Pour sa deuxième carte blanche, notre invitée de la semaine, la curatrice française Marion Gardair, nous présente le travail du cinéaste et artiste plasticien Sacha Teboul. Elle a choisi de mettre en lumière une œuvre construite à partir d’images anciennes collectées, photographies et vidéo, puis transférées sur des supports industriels, sur lesquels l’artiste intervient plastiquement. À travers ce travail de transformation et de réappropriation, Sacha Teboul interroge « nos images survivantes et les formes qui continuent de hanter nos regards ».

J’ai découvert lors de la dernière édition du Salon de Montrouge le travail du cinéaste et plasticien Sacha Teboul, diplômé des Beaux-Arts de Paris et de la Fémis.

Dans son travail, l’artiste interroge les archétypes, ces motifs qui infusent notre imaginaire collectif et les empreintes qu’ils y laissent. Il entremêle images anciennes glanées, photographies et extraits de vidéos personnels, qu’il transfère sur des supports industriels, et transforme en les baignant d’encre et en les grattant. Ces images éraflées procèdent d’un déplacement du sens, d’un glissement de la perception. On ne saurait vraiment les dater, bien que des indices surgissent çà et là.

Sacha Teboul, Parmi les ruines, 2025. Photographies transférées sur acier, vernis acrylique. 350x170x3cm.

Cette temporalité flottante fait écho au concept de la « survivance des images » théorisé par l’historien de l’art Aby Warburg (1866-1929). Les images ne meurent pas : elles survivent à travers le temps, transportant une mémoire émotionnelle et gestuelle qui resurgit dans les formes contemporaines.

Fasciné par la figure des corps pétrifiés de Pompéi, Sacha Teboul présentait à Montrouge Parmi les ruines, une installation composée de triptyques de photographies transférées sur plaques d’acier. Ayant visité Pompéi il y a quelques années, j’ai été happée par ce travail qui perturbe nos représentations du site archéologique pour mieux raconter les projections intimes que nous y déposons. Loin des images d’Épinal, l’artiste bouscule jusqu’à la “palette mentale” que nous nous faisons de ce haut lieu du tourisme culturel, en plongeant l’un de ses triptyques dans un bleu intense. Presque méconnaissables, les ruines de Pompéi se révèlent ici par bribes. Sacha Teboul interroge dans son travail nos images survivantes et les formes qui continuent de hanter nos regards. Il prépare actuellement son premier long métrage, qui se déroulera à Naples et Pompéi…

https://www.instagram.com/sacha.teboul/

La Rédaction
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