Covid-19 et les agences : Rencontre avec Stéphane Lagoutte, Directeur de l’agence MYOP

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La crise sanitaire du covid-19 touche tous les secteurs de la photographie. Nous avons interrogé les directeurs de galeries, de musées, les photographes, les métiers de la presse, et à l’heure d’un déconfinement qui se veut progressif, nous entamons une série sur les agences et les collectifs. Nous avons rencontré Stéphane Lagoutte, photographe et directeur de l’agence MYOP, pour faire le point sur cette situation inédite venue aggraver un secteur déjà très précarisé.

« Cette crise arrive à un moment où le secteur est déjà particulièrement précaire. On a l’habitude de rebondir, de se renouveler et de recréer des choses. On va donc continuer notre combat. MYOP tiendra, mais ça va demander de l’énergie et de l’investissement. » S. L.

La crise sanitaire a provoqué au sein de l’agence MYOP un arrêt brutal de tous les contrats en cours et à venir, entraînant une chute de 60% du chiffre d’affaire. Les aides gouvernementales n’ont pas permit à couvrir l’ampleur de cette perte. Comme les paiements des photographes sont décalés dans le temps, c’est réellement à partir de maintenant que la situation va se compliquer, de plus l’été arrive, une période où l’activité est toujours très réduite, ils ne s’attendent pas à une reprise avant septembre.
L’annulation du festival des Rencontres d’Arles a entraîné l’annulation d’un grand nombre de manifestations satellites, comme l’événement que l’agence MYOP organise chaque année en présentant une vingtaine d’expos au cœur de la ville arlésienne. Enorme déception pour toute l’équipe, de plus qu’à titre individuel, les photographes ont également eu des annulations ou des reports de leurs expositions.
Durant toute la durée du confinement, les photographes de l’agence MYOP ont initié un projet commun intitulé « Sine die » (sans en voir la fin), en éditant sur Instagram une chronique quotidienne photographique, visant à documenter cette crise sanitaire inédite.
Sur le futur Stéphane Lagoutte ne se décourage pas. Leur profession est en lutte depuis de nombreuses années. Le métier se précarise de plus en plus, avec des paiements dans la presse toujours plus longs, des droits d’auteurs non versés dans les expositions, la syndication des sujets dans la presse et des piges qui baissent drastiquement… Cette crise vient finalement s’ajouter aux nombreux combats menés. MYOP tiendra.

http://www.myop.fr/

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