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Tomás Saraceno investit la Vanhaerents Art Collection

Temps de lecture : 1 minute et 25 secondes

J’avais été impressionnée par l’argentin Tomás Saraceno aux Abattoirs de Toulouse dans le cadre de l’événement « Anthropocène Monument »développé par l’anthropologue, philosophe des sciences, directeur de recherche à Siences-Po Paris Bruno Latour. L’anthropocène est cette nouvelle ère géologique dominée par l’humain et ses interventions sur l’environnement entraînant des questionnements vertigineux autour d’un désastre global programmé : Devons nous rester optimiste ou pessimiste face à futur indéterminé ?

Tomas Saraceno tenait d’y répondre à travers son musée aéro-solar posé dans la nef du Frac l’une des émanations de son ambitieux projet « Cloud Cities » que l’on retrouve en Belgique pour la première fois à la Vanhaerents Art Collection. Cette nouvelle installation spécialement conçue pour l’espace du project room, utopique et débridée dessine des architectures aériennes fragiles composées de flux d’énergie cosmique provenant du soleil. Chaque ville volante se déplace parmi des structures aux formes de nuages provocant chez le spectateur un sentiment d’évasion et de poésie. On peut se mesurer physiquement à ce scénario évolutif, visionnaire et engagé, exposé dans le monde entier. C’est à la fois prodigieux, esthétiquement sublime et d’une profondeur infinie.

Egalement l’exposition Man in the Miror poursuit son cycle de 3 ans, autour de 45 œuvres monumentales sélectionnées parmi l’imposante collection de entrepreneur Walter Vanhaerents par Emma Dexter, commissaire à la Tate et l’ICA de Londres. Clin d’œil au tube de Michael Jackson et à la comédie britannique et expérience réflexive et cognitive tendue au spectateur sous l’ombre du colosse de David Altmejd qui nous accueille. Le miroir fait partie intégrante du processus créateur de l’artiste canadien déjà exposé précédemment ici et se veut le fil rouge du cheminement. Bill Viola, Sterling Ruby, Michelangelo Pistoletto Matthew Barney, Thomas Ruff, entre autres signatures prestigieuses, se partagent les trois étages de cet ancien entrepôt de 1926 de 3500 m² entièrement restauré par le bureau d’architecture Robbrecht & Daem de Gand.
Le climax est atteint face à l’œuvre de James Lee Byars qui imagine un sarcophage à la feuille d’or pour simuler sa propre mort et possible éternité. Ce bloc dialogue dans toute sa noblesse à la perfection avec les traces du passé industriel du bâtiment, devenue la salle hypostyle d’un temple égyptien.
Funeste et beau !

INFOS PRATIQUES :
Many suns and worlds
Man in the Miror
Tomás Saraceno
Jusqu’au 28 octobre 2017
Vanhaerents Art Collection
29, rue Anneessens
1000 Bruxelles
Belgique
http://www.vanhaerentsartcollection.com/fr/

Organiser votre séjour :
https://visit.brussels/fr