour la première fois des agences Magnum et VII. Les livres de Bresson, Koudelka et Salgado ont laissé une empreinte durable sur ma perception visuelle. Déjà à cette époque, je savais que je voulais devenir photographe documentaire. Le travail en studio à la Faculté ne m’attirait pas, car mon esprit aventureux aspirait à explorer l’inconnu et à relever des défis exigeants. Quelle est votre position sur l’équilibre entre l’esthétique et la vérité documentaire ? Je considère l’esthétique et la vérité documentaire comme profondément liées. Pour moi, cela signifie que, tout en m’efforçant de rester fidèle à la réalité que je photographie, je me concentre sur certains moments et éléments visuels afin de transmettre une émotion et un sens. Vous avez travaillé avec de grandes ONG et des médias internationaux. Qu’avez-vous appris sur la manière dont l’Occident perçoit les Balkans et les questions sociales que vous documentez ? En travaillant avec de grandes ONG et des médias internationaux, j’ai constaté qu’ils sont bien informés de la situation du pays et des défis qui s’y posent. À travers leurs rapports et leurs projets, ils cherchent à contribuer à la résolution de ces problématiques. Cette expérience m’a montré l’importance de partager des récits authentiques qui dépassent les stéréotypes et reflètent la véritable complexité de la région. Arles 2024 © Sanja Knezevic Comment la photographie de rue est-elle perçue aujourd’hui en Serbie ? Y a-t-il de la tolérance, de la curiosité ou plutôt de la méfiance de la part du public ? Je dirais qu’aujourd’hui, lorsque tout le monde prend des photos de tout dans la rue avec son téléphone portable et que la photographie numérique, grâce à son processus simplifié, a permis à de nombreux passionnés de posséder leur propre appareil, le public s’est habitué à voir des photographes dans les rues, l’acceptant comme une nouvelle normalité. Cependant, il y a toujours des personnes qui ne réagissent pas favorablement lorsqu’on pointe un appareil photo sur elles. Pensez-vous que votre statut de femme influence la manière dont les passants réagissent à votre appareil photo ? Probablement oui. Les passants peuvent avoir un regard plus favorable envers une photographe qu’un photographe homme. Cependant, je pense que cela dépend surtout du caractère et de l’apparence, tant du photographe que de la personne photographiée — tout se joue en quelques secondes d’évaluation de part et d’autre. Vous vous concentrez beaucoup sur les communautés marginalisées : les Roms, les personnes en situation précaire, les personnes souffrant de dépendances… Comment établissez-vous la confiance avec vos sujets ? Je construis la confiance avec les personnes que je photographie en montrant un intérêt sincère pour leur vie. Ma première rencontre est toujours une connexion humaine, la caméra restant dans mon sac à dos. La confiance se crée lentement, à travers des moments partagés de conversation, de plaisanteries, en jouant au football avec les enfants ou en leur donnant ma caméra pour leur permettre d’expérimenter le fait d’être derrière l’objectif. En gros, je m’intègre dans leur vie, et une fois que j’en fais partie, les portes sont déjà ouvertes pour créer des images authentiques de leur quotidien. Avez-vous déjà refusé de photographier une situation par respect ou par crainte de trahir votre sujet ? Bien que je choisisse souvent de ne pas photographier certaines situations, ou d’exclure ultérieurement des images qui pourraient trahir la confiance ou la dignité, je reconnais aussi que de nombreuses situations ne devraient pas rester anonymes ou cachées. Cependant, ce qui est tout aussi important, c’est la manière dont nous les présentons. Trouver l’équilibre entre respect et visibilité est l’un des plus grands défis de la photographie documentaire. Dans un monde saturé d’images, comment parvenez-vous à maintenir l’attention du public sur des histoires locales et souvent invisibles ? Le monde est en effet saturé d’images. Pourtant, la véritable valeur de la photographie peut encore capter l’attention du public, surtout auprès de ceux qui apprécient ce medium et comprennent le temps, la patience et l’engagement nécessaires pour créer un travail significatif. Pour moi, il s’agit de créer des images non seulement visuellement saisissantes, mais aussi profondément ancrées dans l’authenticité et liées aux destins humains. Ce sont ces photographies qui invitent le spectateur à s’attarder, à réfléchir et, finalement, à rester gravées dans sa mémoire. La Serbie et les Balkans sont encore confrontés à des tensions sociales et économiques. Voyez-vous votre travail comme une forme d’activisme ? Étant donné que mon travail repose en grande partie sur la mise en lumière de certaines problématiques sociales et que la diffusion de ces reportages touche un large public, principalement via les réseaux sociaux, on peut le considérer comme une forme d’activisme, bien que pas entièrement, car je privilégie avant tout des photographies qui communiquent par elles-mêmes. Que pensez-vous du rôle des festivals et des expositions photographiques dans la diffusion des histoires provenant de petites communautés ? Je considère les festivals et les expositions comme des événements qui mettent en lumière les photographes, tout comme les photographes mettent en lumière des histoires. Ils jouent un rôle crucial en offrant une reconnaissance professionnelle, en favorisant des connexions significatives et en soutenant les photographes pour porter les histoires des petites communautés vers un public plus large et influent. Quand avez-vous commencé à suivre les manifestations étudiantes en Serbie en 2024, et qu’est-ce qui vous a motivé à réaliser une série documentaire à leur sujet ? J’ai commencé à les documenter dès le tout début, au début du mois de novembre. Je savais que c’était un pas important que la jeune future élite, désireuse d’une Serbie plus juste basée sur un nouveau système de valeurs, s’engage, et que leur leadership dans les manifestations pouvait apporter les changements fondamentaux auxquels aspire la majorité de la Serbie. Le titre « Loud Silence » est intrigant : pourquoi avez-vous choisi cette expression ? Fait-elle référence à la nature du mouvement ou au silence des institutions ? Le titre « Loud Silence » fait référence aux manifestations silencieuses qui ont eu un impact profond. Après la tragédie à la gare de Novi Sad, lorsque le auvent s’est effondré et a coûté la vie à seize personnes, étudiants et citoyens se rassemblaient chaque jour pour honorer les victimes en bloquant les rues et en restant silencieux pendant seize minutes, à partir exactement de 11h52 – l’heure de la tragédie. Le mot « loud » (fort/bruyant) reflète l’impact puissant de leur protestation calme et pacifique, qui a résonné bien au-delà des frontières nationales et a attiré l’attention mondiale. Cependant, votre interprétation est également intéressante, et je n’y avais pas pensé auparavant. Les manifestations étudiantes sont souvent de courte durée. Pensez-vous que votre série préserve une mémoire visuelle qui pourrait autrement se perdre ? Ces manifestations étudiantes sont persistantes et constituent les plus importantes de l’histoire de la Serbie. Les étudiants ont fait un grand sacrifice : ils ont perdu une année universitaire et, dans certains cas, ont subi de graves blessures infligées par des citoyens pro-régime et par la violence policière. Mes photographies, ainsi que celles d’autres collègues dévoués, serviront certainement de mémoire visuelle d’une période turbulente sous un régime autocratique. Manifestation au vieux pont de la Save à Belgrade. Une fleur est offerte aux policiers, qui refusent de l’accepter. Loud Silence, 2024. © Sanja Knezevic Pendant Loud Silence, comment la police a-t-elle réagi à votre présence ? Vous êtes-vous senti surveillée, intimidée, ou libre de travailler ? Je n’ai pas rencontré de problèmes majeurs en photographiant, mais oui, il y a eu des moments où je me suis senti surveillée. J’essaie de rester discrète pour ne pas paraître intimidante. Lors de ces manifestations, de nombreux policiers ne portent pas d’uniforme afin de se fondre dans la foule. Cependant, ils restent reconnaissables à leur posture, à leur style vestimentaire et surtout aux sacs en bandoulière qu’ils portent. De plus, étant donné que les manifestations se sont radicalisées entre-temps, j’espère ne pas être confronté à la brutalité policière comme certains manifestants ou photographes. Des étudiants lors de la plus grande manifestation de l’histoire de la Serbie, organisée le 15 mars 2025. Les tracteurs vandalisés, aux pneus crevés, étaient l’œuvre de jeunes pro-régime venus du parc voisin de Pionirski, dans le but de présenter les étudiants comme violents. © Sanja Knezevic Une jeune étudiante de l’Académie des beaux-arts lors de la manifestation devant la chaîne de télévision pro-régime RTS. © Sanja Knezevic Y a-t-il eu des moments où vous avez dû négocier votre présence ou protéger vos images face aux autorités ? Je n’ai pas eu de situation sérieuse jusqu’à présent, probablement parce que je ne les défie pas et ne discute pas avec eux. Le fait d’être femme photographe vous a-t-il parfois protégée ou, au contraire, exposée à plus de soupçons dans ce genre de contexte ? En tant que femme, je donne probablement l’impression d’être moins menaçante que certains collègues masculins. Y a-t-il eu des figures féminines dans la photographie serbe qui vous ont inspirée, ou s’agit-il d’un domaine historiquement dominé par les hommes ? Oui, nous avons eu Goranka Matić, dont le domaine principal était de documenter la scène musicale rock et les manifestations dans les années 90. Elle a pu m’influencer dans une certaine mesure en tant que seule photographe féminine ayant une approche de photojournalisme. En effet, c’est un domaine dominé par les hommes dans notre pays. Un jeune homme lance son coq en l’air tandis qu’un chien errant observe, espérant apaiser sa faim. Les personnes qui ne sont pas tombées dans l’emprise de la drogue mènent une vie rom typique, caractérisée par une grande vitalité et un fort esprit de vie. Pensez-vous que la photographie documentaire en Serbie commence à laisser davantage de place aux voix féminines, ou est-ce que c’est encore une lutte ? La photographie documentaire en Serbie reste un domaine dominé par les hommes, mais les voix féminines commencent à trouver leur place. Les agences de l’ONU, en particulier, méritent le plus de crédit pour la promotion de l’égalité des sexes, en créant des environnements où les femmes se sentent valorisées et en confiance pour participer à divers projets. Aux côtés d’autres ONG engagées pour l’égalité des sexes, leur soutien ouvre des portes importantes à la participation des femmes, ce qui constitue un pas en avant significatif. En fin de compte, c’est la force et la qualité des images elles-mêmes qui assurent réellement leur place dans ce domaine. Votre perspective de femme change-t-elle la manière dont vous documentez un événement politique par rapport au point de vue masculin dominant ? Si oui, comment ? En tant que femme, ma perspective peut apporter une sensibilité différente à la documentation des événements politiques. J’ai tendance à remarquer des symboles et des détails émotionnels qui ajoutent de la profondeur et montrent le côté humain au-delà du spectacle politique. Un jeune manifestant immobilisé par un policier en civil. Entouré de ses collègues, l’agent exerce une forte pression avec son corps, maintenant le jeune homme au sol, tandis que plusieurs citoyens rassemblés crient pour qu’il le relâche. La scène rappelait de manière frappante l’événement tragique survenu aux États-Unis un mois et demi plus tôt, lorsque le policier avait tué l’Afro-Américain George Floyd en utilisant une technique d’interpellation similaire. Quel équipement utilisez-vous pour travailler dans la rue, notamment lors de manifestations ? Préférez-vous un appareil discret et rapide qui vous permet de passer inaperçue, ou un matériel plus visible offrant une meilleure qualité d’image ? Je n’ai qu’un seul appareil photo – un Canon hybride – et j’essaie de réduire ma visibilité en utilisant des objectifs fixes, que je préfère de toute façon. Je ne suis pas sûre que cela fasse vraiment une grande différence, surtout quand je vois des images de manifestations et que je m’y aperçois moi-même. En regardant la série Your Hands Are Bloody (2024), quelle responsabilité ressentez-vous, en tant que photographe, face à des images susceptibles de devenir des preuves visuelles ou des symboles politiques ? L’expression « Your Hands Are Bloody » n’a pas été inventée par moi, mais par les personnes qui exprimaient leur indignation face au fonctionnement des autorités. Dans ce cas précis, elles tiennent le gouvernement pour responsable de la négligence ayant conduit à l’effondrement de l’auvent, provoquant la mort tragique de 16 personnes, dont des enfants. En tant que photographe, je ressens le besoin de documenter ces moments et ces symboles politiques, en sachant que les images peuvent devenir de puissants témoignages visuels d’une époque. Dans Loud Silence, le silence est le symbole central. Dans Your Hands Are Bloody, la main rouge devient un cri visuel. Comment choisissez-vous ces symboles qui structurent vos séries ? Ces symboles émergent naturellement de la réalité qui se présente à moi, et une fois que je les reconnais, ils guident la narration de la série. Photographier des événements aussi violents peut être émotionnellement éprouvant. Comment gérez-vous l’impact personnel de ces images ? Tout d’abord, je prends toutes les précautions possibles : casque, masque à gaz et vigilance constante quant à mon environnement. Dans ces moments-là, l’adrénaline aiguise entièrement ma concentration sur la scène. Les émotions sont présentes, mais maîtrisées, ce qui permet à l’instinct et à l’observation de me guider à travers le chaos, jusqu’au moment où je peux les analyser et les assimiler plus tard. Pour la série réalisée à Arles, vous avez présenté vos images en noir et blanc. Pourquoi avoir fait ce choix ? Le choix de passer au noir et blanc s’est imposé naturellement, inspiré par la force graphique des scènes et par la volonté de donner aux images un caractère intemporel. La série à Arles a été créée pendant mon séjour à la VII Academy. J’ai attendu le premier samedi libre pour me promener dans les rues avec mon appareil photo. J’ai ressenti la ville comme un lieu sacré sur une terre qui a vu naître la photographie, berceau de son célèbre festival, et comme l’endroit où Van Gogh a vécu et créé certaines de ses œuvres les plus célèbres. Dans cette même série, vous vous concentrez souvent sur des personnes anonymes dans des cafés, dans une certaine simplicité. Votre objectif capte des moments où elles semblent se laisser aller et oublier votre présence. Comment créez-vous cette intimité et cette confiance ? Est-ce spontané ou préparé à l’avance ? Ah, c’était le Sarto Bar. Un petit établissement à l’angle d’une rue, non loin de mon logement pendant mon séjour à la VII Academy. Je passais devant tous les jours, remarquant toujours des personnages intéressants assis devant, en train de boire une bière. Une fois, j’ai essayé de les photographier, mais l’idée ne leur a pas plu. Malgré cela, chaque fois que je passais devant, je jetais un coup d’œil à l’intérieur. Arles 2024 Un soir, en rentrant chez moi, quelque chose m’a dit de m’arrêter et d’entrer. Dès que j’ai franchi la porte, je suis entré dans un petit monde à part, une sorte de galerie peuplée de personnages étonnants. Je me suis dirigé vers le long comptoir en bois, j’ai commandé une bière et tendu ma carte, pour apprendre qu’ils n’acceptaient pas les cartes bancaires. N’ayant pas d’argent liquide, je me suis excusé et je me suis apprêté à partir, mais les personnes présentes ont insisté pour que je reste, m’offrant à boire. Je me suis assise parmi des inconnus, savourant ouvertement l’atmosphère tandis qu’une mélodie mélancolique de guitare flottait dans l’air, comme si le temps ralentissait à l’intérieur et que les problèmes du monde extérieur se dissolvaient dans les verres d’alcool. Rapidement, ne pouvant avoir de véritable conversation puisque je ne parle pas français, nous avons trouvé un terrain d’entente en chantant les Gypsy Kings et au rythme du tintement des bouteilles. À un moment donné, j’ai discrètement sorti mon appareil photo et demandé si je pouvais les photographier. Ils ont accepté. Par la suite, je suis parfois revenu pour prendre d’autres photos, chaque visite renforçant un peu plus mon lien avec ce lieu. Ce bar est un petit exemple de mon approche générale de la photographie : tout commence par la curiosité, le courage d’entrer dans l’inconnu, et un intérêt sincère pour les gens, qu’ils peuvent ressentir et qui, en retour, leur donne envie de m’ouvrir leurs portes. Deux garçons jouent près d’une benne à ordures dans le bidonville rom de Vuk Vrčević. La série Dead-End Street dépeint un environnement marqué par l’extrême pauvreté, la toxicomanie et la criminalité. Comment avez-vous trouvé l’équilibre entre la représentation d’une réalité dure et l’absence de sensationnalisme ? Mon approche a toujours été de permettre aux spectateurs de voir une réalité difficile et dérangeante, mais aussi traversée par l’humanité, la résilience et une forme de beauté silencieuse. Je crois que les histoires racontées avec retenue ont souvent une résonance plus forte que celles criées haut et fort, qui paraissent souvent éphémères. Un jeune homme sous l’emprise de l’héroïne, aux paupières tombantes. Quartier rom insalubre de la rue Vuk Vrčević, également appelé « la Décharge ». Comment se manifeste dans vos images ce que vous appelez la « persistance de l’esprit rom » ? Quels éléments photographiques traduisent cette résilience ? Je dirais que cela se reflète dans leur capacité à trouver de la joie dans la vie malgré des circonstances difficiles, dans leur résilience et dans leur esprit collectif, où les personnes sont généralement tournées les unes vers les autres, pour le meilleur comme pour le pire. Avez-vous rencontré des difficultés ou des moments éprouvants en travaillant au sein de cette communauté ? Oui, absolument. Par moments, je ressentais un certain malaise, comme si je marchais sur des œufs, surtout en m’approchant de la partie centrale du quartier, où se trouvaient la plupart des héroïnomanes, tandis que des chiens errants aboyaient et s’approchaient de moi. Comme j’aime les chiens et que je n’en ai pas peur, ils semblaient le ressentir et finissaient par reculer, mais ces moments restaient néanmoins désagréables. Un soir, je suis resté tard et j’ai été témoin d’un homme en plein sevrage sévère. Ses cris étaient si forts qu’ils résonnaient dans tout le quartier, tandis qu’il faisait les cent pas, agité et tremblant. Des enfants restaient figés de peur, pendant que les voisins tentaient frénétiquement de trouver un moyen de l’aider, allant jusqu’à lui procurer de la drogue pour le calmer. Dans ces moments-là, j’ai compris qu’il valait mieux prendre du recul et rester en dehors du cadre afin de ne pas aggraver la situation. Il m’est aussi arrivé que certaines personnes m’interpellent en me demandant si je travaillais pour la police, ou en voulant vérifier les photos directement sur mon appareil. Toutes ces expériences m’ont appris que travailler dans de tels environnements exige un équilibre constant entre présence et retrait, à la fois par respect pour les autres et pour garantir ma propre sécurité. Deux frères sautent sur le lit dans leur maison du quartier de Vuk Vrčević. Une jeune fille, vêtue de sa plus belle robe, danse près de sa maison. Pensez-vous que votre travail peut contribuer à sensibiliser le public ou à faire évoluer les perceptions sur des populations marginalisées comme celle-ci ? Même si je m’efforce d’y contribuer, un tel changement dépend avant tout de la société. La question est de savoir si la société et les institutions sont réellement disposées et capables de faire face aux problèmes des communautés marginalisées. Dans un pays comme le nôtre, où de nombreux citoyens luttent pour survivre et où de grandes manifestations contre le régime autocratique ont actuellement lieu, je pense que, malheureusement, le moment n’est pas encore assez mûr pour affronter pleinement les difficultés des populations marginalisées. Certes, certaines avancées ont été réalisées en matière d’inclusion des Roms, que j’ai moi-même documentées, mais elles restent encore insuffisantes pour beaucoup. De jeunes hommes luttent dans la boue. Des jeunes qui ne sont pas impliqués dans la drogue trouvent de la joie dans la vie quotidienne. Sur l’une des images de la série, on voit de jeunes hommes lutter dans la boue. Des jeunes qui ne sont pas impliqués dans la drogue trouvent de la joie dans la vie quotidienne. Qu’est-ce qui vous a inspiré à capturer ce moment ? Comment cette image contraste-t-elle avec les réalités difficiles auxquelles beaucoup de jeunes sont confrontés dans ce quartier ? Les personnes qui ne sont pas tombées dans le piège de la drogue trouvent du bonheur et du plaisir dans la vie de tous les jours, aussi difficile soit-elle, y compris les jeunes hommes présents sur cette photo. À l’inverse, la vie de ceux qui ont trébuché se résume souvent à une seule chose : satisfaire le besoin d’une dépendance profonde, qui leur procure un bonheur illusoire et éphémère, au milieu des grandes souffrances que la consommation de drogues inflige à eux-mêmes et à leurs familles. Le moment saisi sur cette image, je le vois comme un éclat de joie dans ce quartier, aussi inhabituel que puisse paraître le fait de voir des personnes lutter dans la boue, non loin du centre-ville. Comment avez-vous abordé la photographie de Sami, compte tenu des aspects profondément personnels et douloureux de sa vie ? Quelle était votre intention en montrant à la fois sa souffrance physique et son rôle de père de six enfants ? J’avais vu Sami à plusieurs reprises, avançant lentement dans le quartier, les jambes lourdement bandées. Un jour, j’ai décidé de l’aborder. Je lui ai demandé la raison de ses bandages, et il a simplement fait un geste de la main, comme pour balayer la question. Lorsqu’il m’a dit qu’il rentrait chez lui, je lui ai demandé si je pouvais l’accompagner. Il a semblé surpris, presque déconcerté, qu’une personne puisse vouloir marcher à ses côtés — mais je sentais aussi qu’il était discrètement heureux que quelqu’un venu de l’extérieur accepte de passer du temps avec lui sans le juger. Mon intention était de le montrer tel qu’il est : révéler les conséquences physiques de la dépendance à l’héroïne, mais aussi sa résilience silencieuse et la manière dont il a appris à accepter sa propre apparence. Le fait qu’il soit père de six enfants témoigne d’un homme qui avait autrefois imaginé une vie différente, dans laquelle la famille constituait son point d’ancrage. La vie, cependant, l’a conduit sur un autre chemin. Sami, 38 ans, dépendant à l’héroïne, allume une cigarette chez lui, dans la rue Vuk Vrčević. Ses jambes sont couvertes de cicatrices et il peut à peine marcher en raison d’une infection provoquée par des injections intraveineuses. Il est père de six enfants, dont l’un est également dépendant à l’héroïne. Sami et sa fille marchent à travers le quartier. Sami a-t-il accepté d’être photographié dès le départ ? Qu’espérait-il ou attendait-il en vous laissant prendre son portrait ? Au début, Sami était réservé, mais au fil de notre conversation, il s’est peu à peu ouvert et m’a autorisé à le photographier chez lui. À un moment, alors qu’il était assis sur le lit en train d’allumer une cigarette, je me suis adossé au mur pour le cadrer avec mon objectif de 50 mm. Peut-être avait-il déjà fait l’expérience du jugement en dehors du quartier et me percevait-il comme un étranger qui le regardait sans préjugés ; me laisser le photographier était alors, pour lui, une forme de geste de confiance. Comment abordez-vous la photographie d’enfants dans des environnements aussi vulnérables tout en respectant leur dignité ? Par exemple, comment avez-vous rencontré Andjelina, et comprenait-elle le contexte de la séance photo ? Dès le premier moment où j’ai remarqué Andjelina, j’ai été captivé par sa beauté extérieure et intérieure. Lors de l’une de mes visites suivantes, je l’ai trouvée assise à l’écart, en train de se maquiller et tenant un sac à main. Elle était tellement absorbée par son propre monde — loin du poids de la réalité — qu’elle ne m’a pas remarqué lorsque je me suis approché discrètement pour réaliser son portrait avec un objectif de 50 mm. J’ai toujours tendance à aborder les enfants avec respect et dignité. Cette expérience m’a toutefois rappelé l’importance de présenter son travail avec réflexion : le contexte façonne la perception, et il est essentiel, en tant que photographe, de savoir assumer et gérer ces responsabilités. Une fillette de cinq ans, Andjelina, se maquille, tandis que son imagination l’emporte vers un ailleurs, au-delà des difficultés de son environnement. L’espace d’un instant, elle se crée un monde entièrement à elle, loin du poids de la réalité. Vous avez consacré plusieurs séries photographiques aux Roms : Roma Returnees (2022), Dead-End Street, Roma Inclusion. Quels changements avez-vous observés dans leur vie malgré les obstacles persistants ? Bien que les communautés roms soient toujours confrontées à la pauvreté et à la discrimination, je peux clairement constater des évolutions positives. Depuis mon premier reportage, entre 2008 et 2010, j’ai observé une intégration progressive dans la société. Par exemple, il est devenu plus courant de voir des Roms travailler comme caissiers dans les supermarchés. Les familles qui vivent de la collecte de matières premières secondaires sont aujourd’hui très fières de leurs enfants, excellents élèves, et considèrent l’éducation comme un moyen de sortir du cycle générationnel de la pauvreté. Des changements positifs sont en cours, mais comme toute transition, celle-ci reste lente. Pensez-vous que les sociétés des différents pays des Balkans soient prêtes à une intégration plus inclusive ? Chaque pays des Balkans a ses spécificités, cependant je crains que les divisions profondément ancrées et les héritages historiques non résolus ne ralentissent encore le chemin vers une intégration plus inclusive. Néanmoins, j’espère que les jeunes générations sauront construire des ponts par-delà ces fractures. Des enfants jouent à la fin d’une chaude journée d’été dans le quartier rom le plus dangereux de la rue Vuk Vrčević. La plupart de ces enfants ont des parents dépendants à l’héroïne. Des enfants transportent des matelas lavés dans la rivière Save en direction de leur quartier voisin, situé sous le pont Gazela. Belgrade, 2009. Pensez-vous que le thème des populations roms risque parfois d’être perçu comme « exotique » ou « pittoresque » par certains médias ou photographes, au lieu d’être traité avec la complexité et le respect qu’il mérite ? Comment évitez-vous cet écueil dans votre travail ? Oui, je pense que ce risque est bien réel et qu’il est souvent réduit à des clichés — vêtements colorés, musique ou pauvreté — tandis que leurs réalités profondes, leurs luttes et leurs histoires individuelles restent ignorées. Dans mon travail, j’essaie d’éviter cela en passant du temps au sein des communautés, en construisant une relation de confiance et en lisant leur vie « entre les lignes ». Je cherche à proposer une narration plus nuancée et des récits plus profonds qui leur donnent une véritable voix. Une famille rom avec une chèvre dans le bois de Čukarica, où se trouve un quartier rom insalubre. Belgrade, 2015. Un mouton abattu au sol le jour de Đurđevdan. Quartier rom de Mali Leskovac, Karaburma. Belgrade, 2009. L’immigration est également au cœur de la série A Russian Bubble. Qu’est-ce qui vous a motivé à documenter la vie de cette communauté russe grandissante à Belgrade ? J’ai souhaité documenter cette communauté russe par curiosité, afin de voir en quoi elle diffère des émigrés russes de l’entre-deux-guerres, qui avaient fui les bolcheviks et laissé une empreinte durable à Belgrade, notamment dans son architecture. Il est sans doute encore trop tôt pour mesurer leur influence à long terme, mais j’avais envie de saisir leur quotidien et la manière dont ils commencent à interagir avec la ville et ses habitants. Comment percevez-vous cette « bulle russe » ? S’agit-il d’une forme d’isolement culturel ou d’un autre type d’intégration ? Je la vois comme une combinaison des deux. D’un côté, les Russes ont rapidement créé leur propre espace sécurisé au sein de leur vaste communauté, ce qui donne l’impression d’une bulle. De l’autre, ils sont activement intégrés à l’économie et à la vie sociale de Belgrade, notamment à travers le monde des affaires. Il ne s’agit donc pas d’un isolement total, mais plutôt d’une forme parallèle d’intégration, où les réalités russe et serbe se croisent à certains moments. Des travailleurs russes venus travailler dans le restaurant russe Sounder. Selon vous, comment l’arrivée massive de Russes a-t-elle transformé la ville de Belgrade sur les plans social et économique ? L’impact social est surtout visible dans le fait d’entendre parler russe dans les rues ou à travers des interactions spontanées dans la vie quotidienne. Leur présence apporte aussi leur culture à travers des événements musicaux, la cuisine, les loisirs…Sur le plan économique, leur arrivée massive a fortement influencé le marché immobilier en faisant grimper les loyers, ce qui a profité aux propriétaires, mais a également pesé sur les habitants locaux. Par ailleurs, l’arrivée de nouveaux venus hautement qualifiés et financièrement stables a renforcé le secteur des technologies de l’information et encouragé le développement de nouvelles entreprises. En quoi cette migration massive vous rappelle-t-elle — ou au contraire diffère-t-elle — des autres flux migratoires que vous avez documentés à Belgrade, comme celui des réfugiés dans les années 1990 ? Il n’y a presque rien de commun avec la vague de réfugiés des années 1990. Cette migration était marquée par le traumatisme et la perte, avec des personnes arrivant sans rien et devant reconstruire leur vie à partir de zéro. Les migrants russes d’aujourd’hui appartiennent majoritairement aux classes moyennes ou supérieures, et arrivent avec des ressources et des opportunités. Leur migration est motivée par la crainte de la mobilisation ou des sanctions plutôt que par un danger immédiat, et pour beaucoup, la Serbie n’est qu’une étape temporaire. L’ampleur, le statut social et les motivations sont complètement différents, ce qui fait de ce phénomène quelque chose de très distinct, davantage un bouleversement économique et culturel qu’une crise humanitaire. Une photo de la série a retenu notre attention : le « Cuddling Party » (22 août 2024), importé de Moscou par l’émigrée russe Marina Bulganina. Lors de cette soirée, tout le monde est le bienvenu, quelle que soit son orientation sexuelle, pour toucher et caresser des inconnus avec les mains ou des objets afin d’expérimenter différentes sensations. Comment s’est déroulée la prise de vue lors d’un événement aussi intime ? Avez-vous rencontré des résistances ou, au contraire, une grande ouverture ? Photographier le « Cuddling Party » a été une expérience véritablement unique, pleine de surprises et de petits moments de confusion parfois comiques. Observer des personnes qui ne se connaissaient pas, allongées les unes à côté des autres, échangeant des contacts à l’aide d’objets inhabituels, était à la fois déconcertant et fascinant. « Cuddling Party », importé de Moscou par l’émigrée russe Marina Bulganina. Lors de cette soirée, tout le monde est le bienvenu, quelle que soit son orientation sexuelle, pour toucher et caresser des inconnus avec les mains ou différents objets afin d’expérimenter diverses sensations et émotions. 22 août 2024. Des questions comme : « Est-ce que je peux te piquer avec une fourchette ? » pouvaient sembler absurdes, mais chaque contact ou chaque objet créait en réalité des sensations différentes dans le corps. Je voyais les participants totalement détendus, presque comme s’ils recevaient un massage. Malgré le caractère inhabituel et intime de l’événement, j’ai rencontré une grande ouverture de la part de tous. Je me suis présenté à l’avance, et Marina avait informé les participants de ma présence. Et au cas où cette lecture vous inspirerait à tenter une expérience similaire, n’oubliez pas la règle de Marina : toujours demander l’autorisation d’abord. Quelle était l’atmosphère lors des manifestations antigouvernementales de 2020 ? Pouvez-vous décrire le moment où vous avez capturé cette jeune femme faisant face au cordon de police ? L’été 2020 à Belgrade a été marqué par des manifestations qui ont éclaté après l’annonce soudaine par le président d’un nouveau couvre-feu, à la suite de plusieurs mois de mesures sanitaires incohérentes et restrictives. L’atmosphère était extrêmement tendue, et de violents affrontements ont éclaté devant le Parlement. J’ai été profondément surpris par le courage de cette jeune femme. Non seulement elle faisait face à une police lourdement armée, mais elle le faisait aussi en s’exposant à un réel danger, puisque des manifestants lançaient des pierres sur les forces de l’ordre et qu’elle-même aurait pu être blessée. Une jeune femme faisant face au cordon de police. Pouvez-vous décrire comment vous avez été témoin de cette jeune fille touchée par les gaz lacrymogènes, et ce qui vous a poussé à capturer ce moment ? Pendant la manifestation, des gaz lacrymogènes ont été lancés, et comme je ne portais pas de masque, j’ai moi-même été affecté par les émanations. Je me suis réfugié dans l’embrasure d’un immeuble, où quelques jeunes manifestants s’étaient déjà regroupés, se lavant le visage avec du lait pour atténuer les effets. Je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer une jeune fille, à la fois fragile et courageuse, appuyée contre le mur, essayant de reprendre son souffle. La lumière jaune et chaude d’une ampoule dessinait sa silhouette, créant un moment calme et intime, en contraste avec le chaos qui régnait dans les rues. Pour avoir plus d’informations : https://sanjaknezevic.com/ Marque-page0
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