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J-1 : Tables rondes La Photographie en Danger !
Rendez-vous à Lille !

Temps de lecture : 4 minutes et 29 secondes

La photographie fête cette année ses 180 ans. Depuis son origine, elle n’a eu de cesse d’évoluer au même rythme que la société. L’un des changements majeurs en photographie a été marqué par l’arrivée du numérique au début des années 2000. Le métier en a été ébranlé, et de nombreuses structures n’ayant pu opérer ce virage digital ont disparu… les autres tiennent bon, mais fatiguent. Photographes, agents, iconographes, journalistes, centres culturels, institutions… C’est toute une profession qui est aujourd’hui au bord de l’asphyxie.
Lille est le point de départ d’une série de tables rondes itinérantes à Paris et en région pour une photographie durable.

A quelques jours de l’inauguration de l’Institut pour la Photographie de Lille, 9 Lives magazines et la Maison Photo vous accueille pour deux tables rondes le mardi 8 octobre à  18h00. La soirée se terminera par une projection de photographes des Hauts-de-France.

Entrée libre sur inscription en confirmant votre présence par mail à mphoto.communication@gmail.com

Finance, Santé, Parité : quelle situation aujourd’hui pour les photographes ?

Table ronde du mardi 8 octobre de 18:00 à 19:30

Pour cette première table ronde, nous recevrons Frédérique Founès, directrice de la maison de photographes Signatures et Présidente du CLAP (Comité de liaison et d’action pour la photographie). Des tarifs de piges de plus en plus bas, des délais de paiement de plus en plus longs, et une impunité à imposer aux photographes la gratuité dans les publications et dans les expositions nous précipitent à ce point de non-retour. La profession tire la sonnette d’alarme, et c’est ainsi qu’est né le mouvement #PayeTaPhoto, officialisé par la suite sous la forme de cette nouvelle organisation du CLAP rassemblant agences, collectifs et photographes…
L’état financier des photographes est préoccupant, mais qu’en est-il de leur santé ? Quelle couverture sociale ont-ils et comment fonctionnent leurs cotisations retraite ? Ce sont les questions auxquelles va répondre notre seconde intervenante Irène Jonas, sociologue et photographe, suite à une étude menée en collaboration avec le CEREQ (Centre d’étude et de recherches sur les qualifications).
Aujourd’hui, si être photographe est difficile, être une femme photographe l’est encore plus. Car la photographie n’échappe pas à la règle du patriarcat, bien au contraire. Moins visibles, peu exposées, rarement primées et moins bien payées, les femmes photographes subissent depuis des décennies une invisibilisation qu’il faut combattre. Parmi les militantes, nous recevrons Marie Docher, photographe et réalisatrice. À travers son blog Atlantes & Cariatides, elle a été l’une des premières à pointer du doigt les institutions et autres organisations sur le manque de présence des femmes photographes dans leur programmation. Avec la création du collectif La Part des Femmes, elle interpelle les décideurs pour combattre cette tendance à oublier les femmes en photographie. Elle nous parlera de leurs actions, de leurs déceptions, mais aussi de leurs victoires.

Intervenantes :

Irène Jonas est sociologue et photographe indépendante. Elle a publié plusieurs articles centrés sur le sociologie visuelle et un ouvrage sur la photographie de famille : Mort de la photo de famille? De l’argentique au numérique (éd. L’Harmattan, 2010). En parallèle à ses recherches sociologiques elle poursuit un travail photographique au sein de l’agence révélateur.
(http://www.irenejonas.fr)

Marie Docher est photographe et réalisatrice. Engagée depuis 2014 en faveur de l’égalité et de la diversité dans la photographie, elle a créé la plateforme « Visuelles.art : ce que le genre fait à l’art » pour laquelle elle réalise des interviews des acteurs du domaine artistique et de la recherche. Elle membre du collectif LaPartdesFemmes qui défend la place des femmes photographes. (Photo : © Bédi Topuz)

Après un DEA d’Audiovisuel, Frédérique Founès occupe en alternance le poste de responsable des relations presse et de chargée de production des expositions des Galeries photo de la Fnac. En 2005, elle rejoint l’association Les Petits Frères des Pauvres en tant que directrice marketing et participe à la création de la galerie de photographie sociale « Fait&Cause ». Elle intègre l’agence de presse Editing en 2002 en tant que directrice des projets culturels. En 2008, elle fonde avec Marie Karsenty, la maison de photographes Signatures qui collabore avec 50 photographes et les accompagne dans leurs projets documentaires.

Les organismes culturels de photographie en danger

Table ronde du mardi 8 octobre de 20:00 à 21:30

Au delà des photographes, c’est bien toute une profession qui est en danger. Dans cette seconde table ronde, nous allons nous intéresser aux organismes culturels qui luttent pour leur survie comme Jean-Marc Lacabe, directeur du Château d’eau de Toulouse. Depuis 45 ans cette galerie municipale offre un formidable écrin à la création photographique. Cependant l’un des lieux les plus emblématiques risque de disparaître face à la pression politique de la municipalité. Chaque année les subventions se réduisent et aujourd’hui la Mairie souhaite ouvrir le Château d’eau à la concurrence. Au tour d’Olivier Spillebout, directeur de la Maison Photo à Lille, de subir la suppression de ses subventions par la Mairie. Les raisons à cela ? Son désaccord face à l’ouverture de l’Institut de la Photographie à Lille et pour avoir dénoncé les aberrations d’un projet aux contours flous mettant à l’écart les structures locales existantes.
Même punition pour Christophe Laloi, directeur du festival Voies Off, qui accuse des coupes drastiques dans le budget d’un festival qui lutte pour sa survie depuis 25 ans. Une situation que ne semble pas connaître son « grand » frère des Rencontres d’Arles, avec ses quelques 7 millions d’euros de subvention…
Tous viendront exposer leur situation, et faire le point sur la politique culturelle menée aux quatre coins de France.
Nous aurons également l’architecte frichier, Matthieu Poitevin, qui nous expliquera l’importance de renouveller d’anciennes friches industrielles en lieux culturels…

Intervenants :

Né à Tourcoing, Olivier Spillebout est un éducateur sportif qui a commencé sa carrière dans la création et la gestion de clubs de sport. Passionné de photographie, il décide en 1997 de transformer une usine abandonnée de Lille, en espace muséal dédié à la photo. Il crée ainsi la Maison de la Photographie, dont l’action est centrée depuis plus de 20 ans sur le soutien à la création, à la production et à la diffusion des artistes ainsi qu’à la promotion, au delà des frontières, de la création régionale. En 2000, il initie le festival Transphotographiques, dont il dirige chaque année la programmation, tournée vers la jeune création photographique Européenne et les échanges avec Galeries et festivals internationaux.

Jean-Marc Lacabe (1952) a fondé l’ARPA (Action et Recherche Photographique en Aquitaine) en 1978. Il organisa de nombreuses expositions et fut directeur artistique de deux festivals ; il contribua ainsi au mouvement de reconnaissance de la photographie comme art, en France. Depuis 2001, il dirige Le Château d’Eau à Toulouse. Sa programmation, inscrite dans une démarche d’éducation des publics, articule expositions de grands noms de la photographie et ouvertures aux photographes émergeants et artistes usant de la photographie.

Christophe Laloi est le directeur artistique du festival Voies Off à Arles, qu’il a créé en 1996.

Matthieu Poitevin, architecte.

INFORMATIONS PRATIQUES
Table ronde du mardi 8 octobre 2019 à 18h.
Maison Photo
28, rue Pierre Legrand
59000 Lille
http://www.maisonphoto.com

Entrée libre sur inscription en confirmant votre présence par mail à mphoto.communication@gmail.com

A LIRE :
Rencontre avec Frédérique Founès : Lancement du CLAP dans la continuité du mouvement #PayeTaPhoto
Marie Docher, photographe, est notre invitée de la semaine
Irène Jonas, photographe et sociologue, est notre invitée
Rencontre avec Olivier Spillebout : L’Institut de Photographie « La place de l’artiste a été oubliée alors qu’il est au coeur du sujet » !
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