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Pour sa seconde carte blanche, notre invitée, Marie Docher, nous parle de ses différentes actions pour l’équité entre les hommes et les femmes photographes : du blog Atlantes et Cariatides jusqu’à la création du collectif @LaPartDesFemmes en passant par la réalisation du projet « Visuelles.art : ce que le genre fait à l’art ».

Cet « autoportrait à la barbe » a été réalisé en 2015 alors que j’étais activiste à La Barbe-groupe d’action féministe et que j’écrivais sur les mécanismes de discrimination dans la photographie en tant que Vincent David sur le blog Atlantes et Cariatides.

En étant un homme « numérique » durant plus d’un an j’ai compris ce qu’était le respect entre pairs, l’immense confort de ne pas être continuellement remise en question et critiquée sans apporter d’autres arguments que le genre. Ca m’a surtout poussé à continuer à montrer combien le sexisme nuit à tout individu, rend aveugle et sourd. Il m’est arrivé plusieurs fois de discuter de ces sujets et de m’entendre dire que j’avais tort, que je devais lire le dernier article de Vincent David… que j’avais écrit et mis en ligne la veille.

Cette même année, Jean-Luc Monterosso alors directeur de la Maison Européenne de la Photographie, m’a demandé de monter une conférence pour parler de la faible visibilité des femmes. Vincent David l’avait interpellé un an plus tôt sur la collection de la MEP. Comme le temps était limité j’ai été filmer des photographes, oubliant parfois le micro, apprenant rapidement à monter des rushs pour que leurs paroles soient entendues. Le film « Ni vues ni connues comment les femmes font carrière (ou pas) en photographie » a été très diffusé et discuté et c’est en revenant d’un débat mi 2017 que j’ai pris conscience de la récurrence de certains questionnements sur la photographie. Je connaissais la recherche sur ces sujets, je connaissais les publics. Il y avait un pont à faire entre les deux et ça a été le début du projet « Visuelles.art : ce que le genre fait à l’art ». Florent Barralon, alors étudiant en Master Inégalités et discriminations à Lyon 2 m’a rejointe en avril 2018 et est maintenant en charge du développement du projet.

Ensemble nous avons conçu et fait distribuer par des amies une carte postale pointant une fois de plus la sur-représentation des hommes durant les Rencontres d’Arles. Mécontent, le directeur m’a téléphoné. La conversation n’a abouti à rien et c’est en août, à la lecture de nombreux posts de revendication sur les réseaux sociaux que j’ai émis l’idée auprès de professionnelles de la photographie de lui écrire une lettre publique. Il fallait des signatures. Elles se sont mobilisées et nous avons créé le collectif @LaPartDesFemmes. 535 personnalités de la photographie ont signé la lettre qui est parue le 3 septembre dans Libération. Nous n’étions plus isolées. A ce jour, cette lettre n’a pas reçu de réponse.

• Ni vues ni connues, comment les femmes font carrière ou pas en photographie
La conférence
Le film

• LaPartDesFemmes
https://www.lapartdesfemmesphoto.com

• Libération 
http://www.liberation.fr/debats/2018/09/03/rencontres-photo-d-arles-ou-sont-les-femmes_1676245

• Blog LaPartDesFemmes offert par Mediapart
https://blogs.mediapart.fr/la-part-des-femmes

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