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Le Janicule est un des plus beaux endroits de Rome, les villas patriciennes se succèdent le long de rues en lacets qui, derrière leurs hauts murs, laissent apercevoir de beaux jardins plantés d’immenses pins parasols et de bougainvilliers. S’y trouve à son sommet la Villa Aurélia construite pour le Cardinal Girolamo Farnese et qui abrite aujourd’hui l’American Academy in Rome.

Jusqu’au 9 décembre prochain l’historien d’art américain Peter Benson Miller a eu la bonne idée d’y inviter Paolo Gioli qui y montre ses incroyables Anthropolaroïds. L’œuvre de Paolo Gioli est très singulière, car guider par son génie, il développe sans cesse des protocoles nouveaux afin de créer des images véritablement uniques. Paolo Gioli est un explorateur, un expérimentateur à l’affût d’une invention qui va lui permettre de créer des images toujours surprenantes.

Ainsi, la série des antiques statues du musée du Vatican présentées explore les limites de la photographie couleur : au lieu d’un papier photosensible, GIOLI a utilisé, pour la prise de vue, une plaque enduite d’une substance phosphorescente. La statue a été éclairée très violemment, et son image s’est empreinte sur la surface phosphorescente. GIOLI a ensuite appliqué par contact direct sur cette plaque un papier photographique, obtenant ainsi la photographie que nous regardons.

Dans ces photographies il n’est plus question d’instantané, mais bien de rémanence, de persistance. Le temps ainsi se fige dans la photographie. Cet artifice n’est pas seulement un procédé technique, c’est avant tout un détour dans notre perception de l’image, un questionnement radical du lien entre représentation et sujet, aux antipodes d’un quelconque moment décisif.

Paolo Gioli est vrai un magicien de la photographie, y courir.

https://www.aarome.org/event/paolo-gioli-anthropolaroid

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