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Partager Partager Pour sa quatrième et dernière carte blanche, notre invité·e de la semaine, Coline Miailhe, Directrice du Bus – espace culturel, partage avec nous un manifeste pour une éducation (à la photographie) artistique et populaire, plaçant au cœur de sa réflexion la question du visible et de l’invisible. À travers ce texte, Coline affirme son engagement en faveur d’une démocratie culturelle et de l’accès à une éducation artistique et populaire. QUE FAIT-ON DU VISIBLE ET DE L’INVISIBLE ? MANIFESTE POUR UNE ÉDUCATION (À LA PHOTOGRAPHIE) ARTISTIQUE ET POPULAIRE « Celui qui ne rit pas ne peut pas imaginer le monde » Erri de Luca Un principal de collège qui censure une exposition contenant des portraits photographique de femmes représentées selon les codes classiques du nu féminin. Une exposition au propos féministe, vandalisée par des individu·es aux gestes clairement masculinistes. Des parent·es d’élèves qui s’insurgent que l’on puisse présenter à leurs enfants, pendant le temps scolaire, le portrait d’une femme noire et ronde. Des portraits de femmes issues de l’immigration, pris en otage par un groupe d’extrême-droite. © Coline Miailhe À n’en pas douter, l’art photographique est bien politique ! Serait-il possible de le donner à voir sans qu’il engendre censure, dégradation, ou toutes autres formes de violence symbolique, mais plutôt débat politique, dans son sens le plus premier ? Non pas la communication entêtée qui investit souvent l’espace médiatique à la manière d’un ring de boxe. Mais plutôt l’échange constructif entre plusieurs personnes bien décidées à s’écouter, à entendre le point de vue de l’autre et à venir l’alimenter du sien, en toute bienveillance. Et cheminer ainsi ensemble jusqu’à un nouveau schème de pensée, dont chacun·e pourra s’emparer pour poursuivre son expérience du monde. Oui, cela semble possible, si l’on considère, comme l’explique si clairement Marie-José Mondzain, que l’image n’est qu’un objet, auquel ont attribue parfois bien trop de pouvoir : « C’est parce qu’on traite l’image comme un sujet, qu’on la soupçonne de pouvoir abuser de sa puissance. » L’image peut-elle tuer, Bayard éditions 2015 Oui, cela semble possible, si pour nous, comme pour Jacques Rancière, les images sont bien plus que de simples visibilités, des objets de nature hétérogène, qui génèrent de l’altérité : « Premièrement, les images de l’art sont en tant que telles, des dissemblances. Deuxièmement, l’image n’est pas une exclusivité du visible. Il y a du visible qui ne fait pas image, il y a des images qui sont toutes en mots. » Le destin des images, La fabrique éditions, 2003 Tous les objets du visible ne sont donc pas forcément des images. Et ce qui est essentiel dans l’image relèverait finalement plus souvent de l’invisible. Dans cette perspective, le regard devient un acte complexe qui, bien au-delà du voir, fabrique nos manières de vivre ensemble et de penser le monde. Donnons-nous alors les moyens, le temps, d’apprendre à regarder. Donnons-nous les moyens d’une éducation à la photographie qui serait à la fois artistique et populaire. En ce qu’elle placerait au centre, l’œuvre et celui ou celle qui la regarde, sans hiérarchie. Le regard est une relation complexe entre chaque image et chaque personne qui lui fait face. Et le rôle du médiateur ou de la médiatrice culturel·le n’est pas de s’y interposer mais bien de dévoiler cette relation. En complément de l’éducation artistique et culturelle proposée par l’école, nous avons besoin d’une éducation à la photographie qui prend sa base dans la sphère du social, de l’humain, de l’expérience sensible et du vivant. Qui forme des sujets pensant, au regard aiguisé et aux oreilles assez humbles pour entendre les autres. Qui revendique la légitimité de tous·tes les individu·es à s’exprimer, à valeur égale, sur les images. Qui ouvre la possibilité, à tout âge et dans toute circonstance de la vie, de se servir de la photographie comme un pouvoir d’émancipation. Qui laisse derrière elle toute forme d’élitisme ou de sacralisation creusant encore ces clivages que l’on connaît trop bien. Qui évacue la question de la connaissance sur l’art, invitant souvent celle ou celui qui regarde à une forme de passivité, pour la remplacer par l’action, le faire, le débat, le geste, l’expérience, bref, par l’engagement d’un·e individu·e qui existe dans toute sa dimension citoyenne. Une éducation à la photographie qui peut dire merci à l’existence d’outils (et à celles ou ceux qui les ont créés) tels que Les mots du clic du Pôle photographique Stimultania. À l’existence de formations à la Philosophie pour les enfants, telles que celles animées par l’Association SEVE. A l’existence de projets éditoriaux tels que Imaginer-voir, d’Evelyn Fischer-Lenotte. Merci encore à des penseuses de la médiation culturelle comme Camille Monmège-Geneste, directrice du Labo des Cultures, ainsi qu’à toutes et tous les photographes engagé.es dans de véritables démarches de co-création. Merci à toutes celles et ceux, bien déterminé·es à laisser la place avant tout à l’autre dans l’expérience de l’image, et cela bien au-delà du simple fait de « participer à un atelier ou à un projet photographique ». Une éducation artistique et populaire qui s’engage, qui s’émeut, qui s’indigne parfois et qui s’amuse le souvent possible. Une éducation à la photographie joyeuse, dans son sens politique le plus intime. https://www.lebus-espaceculturel.com/ Marque-page1
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