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Coup de Gueule de Stefana Fraboulet & Laetitia Guillemin : A-t-on encore besoin d’un(e) iconographe aujourd’hui ?

Temps de lecture : 1 minute et 37 secondes

Pour leur première carte blanche, nos deux invitées de la semaine, Stefana Fraboulet & Laetitia Guillemin co-présidentes à l’ANI (Association nationale des iconographes), ont souhaité publier une tribune coup de gueule sur l’avenir des iconographes. Elles partagent avec nous leur quotidien qui tend à disparaître. Car si nous avons conscience que la situation des photographes se détériore, il ne faut pas oublier qu’il y a, avec, beaucoup de métiers qui sont en asphyxie…

A-t-on encore besoin d’un(e) iconographe aujourd’hui ?

Visiblement non ! Ah bon ? Ben oui, mets-toi sur Google Images, c’est tellement plus intéressant, surtout quand on cherche un enfant tout sourire pour illustrer un encadré en quatrième de couv’ pour le journal Montreux Jazz Chronicle. Et là, on se retrouve avec la photo du petit Grégory, assassiné trente ans plus tôt, dans une publicité, pour la garderie d’enfants du célèbre festival de Jazz…

Le métier d’iconographe tend à disparaître. Partout où il y a besoin d’images, chacun fait à sa sauce !
Plus de contextualisation de l’image, pas d’auteur associé à la photo, une qualité parfois douteuse, des légendes hors contextes, et des images pas chères, voire gratuites,
Toutes les personnes dont ce n’est pas le métier s’improvisent iconographes. Le marché de l’offre et de la demande et l’arrivée du tout-numérique déstabilisent nos métiers de l’image.
La baisse des budgets liés aux achats des images et des productions, les services photos de plus en plus inexistants, une politique encore trop timide de la représentation visuelle sur le web, la précarité des iconos pigistes et freelances, la survie des agences photographiques et collectifs dans un monde saturé d’images par le tout-venant : tous ces facteurs contribuent à dévaloriser notre métier de passeur d’images.

Pourtant, notre culture visuelle et générale, notre connaissance des questions juridiques et des techniques de l’organisation des images, notre carnet d’adresses, sont les éléments importants et nécessaires à toute utilisation d’images dans des contextes et supports différents. Dans une telle situation, l’Association nationale des iconographes (ANI) prend tout son sens. En tant qu’association, nous cherchons à trouver des solutions pour faire notre métier dans les meilleures conditions professionnelles et financières.
Il est urgent de se fédérer, de réfléchir tous ensemble : faiseurs, passeurs et utilisateurs d’images, pour que tout le monde puisse vivre de son métier et apporter de la qualité et de la singularité dans les contenus, que ce soit, la presse, l’édition, la com’, le web, les institutions…

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