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Jeunes Générations, une commande publique du CNAP
Pablo Baquedano

Temps de lecture : 2 minutes et 57 secondes

« Jeunes-Générations » est une commande publique photographique nationale sur la Jeunesse en France pilotée par le Centre national des arts plastiques (Cnap) en collaboration avec l’association CéTàVOIR. 15 photographes ont réalisé cette commande et chaque semaine nous vous proposons de découvrir le travail de l’un d’entre eux accompagné de leur témoignage. Aujourd’hui rencontre avec Pablo Baquedano.

« La jeunesse en France » met en lumière les acteurs d’un monde en devenir, que ce soit à travers leurs pratiques culturelles ou leur préparation à la vie.

9 lives : Comment appréhende-t-on une commande publique en photographie ?

Pablo Baquedano : Lorsqu’une commande vous intéresse, dans un premier temps, il faut trouver une idée qui colle avec le sujet proposé. Si la thématique a attiré votre attention, c’est que vous sentez que votre approche peut répondre aux attentes du projet. Il faut très vite se projeter en ayant en tête que l’objet final sera une production commune qui regroupera le travail de quinze photographes. Dans le cas de la commande « La jeunesse en France », le but était de produire des photographies représentatives de la diversité des territoires. C’est la pluralité des approches qui constituerait la richesse du projet.

Par ailleurs, lorsqu’on travaille pour une commande publique, la notion de temps prend beaucoup d’importance. Si on vous laisse deux mois pour finaliser votre série, cela implique une organisation et un planning rigoureux. Tout doit aller très vite.
Le contrat signé, il faut alors tout mettre à plat : format des images, montage final, numérique ou argentique, couleur ou pas et surtout, le nombre d’images. Ces impératifs peuvent être une source de frustration pendant la période de création mais ils sont la garantie que l’ensemble des travaux sera cohérent et harmonieux. Ce sont aussi ces lignes directrices qui nous impliquent un peu plus dans la thématique et nous évitent d ‘éventuelles dispersions. En somme c’est un moyen d’aller droit au but.

Pour ma part, ce sentiment de frustration a disparu lorsque j’ai découvert les premiers travaux de mes camarades en laboratoire ; j’ai alors pris conscience de l’impact de cette commande collective, de l’importance de la logistique et des coûts de production. Après m’être réjoui de voir enfin mes photos présentées, j’ai réalisé aussi, et surtout, l’ampleur du travail en apercevant les caisses qui transportaient la totalité des travaux effectués.
Le plus gros challenge, pour moi, a été de me limiter à dix photos. Malgré cela, je ne me suis absolument jamais senti bridé en matière de créativité, l’association CÉTÀVOIR et le Cnap restent à l’écoute durant le projet et sont parfaitement sensibles à notre envie de création.

M : Comment vivez-vous l’évolution de votre prise de vue avec la jeunesse ?

P. B. : Pour être honnête, je n’ai noté que peu d’évolution dans le sens ou je suis photographe depuis quelques années. J’ai toujours aimé photographier la jeunesse. Mes méthodes n’ont pas vraiment changé.

J’ai 29 ans et les gens trouvent souvent que je fais plus jeune. Il n’y a pas si longtemps j’étais assistant d’éducation dans un collège. J’ai donc utilisé les mêmes codes que dans mon ancien travail ou je me sentais déjà très bien. Le contact avec la jeunesse est parfois difficile à établir mais s’il peut être parfois explosif, il est aussi souvent sincère. En cela, il constitue une excellente source de création. Il est aussi un thème primordial sur lequel il ne faut pas hésiter à s’attarder.
Dans le cadre de ce projet, aucune barrière ne s’est dressée que cela soit au sein des organismes qui les accueillent pour faire la fête ou parmi les jeunes eux-mêmes.

Depuis plus de dix ans, des agences font des photos en discothèques pour que les jeunes puissent, dès le lendemain, se retrouver et partager leurs moments. Ils ont donc l’habitude d’être pris en photo dans ce cadre-là. Rien ne les empêchait, dans le même temps, de faire des photos plus fun et intimistes avec leur téléphone.

http://pablobaquedano.fr

EXPOSITION ITINERANTE
Jeunes Générations
• Printemps 2017
> Ministère de la Culture et de la Communication
Exposition extérieure sur la façade du ministère.
> SNCF Gares & Connexions dans les gares de Bordeaux, Lille, Marseille, Paris – Gare de Lyon et Strasbourg.
• Du 23 mars au 13 mai 2017
La Villa Pérochon – Centre d’art contemporain photographique de Niort
• Du 24 mai au 11 juin 2017
Dans le cadre du festival ImageSingulières de Sète
http://www.cnap.fr/«-jeunes-generations-»

EDITION
Jeunes Générations
Editions Le Bec en L’air
224 pages
200 Photographies
22 x 27,5 cm
ISBN : 978-2-36744-110-8
28€
http://www.becair.com/livre/jeunes-generations
Disponible en librairie à compter du 4 mai 2017

Les photographes participants : Pablo Baquedano, Marie-Noëlle Boutin, Gilles Coulon, Chimène Denneulin, Claudine Doury, Gabrielle Duplantier, Guillaume Herbaut, Yohanne Lamoulère, Stéphane Lavoué, Géraldine Millo, Myr Muratet, Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino, Lola Reboud, Klavdij Sluban, Patrice Terraz.