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Cette semaine nous vous présentons la série « La profondeur des roches » du photographe français Guillaume Amat. Cette série vient  d’être primée à la 9ème édition du Concours un Photographe pour Eurazéo sur le thème de l’Audace. Entre photographie, sculpture et installations, Guillaume Amat trompe notre vision dans un décor presque cinématographique qu’est le Parc Naturel des Bardenas Reales…

Dans la série La profondeur des roches, Guillaume Amat investit littéralement le terrain de la représentation à travers ses installations in situ qui relèvent régulièrement de la performance, allant de la mise en scène à la sculpture. Si le résultat est éminemment photographique, voir pictural, la mise en œuvre de ces réalisations visuelles prennent source dans le Land Art. En effet l’artiste récuse ici toute post-production numérique pour privilégier l’engagement sur le terrain : miroirs, cordes, papiers, hameçon, chevalet, cadre sont apportés sur le site pour les prises de vues à l’occasion de ses différents déplacements. Dans le Parc Naturel des Bardenas Reales (Espagne), il monte un véritable théâtre des illusions dans des compositions poétiques aux accents romantiques, presque dramatiques, et parfois burlesques.

L’auteur joue de notre fascination pour ce territoire désertique et sublime pour mieux nous piéger dans les trappes de la perspective albertienne comme dans l’illusion de la transparence photographique. « Ceci n’est pas un paysage » aurait pu être le titre donné à cet ensemble tant le projet poursuivi par Guillaume Amat présente une filiation certaine avec celui de René Magritte. Quand ce dernier interroge la machine fictionnelle de la représentation picturale, Guillaume Amat entreprend de déchirer, littéralement, le voile de nos croyances. Il se balade et nous promène avec virtuosité, il décline ses propositions en autant d’énigmes visuelles qui nous invitent à prendre conscience de notre responsabilité.

Au-delà de son inscription dans une histoire des représentation, l’artiste nous invite à nous interroger sur l’histoire de notre rapport à la Terre. Le regard que nous portons sur ces portions de territoire n’est jamais chaste, notre présence jamais exempte de conséquences. La silhouette qui déambule çà et là incarne ce genre humain qui déchire, déplace, s’approprie, s’arroge tous les droits et laisse la poussière en héritage. Guillaume Amat travaille ici à l’épuisement de son dispositif pour mieux évoquer l’érosion de ce paysage terminal, celui de l’anthropocène. Le terrain comme le tirage sont à la merci de toutes ses audaces dans une proposition dont les enjeux et la portée traversent les arts comme la société. Géologue de nos représentations, Guillaume Amat creuse dans la profondeur notre rapport au monde.

Texte : Raphaële Bertho

Guillaume Amat, né en 1980 à Angers, participe au projet collectif sur le paysage Français intitulé “France territoire liquide”. Ce projet regroupe 43 photographes travaillant sur le paysage Français. Il a reçu le premier prix du concours Photo d’Hôtel Photo d’Auteur (PHPA) en 2010. Diplômé de l’école MJM Art School, il ne cesse de questionner la représentation photographique en utilisant différents appareils, formats et surfaces sensibles. Il se sert de toutes les spécificités qu’offrent les supports et les
techniques, cherchant à chaque fois le bon média adapté au point de vue photographique choisi.

http://www.guillaumeamat.com

INFORMATIONS PRATIQUES

mar05fev13 h 00 minmar13 h 00 minGuillaume Amat, lauréat de la 9ème édition d'un Photographe pour EurazeoHôtel de l'Industrie, 4 place Saint-Germain-des-Prés 75006 Paris Type d'événement:Exposition,Photographie

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