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Partager Partager C’est face à la Une de Paris Match (le poids des mots…) et les visages en mode trombinoscope des victimes de Crans-Montana que l’exposition « Gen Z. Un nouveau regard » de Photo Elysée Lausanne prend soudain une résonance singulière en moi. Dès le début du parcours, le grand mur du suisse Noah Noyan Wenzinger, série Noyan 2015-2022, ces clichés de vie nocturne de ses amis qu’il accompagne depuis l’adolescence, frappe comme un uppercut. Des corps qui se lâchent, des retrouvailles, des instants de vertige ou de solitude au milieu du groupe et deux silhouettes presque fantomatiques sur la neige. Vue de l’exposition Gwen Z. Un nouveau regard, Noah Noyan Wenzinger, série Noyan 2015-2022 courtesy de l’artiste, Photo Elysée, Plateforme 10, © Khashayar Javanmardi Au-delà de la fête et sa célébration, que nous disent ces visages ? que reste-t-il de ces élans, ces émois, ces frissons à cette période de l’existence où tout semble possible ? Le filtre des réseaux sociaux n’est-il qu’un lubrifiant face aux diktats de la norme ou un signe de ralliement et d’allégeance ? et qu’est-ce qui relie toutes ces histoires ? toutes ces mises en scène de soi ? Francesca Hummler, Das Badezimmer, 2021, de la série Unsere Puppenstube courtesy de l’artiste Autant de questionnements soulevés par cette entrée en matière et l’ensemble de ce panorama multiculturel de 66 artistes et photographes sélectionné.es par l’équipe du musée : Nathalie Herschdorfer, directrice, Hannah Pröbsting chargée d’expositions et Julie Dayer, chargée des projets numériques, dans le prolongement « reGeneration. 50 photographes pour demain » initié par Photo Elysée en 2005. Ces « digital natives » réputé.es pour leur sens de l’immédiateté et pragmatisme forment-ils pour autant une génération à la lecture de leurs démarches ? En quoi être en situation d’exil ou de conflit, marginalisé.e, en transition de genre, victime d’emprise ou d’assignation, influence-t-il la perception ? à partir de quand une expérience intime rejoint une dynamique universelle et que veut dire trouver sa place ? C’est ce que l’on va découvrir. Claudia Fuggeti, Perception 2024, de la série Métamorphosis, courtesy de l’artiste Certain.es sont passé.es par des lieux ou festivals reconnus tels que les Photaumnales pour Francesca Hummler que j’avais repérée et interviewée autour de sa réflexion sur l’identité et la mémoire familiale (lien vers), Circulation(s) avec Isabella Madrid ou Claudia Fuggeti, Hangar Bruxelles pour Alice Pallot, la Fondation A avec Vuyo Mabheka ou Salon de Montrouge avec Luna Mahoux… D’autres sont autodidactes, éloigné.es de ces instances ou avec un accès difficile à internet, la plupart n’ont pas de galeries. L’exposition est séquencée en 4 temps qui correspondant à 4 couleurs autour de thématiques telles que l’exil ou la diaspora, la masculinité, le transgenre, l’archive, le collectif… De gauche à droite : Emma Sarpaniemi, série When the Sun Goes Down We See Lemons, 2019-en cours ; Lê Nguyên Phương, séries Giao Điểm [Intersection] et Vở ô ly [Cahier quadrillé], 2024 ; Cheryl Mukherji, série Ghorer Bairer Aalo, 2020-2021Chacune des couleurs est censée soulever une émotion mais si l’on s’en réfère au médiéviste et historien Michel Pastoureau le vert a longtemps été honni car le symbole du mal est ici choisi pour incarner les « nouveaux récits » et le rose synonyme de frivole et du vulgaire est retenu pour deux sections : « cartographie d’une appartenance » et dans sa version plus forte, on dirait pink pour « au-delà du miroir ». D’ailleurs cette section réunit le plus de propositions, preuve que cette génération reste incarnée avec la question de l’auto-portrait et du corps qui domine, comme en réponse à l’épisode du confinement. A noter que le contexte de guerre ou les questions d’ordre écologiques ne ressortent pas majoritairement, comme une toile de fond perturbatrice que l’on tiendrait à distance. Vue de l’exposition Gen Z. Un nouveau regard Photo Elysée, Plateforme 10 ©Khashayar Javanmardi S’il est difficile de choisir et se limiter, trois propositions ressortent, celles de de 3 femmes en provenance de 3 continents. La photographe autodidacte marocaine Fatimazohra Serri a une démarche féministe et engagée à partir d’une relecture du thème du miroir et de l’auto-portrait dans l’histoire de l’art (« L’origine du monde »). Elle fait partie de ces nouvelles voix qui s’insurgent contre le poids des conservatismes, tout en finesse depuis le toit de sa maison étant donné le caractère disruptif de ces images. Son usage du miroir renvoie à Francesca Woodman qui travaillait aussi avec une grande économie de moyens. Fatimazohra Serri, Half Seen, Half Imagined, 2023 courtesy de l’artiste Photographe transgenre et non-binaire, la canadienne Laurence Philomène, documente avec la série Puberty, son parcours et expérience queer pour laisser un témoignage aux futures générations. Elle s’inspire notamment de la figure de l’odalisque, omniprésente dans la peinture de la Renaissance, ces femmes alanguies offertes au regard masculin dont elle vient saper les mécanismes sous-jacents. Son canapé dans un désordre orchestré rejoue les codes de la nature morte tandis que sa longue chevelure rousse contraste avec ses tatouages, qui affichent une appartenance toute contemporaine. Elle mentionne également dans le titre les Préraphaélites, ces bohèmes de l’ère victorienne, pas si conventionnels… Laurence Philomène, Paint Me Like One Of Your Pre-Raphaelite Boy-Girls, 2019, de la série Puberty, 2019 courtesy de l’artiste La polonaise Gabriela Marciniak, diplômée de la prestigieuse l’ECAL, haute école d’art et de design de Lausanne, propose l’une des rares vidéos de l’ensemble, ce qui est à souligner. Elle termine le parcours avec « Early retirement » qui cristallise ses recherches autour des stations thermales et de la notion de retraite associée au temps libre et au plaisir. Elle se met en scène dans des situations qui viennent plus en profondeur interroger la représentation du corps féminin dans la culture audiovisuelle et cinématographique notamment, cette essentialisation continue du male gaze. Ainsi de cette caméra qui insiste sur le mouvement des lèvres, qui fractionne le corps en train de nager dans une piscine, en train de manger une glace, de s’adonner à une séance de massage… L’on songe à des films comme American Beauty ou Lolita. Mais à bien y regarder, on est loin de la perfection avec ces débordements, cette gloutonnerie qui dépasse la gourmandise, le regardeur est finalement rattrapé par ses propres penchants scopiques dans un retournement assez vertigineux. Gabriela Marciniak, série Early retirement 2023, courtesy de l’artiste « LEHNERT & LANDROCK. Relecture d’une archive coloniale » Autre séquence à travers une relecture décoloniale des archives du studio Lehnert & Landrock, actif à Tunis au début du XXème siècle, entreprise avec exigence et sans tomber dans certains pièges. Pour mener à bien cette entreprise, Fanny Brülhart, commissaire assistée de Julie Bonzon, Julie Dayer et Elisa Rodriguez, a nommé un comité scientifique constitué de Nadia Radwan, Professeure associée, responsable du département Arts Visuels à la HEAD – Genève, Beya Othmani, Commissaire d’exposition indépendante, Chercheuse attachée au MoMA NY et Christelle Taraud, l’historienne et féministe, maîtresse de conférence à NYU Paris, associé à deux artistes contemporaines : l’espagnole Gloria Oyarzabal et la saoudienne Nouf Aljowsiraysir, récemment exposée au Jeu de Paume Paris autour de l’IA. Gloria Oyarzabal, Untitled (détail), de la série ON PHANTOMS, Wounds & the Wa ondering Eye, 2025 courtesy de l’artiste L’imaginaire véhiculé par la vague de l’Orientalisme des peintres du XIXème encourage une vision archaïque et stéréotypée des corps en réponse aux fantasmes européens de l’époque, c’est pourquoi en préambule un avertissement est lancé au regardeur qui pourrait se trouver choqué, anesthésié devant cette vision d’un Orient de pacotille qui circule alors dans le monde entier à travers un redoutable système de diffusion à partir d’albums de cartes postales. Gloria Oyarzabal a produit pour l’occasion deux séries « Essay for an Atlas of the Ethical Journey of Aesthetics. The Devil is in the Details » et « ON PHANTOMS, Wounds & the Wa/ondering Eye » où à partir de collages entre les cartes postales apposées à des images actuelles, elle souligne les cicatrices, traces, béances de l’histoire. Un contrepoint d’une grande justesse face à cet alignement impeccable en noir et blanc, selon les typologies de l’époque, « scènes de genre » « paysages » et héritées de la peinture. Gloria Oyarzabal, la Blanche et la Noire 2022, de la série USUS FRUCTUS ABUSUS. courtesy de l’artiste De plus, Gloria avec la série « La blanche et la noire (Usus Fructus Abusus) insiste sur la dimension transgressive du tableau de Félix Valloton, qui répond lui-même à la persistance de la figure de l’odalisque selon Ingres. Le sous-titre latin traduisible par « L’usage, la jouissance et la disposition » illustre la possible émancipation du regard, ce female gaze qui se réapproprie toute une iconographie avec cette scène de profonde complicité au féminin dans le sillage également de Suzanne Valadon. L’artiste nous incite indirectement à découvrir l’exposition Valloton Forever dont le MCBA fête le centenaire. Nouf Aljowaysir, Salaf #298, 2021, de la série Salaf (Ancestors), 2021-2025 courtesy de l’artiste Nouf Aljowaysir avec le projet « Salaf (Ancestors) » et la vidéo « Ancestral Seeds » interroge l’effacement de ses ancêtres selon les filtres et biais génératifs de l’IA. La question de l’appartenance à deux cultures, l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis est au cœur de sa démarche. Elle a recours à des archives familiales ou institutionnelles. Ses silhouettes muettes et spectacles nous disent le revers du décor et la violence qui sous-tend toute cette photographie de propagande coloniale. Cette démarche critique qui soulève plus de questions que de réponses, rejoint celle d’autres institutions telles que le Quai Branly autour de la démarche de l’artiste Hoda Afshar qui à partir du fonds Gaëtan Gatian de Clérambault, psychiatre et médecin colonial très controversé, revient sur les dynamiques d’exploitation du corps des femmes dans le projet colonialiste en Afrique du Nord et leur persistance. J’ai interviewé à cette occasion Annabelle Lacour, responsable des collections photographiques, à l’origine de cette invitation (lien vers). Du côté de la librairie-boutique, Catalogue Gen Z. Un nouveau regard 256 pages 200 photos 45 €, Coédition Photo Elysée x Textuel Plateforme 10 c’est la garantie d’une découverte transdisciplinaire en un temps record ! Prochaine chronique sur Félix Vallotton au MCBA et Kevin Germanier et l’art textile au mudac. INFORMATIONS PRATIQUES Photo ElyséePl. de la Gare 17, 1003 Lausanne ven19sep2026dim01fevGen ZUn nouveau regardPhoto Elysée, Pl. de la Gare 17, 1003 Lausanne Détail de l'événementPhoto : Ziyu Wang, « Lads », de la série « Go Get’Em Boy », Londres, 2022 © Ziyu Wang Vingt ans après avoir ouvert ses portes aux photographes émergent·e·s avec l’exposition fondatrice reGeneration : Détail de l'événement Photo : Ziyu Wang, « Lads », de la série « Go Get’Em Boy », Londres, 2022 © Ziyu Wang Vingt ans après avoir ouvert ses portes aux photographes émergent·e·s avec l’exposition fondatrice reGeneration : 50 photographes de demain, Photo Elysée poursuit son engagement en faveur de la jeune création. En 2025, le musée dévoile un nouveau chapitre de cette aventure avec Gen Z. Un nouveau regard, une exposition qui réunit les travaux de plus de 60 photographes du monde entier, principalement issu·e·s de la génération Z – né·e entre le milieu des années 1990 et 2010. A travers une diversité de langages visuels, ces jeunes artistes explorent des thématiques profondément ancrées dans leur époque : la transformation du foyer et des liens familiaux, les représentations du corps et du genre, les identités multiples et mouvantes. Leurs œuvres témoignent d’un besoin urgent de représentation, d’un désir de raconter leur propre histoire dans un monde en constante mutation. L’exposition met en lumière des récits personnels puissants, mais aussi une énergie collective vibrante. Elle révèle un entrelacs d’expériences, de cultures et de contextes, où l’intime devient politique. Gen Z. Un nouveau regard propose ainsi une plongée sensible dans les préoccupations d’une génération qui interroge le monde autant qu’elle se cherche une place en son sein. Delali Ayivi (TG/DE, 1996) Chloé Azzopardi (FR, 1994) Hidhir Badaruddin (SG, 1995) Daveed Baptiste (US, 1997) Clara Belleville (FR, 1996) Sara Benabdallah (MA, 1995) Jeremy Chih-Hao Chuang (TW, 1997) River Claure (BO, 1997) Thaddé Comar (FR/CH, 1993) Matthieu Croizier (FR/CH, 1994) Sara De Brito Faustino (PT/NL, 1999) Alina Frieske (DE, 1994) Claudia Fuggetti (IT, 1993) Florian Gatzweiler (DE, 1998) Sascha Levin (DE, 2000) Devashish Gaur (IN, 1996) Valerie Geissbühler Pacheco (CH/PE, 1999) Toma Gerzha (RU, 2003) Mahalia Taje Giotto (CH/IT, 1992) Salomé Gomis-Trezise (FR/GB, 1999) Lea Greub (DE, 1998) Pia-Paulina Guilmoth (US, 1993) Marvel Harris (NL, 1995) Thembinkosi Hlatshwayo (ZA, 1993) Lorane Hochstätter (CH, 2001) Ben Hubert (GB, 2002) Francesca Hummler (US/DE, 1997) Matej Jurčević (HR, 1995) Lisa Karnadi (ID, 1997) Nur Aishah Kenton (SG/GB, 1998) Mayssa Khoury (LB/US, 1997) Ahmed Khirelsid (SD, 2001) Maria Kniaginin-Ciszewska (PL, 1998) Jude Lartey (GH, 2000) Phương Nguyên Lê (VN, 2002) Quil Lemons (US, 1997) Yun Ping Li (ES, 1998) Margaret Liang (CN, 1998) Vuyo Mabheka (ZA, 1999) Isabella Madrid (CO, 1999) Luna Mahoux (BE, 1996) Gabriela Marciniak (PL, 1996) Dimakatso Mathopa (ZA, 1995) Sara Messinger (US/DE, 1998) Steven Molina Contreras (US, 1999) Cheryl Mukherji (IN, 1995) Daniel Obasi (NG, 1993) Alice Pallot (FR, 1995) Laurence Philomène (CA, 1993) Soyeohang Rai (IN, 2001) Carla Rossi (IT, 1999) Emma Sarpaniemi (FI, 1993) Rachel Seidu (NG, 1997) Fatimazohra Serri (MA, 1995) Suwa Shin (KR, 2000) Charlie Tallott (GB, 2000) D. M. Terblanche (ZA, 1998) Agate Tūna (LV, 1996) Varvara Uhlik (UA, 1997) Farren van Wyk (NL/ZA, 1993) Tianyu Wang (CN, 1997) Ziyu Wang (CN, 1998) Noah Noyan Wenzinger (CH, 1999) Sophia Wilson (US, 2000) Zhidong Zhang (CN, 1996) Andong Zheng (CN, 1992) Catalogue Un livre publié aux Éditions Textuel (Paris) accompagne l’exposition. Dates19 Septembre 2025 10 h 00 min - 1 Février 2026 18 h 00 min(GMT-11:00) LieuPhoto ElyséePl. de la Gare 17, 1003 LausanneOther Events Photo ElyséePl. de la Gare 17, 1003 LausanneOuvert les Lundi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche de 10h-18h, nocturne le Jeudi jusqu'à 20h. Fermé le Mardi. Photo Elysée Get Directions CalendrierGoogleCal Related Events 60 espèces d'espaces photographiques 18 Juin 2022 10 h 00 min - 29 Janvier 2023 18 h 00 min Train Zug Treno Tren 18 Juin 2022 10 h 00 min - 25 Septembre 2022 18 h 00 min Photo ElyséePl. de la Gare 17, 1003 Lausanne jeu30oct2026dim01fevLehnert & LandrockRelecture d'une archive colonialePhoto Elysée, Pl. de la Gare 17, 1003 Lausanne Détail de l'événementPhoto : Gloria Oyarzabal, La Blanche et la Noire XVII, de la série USUS FRUCTUS ABUSUS La Blanche et la Noire, 2022 (c) Gloria Oyarzabal Photo Elysée propose une relecture critique Détail de l'événement Photo : Gloria Oyarzabal, La Blanche et la Noire XVII, de la série USUS FRUCTUS ABUSUS La Blanche et la Noire, 2022 (c) Gloria Oyarzabal Photo Elysée propose une relecture critique des archives photographiques du studio Lehnert & Landrock, conservées dans la collection du musée depuis 1985. Actifs en Afrique du Nord au début du 20e siècle, Rudolf Franz Lehnert (1878–1948) et Ernst Heinrich Landrock (1878–1966) ont construit et diffusé une iconographie de l’Orient à destination d’un public européen, profondément marquée par le contexte colonial de leur époque. Les archives originales sont exposées aux côtés d’œuvres contemporaines de Nouf Aljowaysir et Gloria Oyarzabal, qui explorent l’histoire et l’héritage des représentations coloniales. En 1985, le musée intègre dans sa collection le fonds d’archives du studio photographique Lehnert & Landrock. Fondé par Rudolf Franz Lehnert (1878–1948) et Ernst Heinrich Landrock (1878–1966), le studio est actif à Tunis de 1904 à 1914, puis au Caire dès 1924. Il se spécialise dans la production d’une iconographie de l’Orient, largement diffusée en Europe par la photographie et la carte postale. Aujourd’hui, Photo Elysée interroge son rôle de médiateur des images en posant un regard critique et introspectif sur les objets qu’il conserve. En collaboration avec un comité scientifique, le musée propose d’étudier les dimensions esthétiques et politiques de ce corpus dans le contexte des entreprises coloniales. Pour ouvrir la réflexion à d’autres perspectives, Photo Elysée invite l’artiste Gloria Oyarzabal à explorer ces archives. Son regard contemporain questionne la manière dont les musées abordent aujourd’hui les collections liées à l’histoire coloniale. Son travail entre en dialogue avec celui de l’artiste saoudienne Nouf Aljowaysir, qui s’intéresse à la manière dont l’intelligence artificielle prolonge et renforce les stéréotypes associés à la représentation de l’Orient. Lehnert Landrock Sans titre identifie comme Tombeau dun marabout dans un oasis de Gafsa dans le fonds darchives 1904 1914 © Lehnert Landrock Edouard Lambelet et Photo Elysee Rudolf Lehnert et Ernst Landrock se rencontrent en Suisse en 1903. Originaires respectivement de Bohème et de Saxe, ils partagent un intérêt prononcé pour l’ »Orient », une région fantasmée par l’imaginaire européen, et dont la représentation relayée notamment par la littérature, la peinture, la mode et la photographie. En 1904, ils ouvrent un premier studio photographique à Tunis, alors sous protectorat français. Lehnert réalise les prises de vue en Tunisie, Algérie, Égypte et Palestine, tandis que Landrock gère l’atelier. Leur succès repose en grande partie sur la production d’héliogravures et de cartes postales, très prisées et largement diffusées à l’époque. L’aventure est interrompue en 1914 par la Première Guerre mondiale. En 1920, ils créent la société Orient Kunst Verlag à Leipzig, puis ouvrent un nouveau studio au Caire en 1924, dans un territoire sous occupation britannique, malgré la déclaration unilatérale d’indépendance de l’Égypte signée en 1922. Après leur séparation en 1930, Landrock continue seul, puis avec ses héritiers, l’exploitation de l’entreprise Lehnert & Landrock. Le studio produit des milliers de photographies de paysages et de figures idéalisées, dunes, oasis, harems, odalisques, qui participent à la construction d’une vision stéréotypée de l’Orient. En 1985, les descendants d’Ernst Landrock déposent les archives du studio à Photo Elysée, qui en assure la conservation. Dates30 Octobre 2025 10 h 00 min - 1 Février 2026 18 h 00 min(GMT-11:00) LieuPhoto ElyséePl. de la Gare 17, 1003 LausanneOther Events Photo ElyséePl. de la Gare 17, 1003 LausanneOuvert les Lundi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche de 10h-18h, nocturne le Jeudi jusqu'à 20h. Fermé le Mardi. Photo Elysée Get Directions CalendrierGoogleCal Related Events 60 espèces d'espaces photographiques 18 Juin 2022 10 h 00 min - 29 Janvier 2023 18 h 00 min Train Zug Treno Tren 18 Juin 2022 10 h 00 min - 25 Septembre 2022 18 h 00 min ET AUSSI Photo ElyséePl. de la Gare 17, 1003 Lausanne ven19sep2026dim01fevR comme RegarderLe livre photo jeunessePhoto Elysée, Pl. de la Gare 17, 1003 Lausanne Détail de l'événementPhoto : ©Eloïse Genoud / Photo Elysée / Plateforme 10 R comme Regarder propose une exploration du livre photo jeunesse, depuis son essor industriel dans les années 1930 jusqu’à aujourd’hui. Si Détail de l'événement Photo : ©Eloïse Genoud / Photo Elysée / Plateforme 10 R comme Regarder propose une exploration du livre photo jeunesse, depuis son essor industriel dans les années 1930 jusqu’à aujourd’hui. Si cette production reste marginale dans le paysage éditorial, elle témoigne de l’évolution de notre perception de la photographie, de l’histoire de la pédagogie et du statut de l’enfant dans les sociétés occidentales depuis plus d’un siècle. Le livre photo jeunesse bénéficie de l’émergence de nouvelles méthodes pédagogiques centrées sur l’image. La photographie s’invite dans tous les registres de la littérature pour enfants, des imagiers à la fiction, en passant par les ouvrages à visée pédagogique, éducative ou créative. En renouvelant ce genre éditorial, elle s’ouvre aussi à des formes nouvelles et singulières, grâce à la collaboration de graphistes, artistes, illustrateur·ice·s et auteur·ice·s. Exposition L’exposition rassemble une centaine d’ouvrages internationaux, avec un accent mis sur la création photographique originale, afin de mettre en lumière ce patrimoine, ses caractéristiques et ses dimensions contemporaines. Les photographes femmes jouent un rôle majeur dans l’histoire du livre photo jeunesse, à la croisée de deux domaines longtemps perçus comme féminins : l’éducation et le portrait d’enfants. Cette dynamique aboutit dans les années 1970 à l’émergence d’un nouveau genre éditorial, dédié à la construction du regard de l’enfant. R comme Regarder est aussi l’occasion de découvrir les coulisses de la création du livre photographique, de la prise de vue aux maquettes originales des ouvrages présentés. Conçu en collaboration avec les départements de médiation, le parcours de l’exposition inclut des livres en libre consultation ainsi que des expériences interactives, pensées pour les petit·e·s comme pour les grand·e·s. Après une première présentation à Photo Elysée à l’automne 2025, R comme Regarder fera l’objet d’une tournée européenne qui se poursuivra jusqu’en 2028 à l’Institut pour la photographie à Lille, après avoir circulé dans cinq institutions partenaires : le Museum Folkwang à Essen, Les Rencontres de la photographie d’Arles, la Photographers’ Gallery à Londres, le Centre national de l’audiovisuel (CNA) du Luxembourg et Foto Arsenal à Vienne. COMITÉ SCIENTIFIQUE Paul Cottin, conseiller de l’association PoBoC dédiée aux livres photo jeunesse, fondateur et ancien directeur du centre d’art GwinZegal, Guingamp Rose Durr, doctorante en anthropologie et histoire de la photographie, chercheuse en CIFRe à l’Institut pour la photographie des Hauts-de-France, Lille Florian Ebner, historien de l’art, Chef du Cabinet de la photographie au Centre Pompidou, Paris Anne Lacoste, docteure en histoire de la photographie, directrice de l’Institut pour la photographie des Hauts-de-France PRODUCTION EXÉCUTIVE ET DIRECTION SCIENTIFIQUE Institut pour la photographie des Hauts-de-France COPRODUCTION Institut pour la photographie des Hauts-de-France et Photo Élysée, Lausanne Dates19 Septembre 2025 10 h 00 min - 1 Février 2026 18 h 00 min(GMT-11:00) LieuPhoto ElyséePl. de la Gare 17, 1003 LausanneOther Events Photo ElyséePl. de la Gare 17, 1003 LausanneOuvert les Lundi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche de 10h-18h, nocturne le Jeudi jusqu'à 20h. 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