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Lors de l’ouverture de la neuvième édition du Festival parisien Circulation(s) dédié à la jeune photographie européenne, notre critique Pascal Therme a interrogé le photographe français Mathieu Farcy. Il nous présente et commente sa série exposée au CENTQUATRE intitulée « Chers à canons ».

« Cette série est issue d’un travail plus large qui s’appelle « Méduse », qui explore le rapport entre le visage et l’identité chez les personnes défigurées. Chers à canons vient introduire ce travail plus global, ce sont des images d’archives de gueules cassées de la première guerre mondiale dont j’occulte la partie défigurée par une bande noire. C’est le diapason de tout le reste de ma démarche, avec mes travaux actuels et des patients défigurés. J’essaye de restaurer une possible humanité.« 

« Chers à canons » est la première partie d’une recherche documentaire autour du visage et de l’identité, un projet au long cours intitulé « Méduse ».

A partir de ces portraits de gueules cassées, Mathieu Farcy répare à sa manière les visages défigurés de survivants de la première guerre mondiale, aux séquelles physiques graves. Cette introduction à « Méduse » donne le diapason de sa démarche : faire ressentir la défiguration tout en protégeant les personnes qui en sont atteintes. La suite du travail présentera des collaborations avec des patient.e.s défiguré.e.s. Mathieu Farcy propose aux participant.e.s d’utiliser les arts visuels pour décharger, mettre à distance et partager leurs émotions.

Méduse, sœur gorgone aux cheveux de serpents, avait un visage si terrifiant qu’elle pétrifiait quiconque la voyait. Condamnée à la solitude, elle ne pouvait ni être vue, ni voir autrui. Persée dut, pour la tuer, la regarder à travers le reflet de son bouclier, déjouant ainsi son pouvoir de sidération.
Merci au musée du Val de Grâce, qui conserve ces photographies, de m’en avoir autorisé l’utilisation.

Né en 1985, Mathieu Farcy est un photographe français basé à Amiens. Il a d’abord été éducateur spécialisé avant de devenir photographe. L’intérêt qu’il porte à la parole et à la place d’autrui dans la société n’a cessé de nourrir sa pratique photographique. Ses différents travaux s’inscrivent dans une réflexion autour de ce qu’il nomme des “documentaires horizontaux”, dans lesquels il implique les participants et les considère comme tout autant responsables de la création que lui.
https://www.mathieufarcy.com/

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INFORMATIONS PRATIQUES

sam20avr(avr 20)14 h 00 mindim30jui(jui 30)19 h 00 minCirculation(s) 2019Festival de la Jeune Photographie Européenne104 – CENTQUATRE Paris, 104 rue d'Aubervilliers 75019 ParisType d'événement:Festival,Photographie

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