Pour sa seconde carte blanche, notre invitée de la semaine, Sabine Guédamour co-fondatrice du festival Comme des images, nous dévoile la programmation de cette première édition composée d’une résidence de création sur le territoire confiée à Fred Delangle, des expositions allant du photojournalisme à la mode en explorant la pratique des procédés anciens tels que le cyanotype ou le platine-palladium. Une première édition qui n’a pas peur de viser haut.

Le festival de photographie de Provins « Comme des images », premier événement du genre à Provins en Seine-et-Marne.

Dès le départ, nous avons bénéficie du soutien de la mairie mais le festival a pu concrétiser et se préparer grâce à l’accompagnement extraordinaire d’Olivier Bourgoin via l’agence Révélateur. À cela s’est ajoutée l’aide indéfectible et rassurante d’acteurs de la scène photographique parisienne – galeristes et artistes, tireurs … – qui ont bien voulu participer et nous aider.

Pour cette première édition, l’événement s’articulera autour de quatre expositions et d’une projection, dont la restitution de la résidence d’artiste.

La résidence d’artiste : Mettre Provins en images

Nous avons immédiatement souhaiter associer à nos expositions un appel à candidatures pour une résidence d’artistes ancrée sur le territoire.

L’idée était d’inviter un photographe professionnel possédant une écriture visuelle forte et une identité artistique bien définie, afin qu’il développe une série inédite sur notre ville. Pour cette première édition, nous nous concentrons sur Provins, avec l’ambition de nous élargir par la suite à la communauté de communes pour faire découvrir toute notre région. À travers cet appel à candidatures, nous tenions absolument à soutenir les professionnels du secteur en leur proposant une véritable création contemporaine rémunérée.

Pour un coup d’essai, ce fut une réussite : nous avons reçu 49 projets extraordinaires, explorant des directions très variées (approches conceptuelles, artistiques, photojournalisme ou recherches axées sur des pans méconnus de l’histoire locale).

Pour nous guider dans cette sélection difficile, Sébastien et moi avons fait appel à une marraine : la galeriste Esther Woerdehoff, avec qui j’ai eu la chance de travailler pendant près de dix ans. Son expertise nous a permis d’établir une première sélection de six finalistes aux propositions extrêmement riches et diversifiées (architecture, travail sur les quartiers, la jeunesse provinoise…).

Le choix final incombait à nous deux, au maire, au directeur des affaires culturelles ainsi qu’aux attachés à la culture de la ville et de la communauté de communes. Après de longues discussions, c’est finalement le projet de Fred Delangle qui a été désigné lauréat. Son travail, d’une grande poésie, fait écho au passé de la cité. Le photographe avait déjà exploré de grands comptoirs commerciaux historiques, comme Venise, mais à la nuit tombée – capturant ces lieux bouillonnants le jour dans le calme de l’obscurité. Il a appliqué cette démarche à Provins, nous offrant une image oubliée ou fantasmée de la ville, telle qu’elle pouvait exister avant l’avènement de l’électricité. Ce regard extérieur, posé sur des bâtiments et des ruelles que les habitants connaissent par cœur, redéfinit magnifiquement notre perception de l’espace urbain.

Provins © Fred Delangle

Cette résidence a donné naissance à une vingtaine d’images majeures. Elles seront exposées dans un écrin exceptionnel : l’Eglise Sainte-Croix. Ce monument vient tout juste de rouvrir partiellement sa nef au public après plus de quarante ans de fermeture pour d’importants travaux de restauration. C’est dans cet espace chargé d’histoire que le public pourra découvrir le travail de Fred Delangle.

Fred Delangle au travail

Programmation : Entre histoire de la photographie, photojournalisme, mode et procédés anciens.

En parallèle de cette création inédite, nous avons souhaité proposer des expositions qui retracent l’histoire de la photographie à travers de grandes figures de la mode ou du photojournalisme, mais aussi à travers l’évolution des techniques de tirage, revisitées par des artistes actuels.

BRAZIL. Rio de Janeiro. 1958. Playing altinho on Ipanema beach. © René Burri

Focus Photojournalisme
Projection : René Burri
Lieu : Église Sainte-Croix

Une projection d’une trentaine de photographies en noir et blanc et en couleur de ce monument du photojournalisme. Cette sélection a été rendue possible grâce à la complicité de Clotilde Burri, de la Fondation René Burri et de l’agence Magnum.

© Erwin Blumenfeld

Focus Mode : Erwin Blumenfeld
Lieu : Pôle Gare (idéalement situé pour débuter son parcours en arrivant à Provins ou le clore avant de reprendre le train).

Grand nom de l’après-guerre nourri par le mouvement surréaliste, Erwin Blumenfeld a marqué l’histoire par ses expérimentations de la couleur et ses mises en scène audacieuses. Les tirages originaux en couleur étant trop fragiles pour être exposés, nous présentons ici des tirages modernes réalisés à partir des négatifs originaux. Cette exposition, initialement conçue par le Musée Nicéphore Niépce, nous est généreusement prêtée par Nadia Blumenfeld.

Exposition collective : Le paysage rêvé »
Lieu : Médiathèque Alain-Peyrefitte (située dans la charmante et bucolique rue des Marais avec vue sur la Tour César et la collégiale Sainte Quiriace).

En amont du bicentenaire de la photographie (qui sera célébré de septembre de cette année à septembre de l’année prochaine), cette exposition réunit sept photographes autour du thème du paysage.

Chacun y déploie un regard singulier en remettant au goût du jour des techniques anciennes et artisanales :

© Aassmaa Akhannouch

Aassmaa Akhannouch présente une délicate série de paysages du Maroc réalisée selon la technique du tirage cyanotype, rehaussée à l’aquarelle pour offrir des pièces uniques d’une grande poésie (artiste représentée par la Galerie Esther Woerdehoff).

Ground No.4 © Jens Knigge

Jens Knigge explore et maîtrise le procédé de tirage au platine-palladium (mon procédé de prédilection, que je pratique moi-même). À travers de petits formats qui s’apparentent à de véritables bijoux photographiques, il capture l’Islande, ses fjords et sa neige, offrant un rendu texturé unique et une subtile déclinaison de blancs et de gris (artiste représenté par la Galerie Esther Woerdehoff).

© Takeshi Shikama

Takeshi Shikama pratique également cette technique de tirage, mais appliqué sur des papiers japonais artisanaux. Ses images de forêts nocturnes éclairées par la lune ou ses vues de Yosemite mêlent l’aspect organique du papier à la rigueur du procédé technique (artiste représenté par Christophe Lunn).

La porte © Florence d’Elle

Florence d’Elle, artiste belge dont je suis le travail depuis longtemps (notamment à travers l’encadrement de ses œuvres), expose une série réalisée lors d’une résidence en Norvège. Elle utilise le ferrotype, un procédé qui métamorphose le paysage pour nous plonger dans une vision onirique et intemporelle. (artiste représenté par l’Agence Révélateur).

Série Brio Vega, hommage à Scarpa, 2020 © Laurent Millet / Galerie Binome.
Tirage à la gomme bichromatée monochrome sur papier

Laurent Millet s’intéresse à l’architecture à travers l’œuvre de l’architecte Carlo Scarpa et tout particulièrement le Tombeau Brion, un véritable bijou architectural. En utilisant la technique de la gomme bichromate, il obtient un rendu texturé proche du dessin, évoquant ainsi les premières esquisses de l’architecte élaborant son projet. (artiste représenté par la Galerie Binôme).

© Gregor Beltzig

Gregor Beltzig, photographe voyageur, nous guide sur la Route de la Soie. Ses clichés sont sublimés par le tirage Fresson (procédé de tirage photographique en couleur au charbon direct inventée dans les années 1950 par la famille Fresson, qui en garde jalousement le secret). Ce procédé confère à la couleur un rendu très pictural et une esthétique intemporelle.

© Irène Jonas

Irène Jonas nous emmène quant à elle sur la mer du Nord. Elle réinterprète ses paysages capturés en noir et blanc en les repeignant directement à la peinture à l’huile. Ces œuvres uniques bousculent notre rapport au réel en y injectant une sensibilité colorimétrique toute personnelle. (artiste représenté par l’Agence Révélateur).

Exposition d’Estelle Lagarde « Entre »
Lieu : L’Atelier-Galerie Guedamour

© Estelle Lagarde

Pour clore ce parcours, notre galerie accueille le travail d’Estelle Lagarde, qui dévoile pour la toute première fois sa série inédite intitulée « Entre ». Réalisées au sein de l’abbaye de Chéhéry, ses photographies deviennent des fictions, des histoires mystérieuses où se croisent des personnages évanescents et des jeux de miroirs.

Les tirages couleur argentiques de cette série ont été magistralement réalisés par Diamantino Quintas, l’un des plus grands maîtres tireurs actuels.

📅📍Pour les lieux et horaires :
https://associationcommedesimages.jimdosite.com/les-expositions/

Important : des lectures de portfolios seront organisés pendant le festival. Restez connecté avec nous !

INFORMATIONS PRATIQUES

sam27jui7 h 00 mindim27sep23 h 59 minPremière édition Festival Comme des Imagesencadrement guédamour / atelier-galerie, 12 rue Hugues le Grand 77160 Provins

La Rédaction
9 Lives magazine vous accompagne au quotidien dans le monde de la photographie et de l'Image.

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