Pour la troisième édition consécutive, Lisa Saltzman, en collaboration avec le CPW (Center for Photography at Woodstock), récompense un·e photographe émergent·e. Doté d’une somme de 10 000 $, ce prix permet également au ou à la lauréat·e de présenter une exposition personnelle au CPW. Pour l’édition 2026, c’est l’artiste photographe indien Sridhar Balasubramaniyam, basé à Chennai, qui remporte le prix, succédant ainsi à Qiana Mestrich dont l’exposition « Do Not Fold, Spindle, or Mutilate » ouvrira dès le 10 mai prochain. Son œuvre, qui mêle photographie et vidéo, explore la relation complexe entre le corps et la terre.

« Je suis vraiment honoré d’avoir été sélectionné pour recevoir le prix Saltzman 2026 pour les photographes émergents. Le fait que mon travail soit reconnu par un jury aussi prestigieux, dont fait partie Carrie Mae Weems, qui m’inspire depuis toujours, signifie beaucoup pour moi. » – Sridhar Balasubramaniyam

Sridhar Balasubramaniyam © Abhishek Mane

Le prix Saltzman du CPW récompense chaque année les réalisations d’un·e photographe émergent·e dont les travaux récents ont acquis une grande visibilité et dont la voix distinctive apporte un regard neuf au dialogue autour de la photographie et de la culture visuelle. Le prix sera remis lors du gala des CPW Vision Awards 2026, le 16 mai prochain.
Sridhar Balasubramaniyam est le lauréat de cette édition 2026 mais le jury a décerné une mention honorable à Widline Cadet (Los Angeles, Californie) et Kerr Cirilo (Brooklyn, New York).

Manarsuzhal © Sridhar Balasubramaniyam

Fort de plus de dix ans d’expérience en tant qu’artiste de scène et photographe dans les théâtres à travers l’Inde, Sridhar Balasubramaniyam crée des œuvres qui reflètent un engagement profond envers les contes populaires, les spectacles et les mariages tribaux des communautés dravidiennes du sud de l’Inde. Le terme « dravidien » désigne une famille de langues, totalement distincte de l’indo-européen, parlée principalement dans le sud de l’Inde et au Sri Lanka, et qui comprend le tamoul, le télougou, le kannada, le malayalam et, au Pakistan, le brahwi.

Sa série Manarsuzhal (qui signifie « tourbillon de sable ») est le fruit d’années d’errance à travers le Tamil Nadu, un voyage à travers les paysages de cet État où le temps, la nature et les gens ne cessent de redéfinir la notion de foyer. Prises instinctivement sur une longue période, ces images capturent des moments qui se produisent en marge du quotidien, des vêtements humides d’une famille d’agriculteurs séchant devant une montagne fracturée par une carrière aux abeilles nichant à l’intérieur d’ampoules électriques, témoignant d’un paysage indien complexe et contradictoire, marqué par les tensions, la résilience et la transformation. Elles invitent à une réflexion sur l’impermanence, l’appartenance et la patience silencieuse de la terre.

Le jury était composé de Clément Chéroux (directeur de la Fondation Henri Cartier-Bresson), Carrie Mae Weems (artiste plasticienne) et Sarah Meister, directrice générale d’Aperture.

À LIRE
La photographe Zélie Hallosserie est la lauréate du Prix de Photographie Saltzman-Leibovitz 2025

Ericka Weidmann
Après des études d'Arts Appliqués et de photographie, elle rejoint un magazine en ligne consacré à la photo en tant que directeur artistique, poste qu'elle occupera pendant 10 ans. En 2010, elle s'installe comme DA en indépendant. En parallèle, elle devient responsable éditorial pour Le Journal de la Photographie et c'est en septembre 2013 qu'elle co-fonde le quotidien L’Oeil de la Photographie pour lequel elle est rédactrice en chef jusqu'en septembre 2016 avant de fonder 9 Lives magazine ! Ericka Weidmann est également journaliste pigiste pour d'autres médias.

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