Carte blanche à Gwénaëlle Fliti : Selkies : Nouveau média – croiser pop culture et photographie pour rendre l’image plus accessible 1 heure ago
« Picture Perfect » l’exposition manifeste à BOZAR, Bruxelles : Rencontre Christel Tsilibaris, commissaire 3 jours ago
« Picture Perfect » l’exposition manifeste à BOZAR, Bruxelles : Rencontre Christel Tsilibaris, commissaire 3 jours ago
Rencontre avec Danaé Panchaud, Centre de la photographie, Genève, santé mentale et enjeux de monstration des images 9 mars 2026
Masterclass Oeildeep : Voir venir la barbe bleue, un conte psychologique par Emmanuelle Corne 13 mars 2026
« Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre »… Beauté et laideur à BOZAR, Bruxelles 1 heure ago
Salon du dessin, 34ème édition : Interview Florence Chibret-Plaussu, nouvelle co-présidente 1 jour ago
Entretien avec Fabienne Grasser-Fulchéri, directrice de l’eac : « Interroger la capacité de la collection Albers-Honegger à écrire de nouveaux récits » 3 jours ago
Partager Partager La beauté et ses rituels, sa perfection, ses variantes jusqu’à envisager son pendant : la laideur et cela depuis la Renaissance, c’est tout l’enjeu de cette troublante et captivante exposition « Belleza e Brutezza » proposée à BOZAR, Bruxelles, par la commissaire française Chiara Rabbi Bernard et Zoé Gray, directrice des expositions de Bozar, en association avec la banque et mécène italienne Intensa Sanpaolo, offrant une itinérance de l’exposition à Milan à partir de juillet. Les 90 œuvres réunies de provenance prestigieuse, dessinent un panorama inédit entre l’Italie et le Nord de l’Europe (Flandres) au XVè et XVIème siècle, tandis qu’un volet très contemporain « Picture Perfect » prolonge la réflexion au printemps. Sandro Botticelli (attribué à), Portrait allégorique d’une femme (probablement Simonetta Vespucci), ca.1490, © Collection Privée Dans le traité De pictura (1435) Alberti fige les premiers canons de la beauté coïncidant avec harmonie et grilles mathématiques. Les trois Vénus de l’Antiquité qui ouvrent le parcours nous le rappellent selon un idéal de proportion, consigné notamment par Dürer dans les « Quatre livres sur les proportions du corps humain ». En peinture, l’art du portrait est atteint des sommets à cette période comme avec la célèbre Simonetta Vespucci immortalisée par les peintres florentins, Botticelli en tête dans « la Naissance de Vénus » ou le portrait allégorique de 1490 lui confère le statut d’une muse renforcé par son décès prématuré à l’âge de 23 ans. Sa blondeur, ses cheveux bouclés, ses lèvres pulpeuses sont renforcées par sa coiffe et ses bijoux, et une somptueuse étoffe verte, sur fond d’un paysage d’inspiration flamande. L’école vénitienne est différente en matière de beauté avec une lumière plus chaude et enveloppante, des effets de texture, une palette vibrante comme chez Titien avec « Femme tenant une pomme » (National Gallery, Washington) celle de la tentation peut-on dire tant cette scène est pleine de sous-entendus cryptés. Le décolleté plongeant, l’adresse au regardeur, la robe entrouverte et le bras visible en font une courtisane. François Clouet (d’après), Portrait d’une dame au bain, Fin du 16e siècle, Musée des Arts décoratifs, Parijs, inv. 15821 © Les Arts Décoratifs. Foto Jean Tholance Qui dit séductrice, dit artifices et les secrets pour se faire belle (maquillage) font fureur à l’époque, les femmes étant capables d’utiliser des produits souvent toxiques sans le savoir. Le fascinant « Portrait d’une dame au bain » d’après François Clouet (musée des arts décoratifs, Paris), cette femme nue peinte à mi-corps, renvoie au contexte du bain conseillé après un accouchement (présence de la nourrice et du nouveau-né), tandis qu’une coupe de fruits est convoitée par un jeune garçon. Une scène qui renvoie à Gabrielle d’Estrées et reste pleine de mystères… Cependant, dans les cours européennes, certaines figures monstrueuses sont aussi recherchées comme les nains (Tintoretto) ou présentant une anomalie comme l’hypertrichose universelle, soit une pilosité excessive avec Madeleine Gonzalves, présentée comme une « curiosité » à Guillaume V de Bavière, âgée de 7 ans et dans une robe cruellement pleine de faste. Jan Massys, La Joyeuse compagnie, 1562, Musée Thomas Henry, Cherbourg-en-Cotentin, inv. 835.66 © Musée Thomas Henry, Cherbourgen-Cotentin. Photo D. Sohier En parallèle, la Renaissance célèbre la laideur dans le sillage de Léonard de Vinci avec ses « visages monstrueux » et « têtes caricaturées » pour donner suite à son attrait pour les difformités humaines. Ces trolls hideux et déformés envahissent scènes de banquets dans l’Europe du Nord selon une connotation sociale et morale non dissimulée. La joyeuse compagnie devient un morceau de bravoure chez Jan Massys dans cette scène de taverne où une assemblée d’hommes ivres et qui montrent leurs dents, se saisissent du corps d’une pauvre servante soumise à leur caprices grivois. La laideur en devient faiblesse et vice. De même avec le « Repas bachique » de Nicola Frangipane, la cruche étant le symbole du sexe féminin, ces personnages s’adonnant à des beuveries licencieuses, bouches grand ouvertes. Cette laideur moralisatrice est bientôt associée aux 7 péchés capitaux. Lucas Cranach l’Ancien, Le couple inégal (Jeune homme et vieille femme), ca. 1520- 1522, Budapest, Szépművészeti Múzeum Inv. 137 © Szépművészeti Múzeum/Museum of Fine Arts, Boedapest, 2026 Lucas Cranach l’Ancien, Le Couple inégaux (Le vieux fou), ca. 1530, Národní galerie, Praag, inv. O 455, © Národní galerie v Praze, Prague 2026 La vieillesse est pointée du doigt en matière de relations amoureuses non sans une certaine ironie par les maîtres flamands, le « couple mal assorti » est une récurrence pour Lucas Cranach, sujet très recherché par les collectionneurs. Face à un beau jeune homme, une femme, pleine de rides et édentée, lui tend des pièces d’or. Un rapport tarifé parfaitement clair pour ce gigolo avant l’heure ! En contrepartie, une très jeune femme se trouve aux prises d’un vieillard à la bourse bien garnie, sous le titre « le vieux fou »… L’exposition s’achève avec l’épisode de Pomone dans le superbe tableau de Fran Floris de Vriendt, prêt du musée de Stockholm à partir des Métamorphoses d’Ovide où l’on voit cette nymphe d’une grande attirance, la poitrine nue, réfugiée dans un magnifique jardin en conversation avec le satyre Pan qui contraste par son caractère dissonant, alors que le dénouement se fera sous le règne de la métamorphose avec Vétumme, dieu des saisons, qui finira par la séduire sous les traits d’une veille femme au terme de nombreuses stratégies. Une ode à l’hybridation et au contraste pour refermer cette virtuose traversée qui ouvre à de multiples questionnements ! Maître de 1537 (Zuidelijke Nederlanden), Le bouffon regardant entre les doigts, ca. 1520, The Phoebus Foundation, Antwerpen © The Phoebus Foundation Preuve en est : le groupe leader L’Oréal s’est récemment associé au musée du Louvre pour constituer un partenariat inédit autour des représentations de la beauté. Ce sujet dans sa version resserrée à Bozar en lien avec la riche tradition flamande, offre une clé de lecture à la fois érudite et pédagogique. Catalogue « Belleza e Bruttezza », Fonds Mercator, 288 pages, 49 euros (disponible à la boutique-librairie de Bozar) À LIRE « Picture Perfect » l’exposition manifeste à BOZAR, Bruxelles : Rencontre Christel Tsilibaris, commissaire INFOS PRATIQUES : Bellezza e Bruttezza, L’idéal, le réel et le caricatural jusqu’au 14 juin 2026 Bozar, Palais des Beaux-arts Rue Ravenstein 23, Bruxelles https://www.bozar.be/fr/calendrier/bellezza-e-bruttezza Organiser votre venue : https://www.visit.brussels/fr/ https://www.visitflanders.com/fr https://www.eurostar.com/fr-fr Marque-page0
Carte blanche à Gwénaëlle Fliti : Selkies : Nouveau média – croiser pop culture et photographie pour rendre l’image plus accessible
News Le FOAM d’Amsterdam présente ses 30 nouveaux talents à suivre ! Chaque année, le FOAM d’Amsterdam dévoile les noms de ses jeunes talents issus d’un appel à candidatures international. En plus des 15 ...
Evénements Nan Goldin expose l’intime en grand format au Grand Palais Avec This Will Not End Well, présentée au Grand Palais, Nan Goldin ne signe pas simplement une exposition : elle compose une ...
L'Edition À rebours. Les Européens d’Henri Cartier-Bresson. Une exposition, un livre. Publié pour la première fois en 1955, Les Européens revient enfin dans une nouvelle édition proposée par la Fondation Henri Cartier-Bresson, avec ...
Actu Art Contemporain S.M.A.K. de Gand : trauma et régimes de l’image, EUROPALIA ESPAÑA, Narcisse Tordoir …
Carte blanche à Gwénaëlle Fliti : Selkies : Nouveau média – croiser pop culture et photographie pour rendre l’image plus accessible 1 heure ago
« Picture Perfect » l’exposition manifeste à BOZAR, Bruxelles : Rencontre Christel Tsilibaris, commissaire 3 jours ago
« Picture Perfect » l’exposition manifeste à BOZAR, Bruxelles : Rencontre Christel Tsilibaris, commissaire 3 jours ago
Rencontre avec Danaé Panchaud, Centre de la photographie, Genève, santé mentale et enjeux de monstration des images 9 mars 2026
Masterclass Oeildeep : Voir venir la barbe bleue, un conte psychologique par Emmanuelle Corne 13 mars 2026
« Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre »… Beauté et laideur à BOZAR, Bruxelles 1 heure ago
Salon du dessin, 34ème édition : Interview Florence Chibret-Plaussu, nouvelle co-présidente 1 jour ago
Entretien avec Fabienne Grasser-Fulchéri, directrice de l’eac : « Interroger la capacité de la collection Albers-Honegger à écrire de nouveaux récits » 3 jours ago
Carte blanche à Gwénaëlle Fliti : Selkies : Nouveau média – croiser pop culture et photographie pour rendre l’image plus accessible