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La Maison Rouge, clap de fin en état d’apesanteur

Temps de lecture : 1 minute et 53 secondes

« Au commencement était Dédale, l’inventeur génial de l’évasion, de la fuite dans les airs, entraînant avec lui son fils Icare, tous deux harnachés d’ailes, deux prothèses collées à la cire. Ils s’élèvent, grisés par le vol, portés dans l’atmosphère. La suite, on la connaît. Icare s’approchant trop près du soleil voit ses ailes fondre et meurt, précipité dans la mer » (..) extrait du catalogue Aline Vidal

S’il déclare dans Paris Match que le milieu de l’art l’ennuie, Antoine de Galbert titre sa révérence alors que sa Fondation est au sommet, le lieu attirant en effet 100 000 visiteurs par an et a su imposer un modèle unique fondé sur la liberté de regard et de ton.

Depuis 14 ans un public de fidèles s’est retrouvé dans ces parcours de vies et choix de collectionneurs singuliers, que ce soit Marin Karmitz, David Walsh, Bruno Decharme, Arthur Walther, pour les scènes lointaines : My Winnipeg, My Joburg, My Buenos Aires conçue par sa fille et les artistes : Hélène Delprat, Louis Soutter, Chiharu Shiota, Berlinde de Bruyckere, jusqu’à récemment l’artiste revenue des camps de la mort, Ceija Stojka.

« l’Envol » est le dernier cadeau qu’il nous fait autour de ce rêve inaccessible, cette chimère tant de fois côtoyée par les artistes.
Au total 200 œuvres de 130 artistes de tous horizons y compris et surtout d’art brut défient l’apesanteur et tutoient les étoiles. Le viatique pour ce voyage inédit est de laisser tomber catégories et chronologies habituelles pour laisser vibrer en soi cette flamme, cette émotion que traque inlassablement Antoine de Galbert.
Un décloisonnement revendiqué qui prend la forme ici encore d’une scénographie mouvante et toute en échos sonores et visuels.
Le ciel devient cette zone de turbulences, ce territoire de l’utopie et du dépassement de soi. Culte du corps du héros au service de la révolution (Rodchenko), grâce du danseur jusqu’à un possible épuisement (Rauchenberg), défi aux forces de la nature et de la matière y compris jusqu’à la mort (Agnès Geoffray), appel aux fantasmes de l’enfance (Roman Signer, Stéphane Thidet), dialogue avec les chamanes et spirits (Kiki Smith, Henry Darger), convocation de l’occulte et des psychotropes, jusqu’à la chute assumée dans la 2ème partie plus sombre du parcours dans les sous sols avec notamment la Sorcière de Pierre Joseh.

S’il faut un grain de folie pour imaginer de tels défis il en fallait certainement aussi à Antoine de Galbert pour se lancer dans une telle aventure,
merci d’avoir rendu ce rêve possible !
et à bientôt pour les nouvelles aventures qui vous attendent…

Un catalogue coédité par les éditions Flammarion et La maison rouge accompagne l’exposition, 240 pages prix : 40 euros, en vente à la librairie.

Commissaires :
Antoine de Galbert
Bruno Decharme
Barbara Safarova
Aline Vidal

Autour de l’exposition : À l’occasion de la sortie du livre Fabio Mauri – Le passé en actes aux éditions Les presses du réel, Valérie Da Costa donnera une conférence le jeudi 28 juin à 19 h.

Performance musicale et littéraire de François Delvoye, le jeudi 27 septembre à 19 h

Infos pratiques :
L’envol
ou le rêve de voler
jusqu’au 28 octobre 2018
dernière exposition

Tarifs :
plein tarif : 10 euros
tarif réduit : 7 euros
lamaisonrouge.org/fr