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Partager Partager Le Prix Marcel Duchamp 2025 se relocalise au Musée d’art moderne de Paris avec comme finalistes : Eva Neilsen, Lionel Sabatté, Bianca Bondi et Xie Lei. Dans une installation immersive très impactante la démarche de Bianca Bondi se détache. L’artiste, découverte par la galerie 22,48m2 et révélée lors de la Biennale de Lyon 2019 est désormais représentée par la galerie mor charpentier. Elle a bénéficié de nombreuses expositions en France (Voyage à Nantes, Lille 3000, macLYON..) et à l’international (Villa Médicis, Busan Biennale, Museum Frieder Burda…). Ses recherches autour de la symbolique des matériaux à partir de leur activation chimique donnent lieu à des paysages mouvants, des memento mori évolutifs. L’écologie est au cœur de ses enjeux. Bianca a répondu à mes questions. Bianca Bondi, vue de l’installation Prix Marcel Duchamp 2025 Adiaf Musée d’art moderne de Paris photo Nicolas Brasseur Comment avez-vous réagi à l’annonce du Prix ? Cela fait près de vingt ans que je vis en France, et depuis presque tout ce temps je vais voir l’exposition des artistes nommé.es. Me retrouver à mon tour parmi eux me paraît irréel, comme un rêve auquel je n’aurais même pas osé croire. Portrait de Bianca Bondi à la Villa Médicis photo Daniele Molajoli Vous proposez une vaste installation dont nous avions vu une partie à la Biennale de Lyon, dans une version augmentée Je pensais au moment où mon travail a commencé à être reconnu en France, c’était avec la Biennale de Lyon en 2019 et cette « cuisine ». Avec le recul, je constate qu’un fil rouge traverse ma pratique : une volonté constante de représenter une forme de domesticité où les humains se révèlent surtout par leur absence. On ressent une présence qui n’est plus là. Tout semble vivant, il y a une véritable aura du vécu, l’oeuvre est vivant à travers la matière. La maison est renforcée comme motif, qu’il s’agisse de la maison de l’abeille, la ruche présentée dans la première salle, ou d’une maison intemporelle, une maison du subconscient, voire du subconscient collectif. Comme la situation actuelle du monde nous affirme, la maison n’est plus un lieu de protection, mais plutôt un espace qui nous accompagne, un espace-temps sacré. Pour moi, qui suis multiculturelle sans appartenir à un territoire précis, les souvenirs de la maison ou de mes ancrages culturels se sont peu à peu estompés. La maison est devenue avant tout un espace mental. C’est pour cela que j’ai voulu créer un lieu où l’on reconnaît des pièces familières : la chambre, la cuisine mais qui se projettent sur les murs. Un espace à la fois reconnaissable et étrange : les meubles sont communs, ils rappellent ceux de nos parents ou grands-parents, comme la cuisine en formica, mais l’ensemble reste irréel, presque onirique. L’œuvre me surprend moi-même, car elle est vivante : l’humidité grimpe sur les murs, les verres débordent, l’eau remonte des vases, les couleurs changent sur les monticules de sel. Les dépôts et traitements chimiques transforment peu à peu la matière : des arcs-en-ciel apparaissent, des teintes s’éteignent. À un endroit tout était violet, mais à l’heure actuel ce sont des tonalités d’oranges, et des bleus qui sont apparus. Bianca Bondi, vue de l’installation Prix Marcel Duchamp 2025 Adiaf Musée d’art moderne de Paris photo Nicolas Brasseur Le lit est positionné de façon assez étrange Oui. En fait, le lit provient d’œuvres précédentes, car pour moi il est essentiel de rester cohérente jusque dans la dimension écologique : à la fin d’une installation, je recycle les éléments, je redistribue le sel… Ici, ce qui, de loin, peut évoquer une robe de princesse ou un simple drap, révèle de près les marques d’oxydation — beaucoup moins poétiques. Ce drap a été faits des nappes en soie réalisés pour des tables de brasserie proviennent d’une installation que j’avais réalisée pour Lille 3000 il y a quelques années. Dans le placard, on retrouve encore des bocaux issus de la cuisine présentée à Lyon, contenant des céréales qui n’ont pas bougé depuis 2018 : une sorte de capsule temporelle qui en dit long sur la santé et sur notre consommation. Les vases en verre, dont certaines réalisés comme des répliques de modèles antiques romains, se mettent à couler et dégouliner sur un placard brûlé. Bianca Bondi, vue de l’installation Prix Marcel Duchamp 2025 Adiaf Musée d’art moderne de Paris photo Nicolas Brasseur Au niveau des plantes, ce sont des espèces endémiques ? La première fois que j’ai présenté l’installation “Perennial truths..” à la Villa Médicis, il s’agissait effectivement de plantes endémiques locales, choisies pour être ensuite replantées dans les jardins de la Villa. L’idée était de surligneur une détache circulaire dans la production des œuvres mais en allant plus loin, voir si l’on pouvait attirer les abeilles naturellement dans des ruches abandonnés et contribuer à lutter contre les frelons, dans une logique de « réensauvagement », inspirée de la biologie de la conservation. Ici, j’ai travaillé avec des espèces récurrentes dans ma pratique, comme l’amarante. Son nom commun en anglais est Love Lies Bleeding. Originaire d’Amérique centrale, elle était très présente dans les rites funéraires mayas, destinée à favoriser le passage entre la vie et la mort. Mon travail est toujours traversé par une dimension mystique, car je souhaite montrer que le monde est fait de strates, et que l’invisible est une part essentielle de notre réalité. À travers cette fascination pour le mysticisme, je cherche à élargir notre perception du réel : il ne se réduit pas à sa dimension physique, il relève aussi de l’expérience sensible. C’est pourquoi j’invoque régulièrement des références scientifiques, et pourquoi j’utilise le sel, dont l’impact agit à la fois sur la matière et sur le corps. Il se dégage un côté très cinématographique également Oui, absolument. On peut évoquer l’atmosphère de Citizen Kane, mais aussi l’esthétique des films de la Hammer Studios ou encore de Great Expectations. Prochaine étape du Prix : > Annonce de l’artiste lauréat le jeudi 23 octobre 2025 au Musée d’Art Moderne de Paris. Membres du Jury 2025 : Xavier REY, Directeur du Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris, Président du Jury Claude BONNIN, Collectionneur, Président de l’ADIAF Akemi SHIRAHA, Représentante de l’association Marcel Duchamp Laurent DUMAS, Président du conseil d’administration de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris Fabrice HERGOTT, Directeur du Musée d’art moderne de la ville de Paris Ann Veronica JANSSENS, Artiste (Belgique/Royaume-Uni) Yan PEI-MING, Artiste (Chine/France) Patrizia SANDRETTO RE REBAUDENGO, Collectionneuse (Italie) Manuel SEGADE, Directeur du Musée national centre d’art Reina Sofia (Espagne) Aurélie VOLTZ, Directrice du Musée d’art contemporain de Saint-Étienne Métropole À LIRE Lire en complément mon interview de Xie Lei à la galerie Semiose (lien vers). INFOS PRATIQUES : Prix Marcel Duchamp 2025 Exposition jusqu’au 22 février 2026 Musée d’Art Moderne de Paris 11 Avenue du Président Wilson 75116 Paris https://www.mam.paris.fr/fr/expositions/exposition-prix-marcel-duchamp-2025 https://www.adiaf.com/ Marque-page0
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