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Partager Partager EvénementsL'Invité·ePhoto Carte Blanche à Evelyne et Jacques Deret : Charles Fréger, lauréat du Art [ ] Collector 2017 Marie-Elisabeth De La Fresnaye19 septembre 2017 Depuis 2011, Evelyne et Jacques Deret, nos invités de la semaine, se sont engagés dans un action de mécénat privée qui a soutenu dix artistes lauréats : Iris Levasseur, Jérémy Liron et Christine Barbe (2012), Karine Rougier et Clément Bagot (2013), Claire Chesnier et Eva Nielsen (2014), Abdelkader Benchamma et Olivier Masmonteil (2015) , Massinissa Selmani (2016). Le onzième lauréat 2017, le photographe Charles Freger bénéficie d’une exposition personnelle au Patio Art Opéra du 25 septembre au 7 octobre 2017. Charles Fréger poursuit, depuis le début des années 2000, un inventaire intitulé «Portraits photographiques et uniformes». En Europe et dans le monde, avec ses séries consacrées à des groupes de sportifs, de militaires ou d’étudiants, il s’intéresse aux tenues et aux uniformes. Faire corps et esprit de corps sont les ressorts de ces présences individuelles où la tenue, entendue à la fois comme pose et vêtement, matérialise le « physique de l’emploi » ou « l’habit du moine ». Les profils médiévaux ou la présence frontale des figures de la Renaissance dont les attributs indiquent le rang et la qualité sont également des sources du travail de Charles Fréger. Il présente au Studio Patio Opéra une nouvelle série consacrée à Jeanne D’arc. Réalisées en intérieur, dans l’abbatiale gothique Saint-Ouen à Rouen, les seize portraits de Jeanne se déclinent en silhouettes, en ombres chinoises qui évoluent dans une subtile gamme de noirs, de blancs, ponctués de quelques légères touches colorées. « Je connaissais, pour les avoir vus en différentes occasions, les portraits photographiques de Charles Fréger, à la fois séduisants, étranges et énigmatiques, tels ceux des majorettes, lutteurs de sumo ou gardes républicains … J’y voyais de prime abord une superbe mise en scène de la construction identitaire, une exploration de l’interaction entre individu, uniforme et rituels. Ou comment l’individu habite vêtements et codes pour dire sa volonté d’appartenance à sa communauté d’élection et comment, dans un mouvement simultané et par un effet de porosité, il les investit de sa propre personnalité. La galerie de portraits constituée depuis plus de vingt ans par le photographe, bien que dédiée à nos cultures contemporaines et incluant parfois des environnements aussi non spectaculaires que le milieu de l’apprentissage, semblait atteindre une forme de dépouillement qui rappelait l’économie picturale des portraits du Quattrocento. » Evelyne Deret, extrait du catalogue « L’épopée de Jeanne D’arc ». J’ai dans ma collection une photographie de la série YOKAINOSHIMA. Lors des Rencontres d’Arles, en juillet 2016, j’ai pu revoir sa vaste campagne photographique nippone : YOKAINOSHIMA. Charles Fréger déployait là un magnifique bestiaire fantasmagorique. Les costumes représentaient cette fois des divinités shintoïstes et bouddhistes, mises en scène dans un Japon essentiellement rural. Le titre, Yokainoshima, littéralement l’île aux monstres, un endroit me dit l’artiste qui n’existe pas, un néologisme de son invention qui me conforte cette sensation d’un inventaire plus poétique que scientifique. Marque-page0
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