Jusqu’au 21 juin, Paris accueille l’une des plus grandes figures de la photographie contemporaine états-unienne : Nan Goldin. Simultanément au Grand Palais et à la Pitié Salpêtrière, l’œuvre de la photographe se déploie dans une scénographie immersive mêlant diaporamas et vidéos. C’est l’une des grandes expositions attendues en France en 2026 ! La rétrospective This Will Not End Well se situe à la croisée de la photographie et du cinéma. Une première dans l’Hexagone, qui retrace 50 ans de carrière et réunit ses œuvres majeures.

Nan Goldin a toujours rêvé de devenir cinéaste : comme elle l’explique, ses diaporamas sont des films composés de photographies. Ces diaporamas, qu’elle revisite pour chaque occasion, sont au cœur même de sa pratique artistique.

Twisting at my birthday party, NYC 1980 © Nan Goldin

Nan Goldin n’a que 11 ans lorsque sa sœur Barbara met fin à ses jours en s’allongeant sur une voie ferrée. Bien que ses parents lui fassent croire à un accident, Nan sait, au plus profond d’elle-même, ce qui s’est réellement passé. Dès lors, une faille s’ouvre, amorçant un long parcours ponctué de fragilité psychique, d’excès, de ruptures et de marginalité, autant d’éléments qui nourriront une incroyable création.

French Chris at the Drive-in, N.J 1979 © Nan Goldin

Dans les années 1980, Nan Goldin s’empare du médium photographique pour se raconter sans tabou. Elle participe à révolutionner la pratique en faisant de sa vie, une œuvre. Elle se met en scène, photographie son intimité, ses amours et ses amitiés, sans filtre. Elle contribue également à documenter l’existence d’une génération entière évoluant au sein de communautés marginalisées. Cette rétrospective poursuit sa tournée internationale, débutée à Stockholm en 2022, pour s’installer à Paris tout le printemps. Elle propose une expérience immersive ; l’architecte Hala Wardé transforme le Grand Palais en un étrange village, où chaque pavillon accueille une œuvre spécifique. Pensés en fonction des séries présentées, ces espaces plongent pleinement le visiteur dans l’univers de Nan Goldin, traversant les thèmes qui lui sont chers : la mort, la dépendance, l’amour, le corps ou encore la résistance politique, et plus largement la condition humaine.

Brian and Nan in Kimono 1983 © Nan Goldin

On y retrouve ses opus majeurs, de “The Ballad of Sexual Dependency” à “Memory Lost”, en passant par “Sirens” ou “Stendhal Syndrome”, un travail plus récent réalisé en 2024.
Pour l’occasion, à la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, l’installation conçue il y a plus de vingt ans et intitulée “Sisters, Saints, Sibyls sera de nouveau présentée au public. Un témoignage” intime et personnel sur le traumatisme et le tabou du suicide.

INFORMATIONS PRATIQUES

mer18mar(mar 18)11 h 00 mindim21jui(jui 21)19 h 00 minNan GoldinThis Will Not End WellLe Grand Palais, 3, avenue du Général Eisenhower 75008 Paris

À LIRE
Nan Goldin expose l’intime en grand format au Grand Palais

Alix Decreux
Diplômée d’un master Lettres & Humanités – Écritures et médias à la Sorbonne Nouvelle, Alix Decreux est rédactrice culturelle depuis l'obtention de son baccalauréat. Forte d'expériences en rédaction, communication et relations presse, elle est aujourd'hui pigiste pour plusieurs médias et écrit sur l’art et les pratiques culturelles contemporaines.

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