Dix-huit ans après la grande rétrospective présentée au Jeu de Paume, l’une des grandes figures de la photographie du XXème siècle, Lee Miller, revient à Paris. Longtemps réduite au simple rôle de muse après sa mort, l’étendue de son œuvre, son engagement et son avant-gardisme prennent enfin toute leur ampleur dans cette nouvelle exposition monographique majeure présentée au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris jusqu’au 2 août 2026.

Lee Miller avec son appareil lors d’une séance photo pour Schiaparelli Lee Miller with camera on fashion assignment for Schiaparelli
Musée d’Art Moderne de Paris (MAM), Palais de Tokyo, Paris
1945 par un photographe inconnu avec Lee Miller
© Lee Miller Archives England 2026 All Rights Reserved

Une vie digne d’un film ou d’un roman. Ce n’est pas un hasard si la réalisatrice américaine Ellen Kuras a rendu hommage à l’une des plus grandes femmes photographes du XXème siècle avec la sortie du film “Lee” en 2023, dont le premier rôle est interprétée par Kate Winslet. Un biopic parfaitement réussi, tant il révèle des facettes de la photographe encore peu connues. Le Musée d’Art Moderne de Paris apporte à son tour un éclairage particulier sur ce destin hors norme.

Lee Miller, Femmes équipées de masques anti-feu Fire Masks Downshire Hill, Londres 1941 © Lee Miller Archives England 2026 All Rights Reserved

Pour cette nouvelle rétrospective, organisée à l’initiative de la Tate Britain et en collaboration avec l’Art Institute of Chicago, 250 tirages sont réunis, certains vintages, d’autres modernes, avec plusieurs inédits. Cette exposition permet d’explorer l’ensemble de l’œuvre de Lee Miller (1907-1977) sous un nouveau jour. Pour en saisir toutes les subtilités, aucune période de sa vie ne doit être négligée. L’exposition retrace donc son parcours depuis ses débuts comme mannequin à New York, où elle pose pour des portraits réalisés par de grands noms de la photographie ou du cinéma. Suit son arrivée à Paris et sa rencontre avec des surréalistes tels que Man Ray, qui l’initie à la photographie. Lee Miller ouvre son propre studio à Londres et travaille pour Vogue Brittanique, avant de retourner à New York en 1932. Viennent ensuite ses séjours en Égypte, lorsqu’elle s’installe au Caire avec son époux, l’homme d’affaires égyptien Aziz Eloui Bey, une période qui stimule de nouvelles explorations photographiques. Puis viennent les années de guerre en Europe : elle devient l’une des rares femmes photographes à obtenir une accréditation de correspondante de guerre par les États-Unis et offre une nouvelle vision du photoreportage. Ses images comptent parmi les premières à révéler au public l’horreur des camps lorsqu’elle documente la libération de Dachau et de Buchenwald.

Lee Miller,
Remington réduite au silence Remington Silent
Londres
1940
© Lee Miller Archives England 2026 All Rights Reserved

Lee Miller peine à se remettre des atrocités dont elle fut témoin pendant ces années. Elle poursuit néanmoins son activité de photographe, mais dans un cercle plus intime, en réalisant des portraits de ses amis. Cette exposition met en lumière l’immense richesse de son œuvre, où se conjuguent recherches artistiques et engagement politique.

INFORMATIONS PRATIQUES

ven10avr(avr 10)10 h 00 mindim02aou(aou 2)18 h 00 minLee MillerRétrospectiveMusée d’Art moderne de la Ville de Paris, 11 Avenue du Président Wilson, 75116 Paris

À LIRE
Saint-Malo célèbre les 80 ans de la libération avec une exposition de Lee Miller

Alix Decreux
Diplômée d’un master Lettres & Humanités – Écritures et médias à la Sorbonne Nouvelle, Alix Decreux est rédactrice culturelle depuis l'obtention de son baccalauréat. Forte d'expériences en rédaction, communication et relations presse, elle est aujourd'hui pigiste pour plusieurs médias et écrit sur l’art et les pratiques culturelles contemporaines.

    You may also like

    En voir plus dans Evénements