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Partager Partager Pour sa deuxième carte blanche, Marie Blin, cofondatrice de la galerie parisienne BLIN plus BLIN, nous invite à une plongée sensible dans les coulisses de la photographie. À travers le prisme des planches contacts, elle évoque avec justesse la mémoire des images, le temps du doute et de la sélection, et interroge l’évolution du regard à l’ère du numérique. Une réflexion intime sur le processus créatif, entre héritage argentique et pratiques contemporaines. À l’heure des rangements, des boîtes bondées de photos éparses, des boîtes bien alignées de diapositives. Et puis surtout des classeurs empilés contenant une multitude de planches contacts, accompagnées de leurs inséparables papiers « cristal » contenant leurs négatifs. Je les ai toutes disposées sur ma grande table. Et là j’ai commencé à remonter le passé professionnel et privé. Un petit goût de nostalgie. Aujourd’hui la majorité des photographes utilisent des appareils numériques, et ne font pratiquement plus de planches contacts. Si nous en avons vraiment besoin, nous les préparons sur nos ordinateurs et les imprimons le cas échéant. Evidemment nous ne sélectionnons que les bonnes photos, une pré-sélection étant déjà faite. Planches contact © Marie Blin, archives personnelles On fait dès lors abstraction des photos ratées, des mauvaises expositions, des photos floues. Nous n’avons plus cette vision globale de la prise de vue. Nous choisissons directement celles qui nous paraissent les meilleures, les plus intéressantes. Nous sommes rassurés pendant la prise de vue, nous voyons directement nos erreurs sur l’écran de nos appareils. Tellement plus confortable. Alors pourquoi cette nostalgie. Des souvenirs d’attente avant d’aller au labo, impatients et inquiets des résultats. Puis, déception ou bonne surprise. Excitation de la découverte. Il y avait déjà une vision d’ensemble de la séance. On pouvait suivre le fil conducteur sur cette feuille noire, avec ses petites photos, que l’on recadrait si nécessaire avec notre crayon rouge. Tout est plus rapide aujourd’hui. Marc Riboud disait que la planche contact était une succession de fausses notes à la recherche de la note juste. Quant à Eliott Erwitt, il pensait qu’il ne fallait jamais montrer ses planches contacts au public, pour qu’il ne tire pas de conclusion. La planche contact serait-elle de l’ordre du journal intime, ou destinée à être partagée. Il y a quelques années le musée des Beaux -arts de Cleveland a exposé de nombreuses planches contacts de grands photographes (Irving Penn, Richard Avedon, Diane Airbus…). Cette exposition permettait de découvrir le déroulement de la prise de vue, les choix de l’artiste. Les planches contacts sont un peu le « making of » du choix final. Marque-page1
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