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Partager Partager Pour sa quatrième et dernière carte blanche, notre invité de la semaine, le photographe Pierre de Vallombreuse, revient sur l’un de ses ouvrages les plus importants : Peuples, paru chez Flammarion il y a 20 ans. Fruit d’un long travail de voyages et d’explorations menés entre 1989 et 2005, Peuples a également donné lieu à une exposition présentée au Musée de l’Homme, qui a réuni plus de 75 000 visiteurs. C’est ainsi que s’achève notre semaine : à travers un texte et une sélection d’images, Pierre nous parle de sa mission, qu’il poursuit depuis 40 ans, témoigner de la vie des peuples autochtones sur les cinq continents. « Pierre de Vallombreuse s’est engagé, utilisant le témoignage photographique, pour l’existence et la survie de tous les peuples victimes historiquement des États nationaux et dont les civilisations sont victimes de notre civilisation. Il s’est découvert dans sa propre humanité en découvrant leur humanité. Dans ce combat, s’est révélé également le sens de sa vie ». Edgar Morin Les Yi, Sichuan, Chine, 1996À plus de 2 700 mètres d’altitude, dans les montagnes du Sichuan – le bastion historique de ce peuple de guerriers qui pillait les villes de l’Empire chinois où il se servait en esclaves –, un jeune berger se protège du froid extrême (jusqu’à moins 15 °C) sous sa cape en laine. Les Dani (Papous), Irian Jaya, Indonésie, 1997Un primitif show est organisé par les autorités pour des VIP occidentaux. Dans les années 1970, l’opération Kotaka (« étui pénien »), lancée par le gouvernement, eut pour but de coiffer et d’habiller les Papous des hauts plateaux de « vêtements décents » et de les amener « au même niveau que leurs frères des autres régions d’Indonésie ». Face au refus des Dani, une violente répression fit plusieurs centaines de morts. Quelque quinze ans plus tard, les mêmes autorités encouragèrent les Dani à « jouer » leur culture pour attirer les touristes.Afin d’assurer la sécurité des invités occidentaux, le primitif show se déroule sous la surveillance des autorités indonésiennes. Les Dani (Papous), Irian Jaya, Indonésie, 1997Un avion décolle de l’aéroport de Wamena, principale ville du territoire dani. La sécurité de l’aéroport, sous la responsabilité des autorités indonésiennes, est inexistante : un Dani qui traversait la piste a été tué lors de l’atterrissage d’un avion de missionnaires. Cet incident dramatique illustre le mépris qu’éprouve pour les Papous un gouvernement qui s’intéresse avant tout au pillage des ressources, à la répression de l’opposition politique et à la colonisation de la province. Les Dani (Papous), Irian Jaya, Indonésie, 1997Un Dani a commandé un thé glacé dans un restaurant tenu par des colons javanais. Victime de racisme, il se vit servir un thé bouillant dont la corne de sa main lui empêcha de sentir la chaleur ; ce n’est que lorsque le liquide se répandit dans sa gorge qu’il se brûla. Comme l’exige la coutume lors du décès d’un enfant ou d’une épouse, cet homme s’est amputé des phalanges de la main gauche. Je suis très fier du texte que Edgar Morin a écrit pour le livre Peuples qui est sans doute le plus important de mes livres. L’exposition au Musée de l’homme rencontrât un grand succès. 75 000 entrées. Preuve qu’une vison non exotique mais politique de ces peuples suscite des réflexions fondamentales. Les Mayas, Chiapas, Mexique, 1998Une messe est célébrée sur le terrain de basket-ball du municipio autonomo de Polho, où se sont réfugiés plus de 7 000 Mayas en fuite devant la violence des paramilitaires en avril 1998. Tant que les accords de San Andrés, signés en février 1996 et reconnaissant une grande partie des droits et de la culture des peuples indiens, ne seront pas appliqués, ils refuseront de rentrer dans leur communauté d’origine. Les Mayas, Chiapas, Mexique, 1998Dans ce bar proche d’une base militaire s’entassent de jeunes prostituées. La présence croissante de l’armée mexicaine depuis 1994 a de terribles conséquences, notamment le développement de l’esclavage sexuel. Logées et nourries par l’armée, les jeunes Mayas, objets sexuels des soldats, ne sont pas payées et doivent effectuer toutes les tâches ménagères. Lorsqu’elles sont autorisées à sortir des camps, les passes qu’elles font en ville sont leur seul moyen de gagner un peu d’argent. Les Mayas, Chiapas, Mexique, 1998Après l’attaque meurtrière par les forces de l’ordre du municipio autonomo d’El Bosque le 13 juin 1998, les Mayas sont sous le choc. Huit habitants ont été tués et leurs corps emportés pour être « autopsiés » par l’armée. Les BADJAOS.BORNEO. Malaisie. 2009Des enfants jouent dans la cité lacustre construite illégalement pas les Badjao de la Mer qui souhaitent obtenir la citoyenneté Malaise. La nuit la peur d’être victime d’un raid de la police et des gardes côtes Malais hanteront leur rêves. Ces raids ont pour but de renvoyer les clandestins aux philippines Depuis 1986, je témoigne de la vie des peuples autochtones sur les cinq continents. J’ai constitué un fond photographique, en constante évolution, 42 peuples, rendant ainsi hommage à la précieuse diversité du monde. La lecture du livre « Tristes Tropiques » éclaire ma trajectoire. Comme le dit Claude Lévi-Strauss chaque peuple souligne la multiplicité des réponses aux conditions de vie imposées par la nature et l’histoire. J’essaye de faire découvrir la réalité complexe de leurs modes de vie et défend le respect et la juste représentation de ces populations fragilisées, dont l’héritage nous est vital, loin de la représentation exotique auxquels ils sont le plus souvent réduits. Ces populations, qui luttent pour leur survie, sont trop souvent les premières victimes de génocides, de guerres, d’idéologies racistes, de prédations économiques, de pénuries alimentaires, de désastres écologiques et de « l’intégration désintégrant » dont parle Edgar Morin dans la préface de son livre « Peuples ». Autant de questions cruciales qui, loin d’être cantonnées à ces territoires plus ou moins reculés, concernent notre humanité. Les Basques, 2010, Bilbao, Sud du Pays basqueGuggenheim Museum.Je suis né au pays basque La Paz. Manifestations devant les ministères de partisans d’Evo Morales avant un référendum. El Alto. Devant officiels et militaires, des étudiants paradent pour l’anniversaire de la fondation de l’État bolivien. Lengua, Boqueron, Paraguay 2014Un baptême de rite mennonite chez les Lengua, peuple converti à cette religion par des missionaires blanc Inde, Jharkhand 2012Une jeune fille est abandonnée très loin de chez elle sur une route, dans un autre état. Ses parents de très pauvres paysans l’ont abandonnée après un long voyage. Pratique courante. INFORMATIONS PRATIQUES Peuples Pierre de Vallombreuse Éditions Flammarion Sortie 19 janvier 2006 25×32 cm, 135 pages À VENIR Les temps modernes Pierre de Vallombreuse Éditions Odyssée 13,5 x 18 cm, 96 pages Sortie 25 février 2026 978-2-494767-53-9 19€ https://www.editionsodyssee.com/ Le Centre du Patrimoine Arménien14 rue Louis Gallet, 26000 Valence ven27fev(fev 27)10 h 00 mindim20sep(sep 20)18 h 00 minPierre de VallombreuseLes temps modernes Palawan, PhilippinesLe Centre du Patrimoine Arménien, 14 rue Louis Gallet, 26000 Valence Détail de l'événementLe Cpa présente Les temps modernes. Palawan, Philippines de Pierre de Vallombreuse. Une invitation au voyage au coeur d’une vallée luxuriante et sauvage, à la rencontre des Tau’t Batu. Sur Détail de l'événement Le Cpa présente Les temps modernes. Palawan, Philippines de Pierre de Vallombreuse. Une invitation au voyage au coeur d’une vallée luxuriante et sauvage, à la rencontre des Tau’t Batu. Sur près de quarante ans et vingt-trois séjours, le photographe témoigne des bouleversements des modes de vie et d’un écosystème soumis aujourd’hui à des changements irréversibles. En 1988, Pierre de Vallombreuse découvre pour la première fois l’île de Palawan, au sud-ouest des Philippines. C’est là que vivent les Tau’t Balu, ou « hommes des rochers», en osmose avec leur milieu naturel. Fasciné par cette communauté autochtone de chasseurs-cueilleurs et d’agriculteurs, il multiplie depuis les séjours dans cette vallée d’une beauté prodigieuse. Après dix ans d’absence, il retrouve en 2012 les amitiés nouées sur place, et ne cesse d’y revenir. Au coeur de la vallée et de la vie des Palawan À travers des photographies empreintes de poésie, Pierre de Vallombreuse nous donne à voir des modes de vie aujourd’hui menacés. 23 voyages lui permettent d’immortaliser sur un temps long les changements profonds qui bouleversent la vallée et ses habitants. Les images produites par les Tau’t Batu dialoguent avec celles du photographe, portées par des sons immersifs et la musique d’un territoire unique. L’exposition témoigne ainsi de façon saisissante des évolutions d’un écosystème menacé par la montée en puissance des grandes exploitations agricoles et l’essor de l’extractivisme touchant déjà l’île. Témoin du devenir des peuples autochtones Depuis plus de 40 ans, Pierre de Vallombreuse témoigne de la vie des peuples autochtones, constituant un fond photographique unique sur 43 peuples en constante évolution. Son travail a été récompensé par des prix prestigieux, présenté notamment aux Rencontres de la photographie d’Arles, au Musée du Quai Branly et au Musée de l’Homme à Paris. Dates27 Février 2026 10 h 00 min - 20 Septembre 2026 18 h 00 min(GMT-11:00) LieuLe Centre du Patrimoine Arménien14 rue Louis Gallet, 26000 ValenceOther Events Le Centre du Patrimoine Arménien14 rue Louis Gallet, 26000 ValenceLe Cpa est ouvert du mardi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 18h / Samedis et dimanches de 14h à 18h (fermé les jours fériés, le 7 mai et le 24 décembre 2019) Le Centre du Patrimoine Arménien Get Directions CalendrierGoogleCal Marque-page0
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