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Partager Partager La Saif est née en 1999 afin de permettre aux photographes d’accéder à la gestion collective. Aujourd’hui, elle réunit près de 9 000 sociétaires, dont les deux tiers sont des photographes. Olivier Brillanceau a été l’acteur principal de la création de cet OGC. Venant de faire valoir ses droits à la retraite, il laisse sa place à Églantine de Boissieu, nouvelle directrice générale, qui a pris ses fonctions le 1er janvier. Dans notre entretien, elle partage sa vision pour défendre les auteur·ices pour une meilleure justice économique et partage de la valeur. Ericka Weidmann : Vous venez d’être nommée à la tête de la Saif, succédant à Olivier Brillanceau, directeur général depuis sa création. Pouvez-vous revenir sur votre parcours ? Églantine de Boissieu : J’ai passé la première partie de ma carrière à l’étranger. J’ai travaillé dans la diplomatie culturelle, au sein de missions pour le Quai d’Orsay. J’ai été en poste en Indonésie, au Vietnam, et mon dernier poste était celui d’attachée culturelle à l’ambassade de France à Stockholm. C’est à ce moment-là que j’ai resserré ma spécialisation sur les industries culturelles. Au bout de quelques années, j’ai ressenti le besoin de m’impliquer de manière plus opérationnelle. Si j’ai passé toute ma vingtaine à travailler sur des projets artistiques et à valoriser la production artistique française, il me manquait une compréhension de la manière dont ces œuvres étaient produites. Portrait d’Eglantine de Boissieu © Félix Vigné Je suis alors rentrée en France et j’ai créé une association ayant pour vocation de produire et de diffuser des projets, majoritairement dans le secteur musical. J’ai notamment développé un orchestre de musique expérimentale, des projets de territoire, etc. C’est à travers cette expérience que j’ai compris toutes les difficultés liées à la mise en œuvre de ce type de projets, notamment d’un point de vue financier, mais aussi parce que les auteur·ices n’étaient pas encore pleinement dans mon champ de vision. « C’est ainsi que je me suis retrouvée à travailler pour le Syndicat français des compositrices et compositeurs de musique contemporaine. Je m’y suis engagée pleinement, ressentant une sorte de dette… la dette d’avoir, par ignorance, peut-être maltraité ces gens. Une ignorance qui n’est pas excusable : j’aurais dû me demander comment vivaient réellement les auteur·ices. J’ai alors pu mesurer la précarité de ce statut instable, à cheval entre un droit d’auteur censé être rémunérateur et un manque de protection sociale. » Par la suite, je suis revenue à l’institutionnel et j’ai travaillé pour la Maison de la Musique Contemporaine (MMC), où j’étais en charge de l’accompagnement professionnel, une activité comparable à l’action culturelle des OGC (ndlr : Organismes de gestion collective tels que la Saif). C’est là que j’ai vraiment pu explorer les questions liées à l’autorat et mesurer toute la difficulté du statut d’artiste auteur·ice. Ça a été une révélation, voire un choc. J’avais, je pense, une vision romantique des artistes : une vocation, un sacrifice, un sacerdoce. Je n’avais pas conscience que c’était un vrai travail et à quel point il pouvait être laborieux. Dans ma tête, sans que ce soit conscientisé, ils étaient dans une catégorie à part et n’étaient pas considérés comme des travailleur·euses. C’est ainsi que je me suis retrouvée à travailler pour un syndicat d’artistes auteur·ices : le Syndicat français des compositrices et compositeurs de musique contemporaine (SMC). Je m’y suis engagée pleinement, ressentant une sorte de dette… la dette d’avoir, par ignorance, peut-être maltraité ces gens. Une ignorance qui n’est pas excusable : j’aurais dû me demander comment vivaient réellement les auteur·ices. J’ai alors pu mesurer la précarité de ce statut instable, à cheval entre un droit d’auteur censé être rémunérateur et un manque de protection sociale. Au sein du SMC, j’ai contribué activement à la mise en place d’un dialogue avec une constellation de syndicats d’auteur·ices dans différents secteurs de l’autorat. Nous avons cherché à lancer une dynamique intersyndicale, et c’est ainsi que j’ai commencé à collaborer avec les syndicats des arts visuels, notamment ceux des plasticiens et plasticiennes. Et là, surprise : j’ai découvert qu’il y avait pire situation que dans la musique contemporaine… c’était dans les arts visuels. Je me suis également interrogée sur la gestion collective. À la Sacem, par exemple, le partage de la valeur est indexé sur le succès de l’œuvre, et non sur le travail fourni. Dans la musique contemporaine, une œuvre peut connaître le succès cinquante ans après sa création et sa première diffusion. Pourtant, là où elle contribue réellement à une valeur économique majeure, c’est dans le renouvellement artistique. Or, la gestion collective, telle qu’elle est pratiquée dans la musique et ailleurs, ne prend absolument pas cela en compte. Olivier Brillanceau © Pierre Ciot Ma rencontre avec la Saif a été décisive, survenue au moment où Olivier Brillanceau allait faire valoir ses droits à la retraite. L’organisation était alors en réflexion sur sa succession. Cette transition est importante, car je remplace quelqu’un qui a littéralement créé cette OGC, l’a portée à bout de bras pendant des années et en a été le visage dans tous ces combats. E.W. : La Saif est aujourd’hui relativement bien identifiée, mais pouvez-vous revenir sur ce qu’est exactement la Saif et quel est votre rôle à sa tête ? E.d.B. : Le rôle d’une OGC est de collecter des droits que les auteur·ices, individuellement, ne peuvent pas récupérer. Ils confient un mandat à la Saif pour défendre leurs intérêts et leurs rémunérations, des rémunérations qui ne pourraient être obtenues autrement que par des accords ou des licences. Il existe tout un arsenal juridique qui permet de faire l’intermédiaire entre l’argent dû aux auteur·ices au titre du partage de la valeur et les entreprises qui ne peuvent pas verser directement ces sommes aux artistes. Mais cette fonction d’intermédiaire est aussi politique : il s’agit de faire valoir les droits de nos sociétaires. Ce qui est particulier, c’est que le droit d’auteur protège les œuvres, ce sont donc les œuvres que l’on défend, et non directement les auteur·ices. À la Saif, nous souhaitons vraiment être au service des sociétaires plutôt que de leurs œuvres. Dans ce cadre, nous devons défendre ces droits de façon globale, en prenant en compte la réalité économique du métier. Une autre particularité des arts visuels, photographie incluse, est que ce secteur n’est pas une industrie et qu’il n’existe pas de système économique établi. Il paraît donc logique de défendre directement les personnes. On se retrouve donc un peu à cheval entre le droit d’auteur, qui est notre raison d’être, et le droit des auteur·ices, que nous avons à cœur de faire vivre concrètement. « Le principe fondamental de la Saif, c’est la démocratie : chaque sociétaire a une voix. Dans d’autres OGC, le pouvoir des sociétaires est censitaire, déterminé en fonction de ce qu’ils gagnent. Chez nous, ce n’est absolument pas le cas. Ce principe d’égalité est central dans nos statuts, dans notre fonctionnement, mais aussi dans notre projet de manière plus générale. » Le rôle de l’OGC est de défendre le travail de nos sociétaires, et j’insiste sur ce mot : travail. Et comme tout travail mérite rémunération, nous défendons le droit à être payé, le droit d’avoir sa part du gâteau. Nous nous efforçons également de protéger les auteur·ices contre la prédation de l’intelligence artificielle, mais aussi contre les pratiques abusives des les acteurs numériques. Quant à mon rôle, il consiste à mettre en œuvre le projet défini par le conseil d’administration. Le principe fondamental de la Saif, c’est la démocratie : chaque sociétaire a une voix. Dans d’autres OGC, le pouvoir des sociétaires est censitaire, déterminé en fonction de ce qu’ils gagnent. Chez nous, ce n’est absolument pas le cas. Ce principe d’égalité est central dans nos statuts, dans notre fonctionnement, mais aussi dans notre projet de manière plus générale. Rien ne se fait sans discussion, validation et confrontation avec les différents métiers représentés : photographes, plasticiens et plasticiennes, sculpteurs et sculptrices, illustrateurs et illustratrices, etc. Mon rôle est donc de mettre tout cela en œuvre tout en respectant les valeurs de la Saif, qui reste avant tout un objet politique, défendant une vision du partage de la valeur et du travail artistique. « Le principal sujet de fond est la justice économique : veiller à ce que les auteur·ices, sur qui repose l’entièreté des industries créatives et culturelles, ne soient pas lésé·es et puissent avoir accès à la valeur qu’ils et elles produisent. […] Se posent aussi des enjeux de justice sociale. […] Il existe de fortes inégalités d’accès à ces métiers de création. Pour que tou·tes celleux issu·es de minorités de genre, de classe ou de race puissent pleinement accéder à ces métiers, il est nécessaire de garantir une justice économique. » E.W. : Y a-t-il des sujets que vous souhaitez porter tout particulièrement ? E.d.B. : Oui, il y a à la fois des sujets de fond et une manière de faire qui me tiennent particulièrement à cœur. Le principal sujet de fond est la justice économique : veiller à ce que les auteur·ices, sur qui repose l’entièreté des industries créatives et culturelles, ne soient pas lésé·es et puissent avoir accès à la valeur qu’ils et elles produisent. Au sein de cette justice économique, se posent aussi des enjeux de justice sociale. Lorsqu’on parle d’autorat, on parle d’un groupe sans genre, sans classe, sans race. Or, en réalité, il existe de fortes inégalités d’accès à ces métiers de création. Pour que tou·tes celleux issu·es de minorités de genre, de classe ou de race puissent pleinement accéder à ces métiers, il est nécessaire de garantir une justice économique. Aujourd’hui, malheureusement, dans les arts visuels, les conditions requises pour exercer ce métier exigent souvent d’avoir un environnement capable de soutenir sa carrière : un·e conjoint·e, un entourage, une aide matérielle familiale… Tous ces enjeux sont, à mon sens, directement liés à la justice économique. Et lorsqu’on parle de justice économique, il ne s’agit pas seulement de la précarité bien connue de l’autorat : s’y ajoute désormais l’arrivée de l’intelligence artificielle, notamment générative, qui rend ce combat, cette ambition, quasiment impossible. C’est un défi que j’ai envie de relever de toute urgence. « Et sur la manière de faire, il s’agit de l’aborder avec des valeurs féministes, de coopération, de prise en compte des points de vue des autres, ainsi que des valeurs d’empathie et de sororité. C’est tout le challenge : combattre avec courage et détermination, tout en restant en accord avec mes convictions. Tous les moyens ne sont pas bons, mais il faut réussir. On ne peut pas écraser l’autre pour gagner, mais en même temps, il faut qu’on réussisse. » Et sur la manière de faire, parce que ce combat peut parfois ressembler à une bataille à la Don Quichotte ou à un David contre Goliath, il s’agit de l’aborder avec des valeurs féministes, de coopération, de prise en compte des points de vue des autres, ainsi que des valeurs d’empathie et de sororité. C’est tout le challenge : combattre avec courage et détermination, tout en restant le plus possible en accord avec mes convictions. Tous les moyens ne sont pas bons, mais il faut réussir. On ne peut pas écraser l’autre pour gagner, mais en même temps, il faut qu’on réussisse. E.W. : Si je suis un·e artiste auteur·ice, comment puis-je rejoindre la Saif ? Faut-il justifier d’une certaine rémunération pour devenir sociétaire ? E.d.B. : Là encore, notre particularité est de prendre en compte le travail fourni, et non la rémunération. Pour adhérer à la Saif, il faut justifier de sa qualité d’auteur·ice : cela peut se faire par une attestation URSSAF, une carte de presse, ou encore la preuve de trois diffusions dans les trois dernières années (parutions, cartons d’invitation d’exposition, etc.). Il faut également verser une part sociale d’un montant de 15,24 € pour la vie et 70 ans après notre mort. E.W. : Vous avez longtemps évolué dans le secteur de la musique. Pensez-vous qu’il y ait des solutions issues de ce milieu dont on pourrait s’inspirer dans les arts visuels ? Je prends un exemple assez simple : aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, il est presque impossible de publier de la musique sans détection pour le droit d’auteur, alors que l’on peut publier n’importe quelle photo. E.d.B. : L’industrie musicale a connu une crise existentielle au début d’Internet avec le peer-to-peer, et même avant, avec les copies sur CD. Elle a réussi à faire valoir le droit d’auteur de manière extrêmement efficace, malgré le temps que cela a pris. C’est de cette pugnacité que nous pouvons nous inspirer. Cependant, ce qui a fonctionné pour les œuvres musicales est beaucoup plus difficile à appliquer aux arts visuels, en raison de la quantité astronomique d’œuvres circulant en ligne et de la difficulté à créer des métadonnées. En ce moment, on parle beaucoup de watermark. Pour l’IA, c’est encore plus complexe, car elle peut à la fois servir à tracer les œuvres et à exercer un opt-out (ndlr : protocole permettant de refuser l’utilisation de ses données). Dans le domaine musical et audiovisuel, la situation est déjà complexe ; pour les arts visuels, à mon sens, c’est quasiment irréalisable. Mais je ne pense pas que ce soit un enjeu technique : c’est surtout une question de volonté. Dans la musique, le combat pour encadrer l’usage des morceaux protégés sur les réseaux sociaux a été mené avec efficacité grâce à la puissance de la Sacem, qui s’appuie sur l’industrie musicale. Dans notre secteur, nous n’avons pas cette force. Je crois néanmoins que l’on peut s’inspirer de cet état d’esprit : il faut persévérer, mais avec pédagogie, pour ne pas qu’on nous accuse de « bloquer l’accès à la culture » avec le droit d’auteur, reproche qui a pu être à l’époque fait à la Sacem. E.W. : Comment voyez-vous la Saif dans cinq ans ? « L’IA donne l’impression d’être efficace parce qu’elle a été nourrie par le travail volé aux auteur·ices. Ces derniers·ères se retrouvent mis en concurrence avec des contrefaçons de leurs propres œuvres. C’est d’une violence extrême. Il faudra également que l’exception TDM permettant la fouille de données à des fins commerciales, ne soit plus autorisée et que les auteur·ices obtiennent réparation pour ce vol. » E.d.B. : Je la vois avec plus de salarié·es, car nous traversons depuis plusieurs années une crise de croissance. Les équipes, par ailleurs extrêmement engagées et compétentes, sont actuellement surchargées de travail. Il est indispensable que nous puissions offrir des conditions de travail dignes, en cohérence avec ce que nous défendons. Je pense que l’on doit convaincre beaucoup plus d’auteur·ices des arts visuels de l’importance de la gestion collective et de les inciter à nous rejoindre pour mener, avec nous, ce combat pour la justice économique. Enfin, je vois aussi une structure très engagée auprès de ses partenaires syndicaux, travaillant main dans la main avec les syndicats et les différentes organisations professionnelles. L’un des enjeux du droit d’auteur, c’est d’interroger et de faire évoluer le système, sans forcément le remettre en question de façon négative, mais en le questionnant pour mieux l’adapter. J’espère également qu’au fil du temps, nous aurons avancé (un peu) avec les fournisseurs d’IA. Il y a un important travail de plaidoyer à mener pour faire comprendre le grave danger que représente l’IA : elle donne l’impression d’être efficace parce qu’elle a été nourrie par le travail volé aux auteur·ices. Ces derniers·ères se retrouvent mis en concurrence avec des contrefaçons de leurs propres œuvres. C’est d’une violence extrême. Dans cinq ans, il faudra également que l’exception TDM (ndlr : Text and Data Mining), permettant la fouille de données à des fins commerciales, ne soit plus autorisée et que les auteur·ices obtiennent réparation pour ce vol. Enfin, toujours dans cinq ans, la Saif sera toujours à la disposition des auteur·ices pour les aider, individuellement, à négocier et faire valoir leurs droits, et, si nécessaire, à aller en justice. Nous avons une permanence juridique dédiée à cet accompagnement. Face à tous ces défis, je crois que nous devons avancer main dans la main. Plus nous serons nombreux à accompagner les auteur·ices, mieux nous pourrons défendre leurs droits et leur travail. https://saif.fr/ À LIRE Carte blanche à Pierre Ciot : Pourquoi les photographes ne sont pas à la SAIF ? Pierre Ciot, photographe et Président de la Saif, est notre invité Saif : l’activité de la société d’auteurs en hausse malgré la crise ! 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