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Les combats pour libérer Mossoul des griffes de l’Etat Islamique ont duré neuf mois, le temps d’une gestation pour redonner vie aux Mossouliotes. Le photojournaliste français Laurent Van der Stockt a couvert cette bataille d’octobre 2016 à juillet 2017, pour le journal Le Monde. Son travail a été exposé lors du festival Visa pour l’Image à la rentrée de septembre de cette même année, il y remportera Le Visa d’or, aujourd’hui, « La bataille de Mossoul » est présentée par Centre Méditerranéen de la Photographie (Bastia) à l’espace Diamant – Ajaccio.

Inaugurée hier soir en présence du photographe, l’exposition rassemble une sélection d’images issues d’un reportage puissant sur un défi militaire périlleux qui consistait à chasser les membres de
Daesh de Mossoul, la deuxième plus grande ville d’Irak et ainsi libérer les 1,5 millions d’habitants. On dénombrera entre 2100 et 4000 civils morts entre octobre 2016 et juin 2017, 500.000 autres ont été déplacés.

De la parution à l’exposition, une nouvelle dimension au reportage

En septembre dernier, nous avions rencontré Laurent Van Der Stockt à l’occasion du festival Visa pour l’image de Perpignan où il nous expliquait – entre autre – l’existence des sujets de reportage dans le cadre d’une exposition face à la publication dans un journal ou un magazine.

« On ne lit pas l’image de la même manière sur un mur ou dans les pages d’un magazine. D’abord, dans la phrase, le même terme « image » est employé pour désigner deux choses différentes. Dans un journal est imprimée la reproduction d’une photographie, et la reproduction de ce qui est un objet, si on veut garder la définition exacte d’une photographie, n’est pas l’objet en question. Elle ne peut avoir sa taille, sa chromie, sa densité, son support particulier, en carton, en plastique, et beaucoup d’autres formes encore, additionnée dans un nombre choisi sur une surface dont la taille peut être choisie bien au delà des dizaines de centimètres d’une page en papier. Un journal n’est pas un espace ou même seulement un mur, n’a pas la même temporalité, et les spectateurs d’une exposition ne sont pas dans l’attente et la perspective du lecteur d’un journal.
Aligner au mur des images qui ont été éditées jour àprès jour pendant la couverture d’un évènement pour un journal ne peut pas avoir le même résultat ou le même effet que de réaliser une exposition en utilisant toutes les possibilités d’un tel medium. Pour donner un exemple pratique, lors d’une exposition sur les printemps arabe à Dunkerque, j’ai fait entrer le public dans un espace clos et sombre qui recréait les intérieurs détruits et abandonnés des maisons du quartier de Jobard, en zone rebelle à Damas, en Syrie. Pour plusieurs raisons, parce qu’il a lui même une chambre, une cuisine, un intérieur, ou aussi à cause de l’organisation de l’espace, le visiteur sortait de l’installation beaucoup plus touché et concerné qu’après avoir circulé devant les murs où étaient présentées les photos des autres auteurs dont le travail présenté était manifestement les tirages de reportage précédemment destinés à la presse. » L. V. D. S.

INFORMATIONS PRATIQUES
La bataille de Mossoul
Laurent Van Der Stockt
Du 1er au 29 mars 2018
L’espace Diamant
Bd Pascal Rossini
20000 Ajaccio, Corse
Du mardi au vendredi de 10 h à 12 h et 13 h à 18 h. Samedi de 14 h à 18 h.
Entrée libre
https://www.facebook.com/cmpcorsica/

A LIRE :
Visa pour l’image Perpignan : Rencontre avec le photoreporter Laurent Van der Stockt

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