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Fanny Lambert, Critique d’art et commissaire d’exposition est notre invitée de la semaine

Temps de lecture : 3 minutes et 12 secondes

Cette semaine, nous accueillons Fanny Lambert. A la fois critique d’art, commissaire d’exposition, auteure et enseignante à l’Université Paris 8, notre invitée va nous accompagner jusqu’à vendredi pour partager avec nous ses cartes coups de cœur et ses projets. Aujourd’hui, faisons connaissance et place à son portrait chinois.

Critique d’art (AICA), commissaire d’expositions indépendante (CEA), auteure et enseignante, Fanny Lambert est spécialisée en art contemporain et photographie. Montrant un penchant particulier pour le corps dans l’image et pour l’art corporel des années 1970, elle s’intéresse parallèlement aux spécificités de monstration des productions dites éphémères ou performatives.
Depuis 2016, elle est en charge de développer le pôle « Art contemporain » de la galerie Gradiva (Paris) où elle a exposé notamment les artistes Agnès Geoffray, Gladys Brégeon et plus récemment Stéphanie Solinas avec l’exposition Haunted, Lost and Wanted co-curatée avec Valérie Fougeirol.
Outre son activité de critique et de commissaire, Fanny Lambert a collaboré avec Les Rencontres de la Photographie d’Arles mais aussi avec la presse spécialisée plusieurs années durant (L’Oeil de la Photographie, Beaux Arts, de l’air, etc..).
En 2016 encore, elle confonde un projet expérimental en ligne intitulé « Amorces » (a-m-o-r-c-e-s.fr) et fait partie depuis sa création (2018) du comité de rédaction de la revue Possible (possible.fr).
Particulièrement attentive à la création émergente, régulièrement jury pour l’attribution de diplômes ou pour de prix (Biennale BIT20), elle s’attache à conduire une mise en regard de l’art contemporain et de l’image dans les pratiques actuelles.
Depuis trois ans, elle enseigne également l’Histoire de l’art des années 1960 à nos jours à l’Université Paris VIII – Saint Denis où elle tente d’expérimenter un réinvestissement de l’approche critique de l’image. Portée par une réflexion sur les possibilités de visibilité de l’œuvre, c’est dans cette perspective qu’elle entend mener des recherches autour des notions de visibilité, d’invisibilité et de perception à l’œuvre.

Mon père est l’auteur de cette photographie.
J’ai 30 mois. C’est un matin d’hiver chez nous.
Il y a quelque chose de vaporeux, comme le halo derrière moi semble le suggérer.
Sans doute un brouillard diffus du matin dans nos esprits.
J’ai l’air absorbé par cette écoute…
Je me ressemble peu.
Si ce n’est, peut être, ce détail dans le geste de la main.
Les gens se ressemblent assez, généralement. Moi, pas vraiment.
Cela m’étonne je crois.
Pour saisir l’enjeu de cette image – sachant qu’il y en a toujours une manquante – il me faut préciser alors un détail important : mon père est compositeur de musique.
Mais aussi qu’il existe, en regard de celle-ci, un autre cliché sur lequel il figure, son boitier (un Pentax) devant le visage, laissant tout juste de quoi découvrir son regard.
Lui non plus d’ailleurs, ici, ne se ressemble pas.
Cela devient comme une sorte de champ/contre champ entre nous.
Ce qui explique mon dévolu pour cette image, c’est le croisement des médiums entre nous.
Aujourd’hui, mon père s’est véritablement mis à la photographie.
De mon côté, flottant parmi la musique depuis toujours mais ayant pris pourtant le chemin de l’image (fixe comme mouvante) et de l’écriture il y a longtemps, je m’épanche désormais spacieusement sur la création sonore. La jetant parfois même, au cœur de mes préoccupations comme de mes créations …

Portrait chinois de Fanny Lambert

Si j’étais une œuvre d’art : Je me sentirais nue et seule le plus souvent.
Si j’étais un musée ou une galerie : Celui de l’imaginaire (Museo Fortuny à Venise)
Si j’étais un(e) artiste (tous domaines confondus): Je serais tous les domaines confondus.
Si j’étais un livre : Quelque part entre la mer et l’amour chez Duras.
Si j’étais un film : Quelque part entre Des Nouvelles du Bon Dieu de Le Pêcheur ou Uccellacci e uccellini de PPP.
Si j’étais un morceau de musique : Dans un ascenseur pour échafaud, au travers d’une Sonate pour violon chez Ravel (N°2, G Major) ou dans un album de Gang Starr.
Si j’étais une photo accrochée sur un mur : Un négatif abîmé et abstrait (archive personnelle), un tirage d’A. Kertész ou encore une planche contact d’Antoine d’Agata (premières émotions photographiques à l’adolescence).
Si j’étais une citation : « Ecrire est à la fois un privilège et une punition. Privilège de la connaissance et punition de la lucidité ». Batavia
Si j’étais un sentiment : Tous, nuances comprises
Si j’étais un objet : Inutile et charmant
Si j’étais une expo : Harald Szeemann, When attitudes become form, 1969, Kunsthalle, Berne. Ou une exposition d’images dans un cinéma porno…
Si j’étais un lieu d’inspiration : Ma vie.
Si j’étais un breuvage : Des bulles, sans hésitation !
Si j’étais un héros/héroïne : Marie Curie puisque je serais sans doute incapable d’une pure invention
Si j’étais un vêtement : Des lunettes de soleil pour regarder à discrétion … et mettre gentiment, parfois, le réel au tapis.

Retrouvez les cartes blanches de notre invitée

> Carte blanche à Fanny Lambert : David Leleu, Dans La chair (le mardi 12 mars 2019)
> Carte blanche à Fanny Lambert : Amorces, Une expérience en ligne insolite où les arts se côtoient sans hiérarchie ni balises (le mercredi 13 mars 2019)
> Carte blanche à Fanny Lambert : Marie Sommer (le jeudi 14 mars 2019)
> Carte blanche à Fanny Lambert (le vendredi 15 mars 2019)