La 10e édition du Photo Brussels Festival a ouvert ses portes le 22 janvier dernier. Si le centre névralgique de l’événement se situe au Hangar, une quarantaine de lieux en plein cœur de la capitale européenne se mobilisent pour offrir au public une programmation riche et éclectique. À l’occasion de sa visite, Marie-Elisabeth, en plus de nous avoir présenté les expositions « The House » de Lee Shulman – The Anonymous Project et « Family Stories », nous propose une sélection d’expositions à ne pas manquer !

BRASS Centre culturel de Forest : le TW Fotoclub

« L’image latente- ce qui ne se voit pas encore ».

© Ian Dyckmans

Très beau titre choisi par le collectif bruxellois passionné par la photographie argentique et les procédés expérimentaux, le FCTW se dévoile dans ce lieu emblématique de BRASS à Forest, le nouveau hub arty. L’argentique est revendiqué sous toutes ses formes : chambre noire, cyanotypes, liths, émulsions végétales… Une attention au geste et à la lenteur, au savoir-faire artisanal.

Galerie Eric Mouchet : Robert Mapplethorpe

Cedric. Robert Mapplethorpe (American, 1946 – 1989); New York, New York, United States; 1977; Gelatin silver print; 35.5 x 35.5 cm (14 x 14 in.); 2011.7.7

Cette période inaugurale de l’artiste, longtemps tenue à l’écart pour l’explicite de ses images, n’en constitue pas moins une matrice essentielle. Mapplethorpe y impose un regard incarné, sans détour, porté par une exigence formelle implacable. D’une beauté presque antique, ses photographies transfigurent la sexualité queer : le désir y devient architecture, et la provocation, une grâce.

Au centre du projet, le ‘Portfolio X’ de Robert Mapplethorpe, réalisé en 1978 et présenté pour la première fois en Europe en 1979 à la galerie Jurka à Amsterdam.

Fondation A, Tarrah Krajnak

Body Configurations, Lima, 2024 © Tarrah Krajnak

L’artiste Tarrah Krajnak est née à Lima en 1979 et a été adoptée aux États-Unis. Sa démarche s’articule autour de cette quête des origines.

L’exposition s’articule autour de deux ensembles majeurs issus de la collection de la Fondation A. 1979: Contact Negatives (2019) entremêle cyanotypes, mises en scène autobiographiques et images empruntées à la presse péruvienne pour sonder les territoires fragiles de l’adoption et de la mémoire trouée. Avec Master Rituals II. Weston’s Nudes (2020), Krajnak réinvestit les poses des modèles d’Edward Weston afin de questionner les régimes de représentation et la place accordée aux femmes dans l’histoire de la photographie.

Ces séries dialoguent avec Master Rituals I. Ansel Adams (2018–2023), où l’artiste orchestre l’effacement symbolique des paysages nord-américains d’Adams, ainsi qu’avec RePose (2022–…), un répertoire de gestes et de postures puisés dans la mémoire collective de l’histoire de l’art.

Galerie Irène Laub : Guðný Rósa Ingimarsdóttir, Fingers in a red state but not yet bleeding

Guðný Rósa Ingimarsdóttir

L’artiste islandaise dans une logique d’expérimentation continue retravaille les matériaux qui s’offrent à elle dans son atelier. Chutes de papier, découpes d’œuvres précédentes conservées, mots dactylographiés, traces, souvenirs… alimentent son processus créatif et organique. La photographie surgit comme des fantômes ou réminiscences dans ces compositions cycliques.

Spazio Nobile, Frederik Vercruysse, Panoramic, 15 Years of Art Photography

Panoramic, Studio 4 © Frederik Vercruysse

Dans le champ de l’art contemporain, le panoramique ne se réduit plus à une affaire de format : il devient une position du regard, une manière d’embrasser le temps et l’espace dans un même élan. Il capte l’étendue d’un instant, offrant une vision continue, traversée d’une intensité émotionnelle singulière.

Cette rétrospective, qui retrace quinze années de pratique photographique, dévoile une écriture visuelle d’une grande justesse, à la fois épurée et profondément stratifiée.

L’œuvre de Vercruysse s’inscrit dans un territoire liminal, entre design et contemplation, structure et silence. Le réel y est distillé, réduit à l’essentiel, pour se recomposer en images qui célèbrent la beauté discrète des paysages naturels comme des espaces façonnés par l’homme.

Schönfeld gallery, Rivoli, Renée Lorie « I Thought We would Eat with Golden Spoons »

‘I Thought We Would Eat with Golden Spoons’ © Renée Lorie / Schonfeld Gallery

Chez les heureux du monde disait la romancière Edith Wharton…ou dans une version contemporaine derrière les pelouses de Wisteria Lane, dans la série Desperate Housewives, se cache ennui et secrets. C’est ce que tente d’éclaircir l’artiste belge Renée Lorie que j’ai rencontré à Rivoli. Elle a mené son projet dans les rues très privilégiées d’Uccle pour aller à la rencontre de ces happy few … peu ont accepté de lui ouvrir la porte.
Entretien à suivre, demain…

À LIRE
The House by The Anonymous Project à Hangar, une première en Belgique ! Et « Family Stories » !

Retrouver l’ensemble des propositions
10ème édition, Photo Brussels Festival :
52 propositions, le parcours, l’agenda :
https://www.photobrusselsfestival.com

Organiser votre venue :
https://www.eurostar.com/fr-fr
https://www.visit.brussels/fr

Marie-Elisabeth De La Fresnaye
Après une formation en littérature et histoire de l'art, Marie de la Fresnaye intègre le marché de l'art à Drouot et se lance dans l'événementiel. En parallèle à plusieurs années en entreprise dans le domaine de la communication éditoriale, elle créé son blog pour partager au plus grand nombre sa passion et expertise du monde de l'art contemporain et participe au lancement du magazine Artaïssime.

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