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Carte blanche de Selma Bella Zarhloul : Jack White

Temps de lecture estimé : 3mins

Aujourd’hui, notre invitée de la semaine, Selma Bella Zarhloul, curatrice indépendante partage avec nous un de ses coups de cœur musicaux avec Jack White qui a sorti cette année son nouvel album “Boarding House Reach”.

J’aime le rock’n’roll, l’idée du rock’n’roll, et son esthétique. Depuis deux ans, je rassemble à ce sujet des images, des textes, des paroles de chansons en vue d’un projet d’exposition dont la forme est encore à trouver. La photographie est un formidable vecteur de changements sociétaux et on ne l’utilise pas assez dans le champ de l’art de cette façon. Selon moi, la photographie raconte une société avant d’être une image et on a tendance à l’oublier pour ne retenir que l’icône. Le rock’n’roll depuis sa naissance jusque aujourd’hui a favorisé, et contribué à l’émergence d’un style de vie. La permanence et l’inscription de ce style de vie dans le paysage humain du vingtième siècle permet de comprendre beaucoup de choses, de comportements, d’idéaux.

J’en viens donc à mon choix musical, qui s’incarne en la personne de Jack White.
J’admire cet homme pour ce qu’il accomplit avec détermination et élégance. D’abord fondateur et leader de The White Stripes, puis membre de The Raconteurs, il crée ensuite The Dead Weather (ma formation préférée), et ajoute une carrière en solo. Batteur et guitariste virtuose, producteur de talent, entrepreneur de génie, musicologue, esthète, dandy… généreux, curieux de la musique folk et blues, il exhume des morceaux et des artistes oubliés ou méconnus.
Il revendique de n’utiliser aucun outil digital pour composer, enregistrer et jouer dans son fief de Nashville (Third Man records) où il a son studio d’enregistrement, un magasin et une scène de concert de façon à être complètement autonome et indépendant et surtout maîtriser toute la chaîne de production. `

Et pour entretenir la flamme, contrer l’ennui et parmi ses petites folies :
Il s’est amusé a tenter de battre le record du disque le plus rapidement sorti au monde. Lors de sa dernière tournée en solo, il tournait avec deux groupes de musiciens, l’un masculin, l’autre féminin. Il choisissait le jour même quelle formation serait sur scène le soir.
bon, vous l’aurez compris, j’ai semé l’objectivité quelque part en route mais tout de même… Et, last but least, Jack White aime la photographie. C’est donc naturellement que Third Man Records a collaboré avec The Impossible Project (Polaroid maintenant) pour une édition particulière de couleur jaune et noire au rendu étrange. Plus disponible hélas.
Reste la musique pour se consoler.

Mes albums favoris : Horehound de The Dead Weather, Under the great northern light (Live) des Whites Stripes, et Lazaretto de Jack White.

http://jackwhiteiii.com

Selma Bella Zarhloul
Après une double formation en Information et Communication à la Sorbonne et histoire de l’art à l’Ecole du Louvre, elle choisit de se consacrer à la photographie. D’abord, en tant que praticienne afin de bien comprendre et maîtriser les spécificités du médium pour pouvoir s’exprimer avec. Parallèlement, en 2001, elle rejoint la Donation Henri Lartigue, sous tutelle du Ministère français de la Culture. Pendant plus de 10 ans, elle contribue au développement, assurant la production et la distribution de la collection à travers le monde. En 2017, elle commence à travailler en tant qu’ indépendante endossant plusieurs casquettes : commissaire d’exposition, critique d’art et cheffe de projet spécialisée dans la photographie contemporaine. Entre autres, elle assure le rôle d’administratrice générale du Festival Voies Off à Arles en 2018-2019. En 2021, sa passion pour la photographie contemporaine la pousse à ouvrir La Volante à Arles, une galerie d’art dédiée à la photographie et autres arts.

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