Pour leur première carte blanche, le comité artistique du Festival photo La mer en partage, que nous accueillons cette semaine dans notre rubrique L’Invité·e, partage son premier coup de cœur et nous dévoile les coulisses de la manifestation. L’occasion de mettre en lumière toutes celles et ceux qui font vivre ce festival bénévolement — ces invisibles qui portent à bout de bras des projets culturels à ciel ouvert et apportent un rayonnement singulier au travail des photographes.

« Est bénévole toute personne qui s’engage librement pour mener une action non salariée en direction d’autrui, en dehors de son temps professionnel et familial ». Le bénévolat est la situation dans laquelle une personne apporte temps et compétences à titre gratuit pour une personne ou un organisme (Conseil Économique et Social du 24 février 1993)

Je suis né dans le Finistère sud, au Guilvinec, mais sans la mobilisation de bénévoles, année après année, il y a longtemps que j’aurais disparu. Faut-il rappeler que la Bretagne compte plus de 79 000 associations actives sur son territoire et près de 700 000 bénévoles. Que 90% des associations bretonnes fonctionnent uniquement grâce aux bénévoles et qu’un Breton sur quatre est bénévole (26% des 15-34 ans et 23% des plus de 65 ans) ?

© Parisa Bajelan

Si les photographes exposé.es capturent la lumière, dans l’ombre il est une autre équipe qui me permet de prendre forme. Souvent invisibles, ils sont pourtant la colonne vertébrale de cet événement. Leur travail commence bien avant l’ouverture et se poursuit bien après que le dernier visiteur soit reparti.

Tout est une affaire de précision et de passion. L’accrochage des photos ? Un exercice d’équilibriste en plein air. Qu’il vente ou qu’il pleuve, armé.es de leurs visseuses, les bénévoles doivent restaurer les supports et accrocher des séries en respectant la vision artistique des photographes. Au-delà des seules expositions, ils organisent des animations, un cycle de conférences/projections pendant l’été et des actions de médiation (interventions/ateliers) dans les établissements scolaires toute l’année.

Cas unique en Europe, la sécurité sociale espagnole arme et affrète deux navires hôpitaux destinés à venir en soutien à la flotte de pêche de l’Océan Atlantique. Ces deux hôpitaux flottants naviguent toute l’année au plus près des bateaux des pêcheurs, constamment en alerte et prêts à intervenir pour prendre en charge les pêcheurs en cas de blessure, les soigner, voire organiser leur évacuation jusqu’à un hôpital à terre si besoin, et ce toutes nationalités confondues. Nous avons pu embarquer à bord du Juan de la Cosa, l’un de ces deux navires, dont le secteur d’action est celui du Golfe de Gascogne et plus généralement l’Atlantique Nord, ce qui concerne environ un millier de bateaux de pêche et une population de 10 000 pêcheurs sur l’année ! En plus de sa fonction médicale, ce navire a aussi un rôle d’assistance technique et logistique auprès de tout bateau dans le besoin.
Le Juan de la Cosa est équipé de 4 annexes d’assistance pour transférer les personnels rapidement d’un bateau à l’autre.
Pour les pêcheurs, dont le métier est l’un des plus accidentogènes au monde, la présence permanente du Juan de la Cosa à leurs côtés est très rassurante. Les relations entre le bateau hôpital et les pêcheurs sont très cordiales.
© Thibaut Vergoz / Zeppelin Network

Mais le cœur de leur engagement bat surtout dans l’accueil humain. Ici, pas d’hôtels impersonnels pour les artistes invités. Les bénévoles ouvrent grand la porte de leur maison, transformant un simple séjour en une immersion chez l’habitant. Ils vont chercher les photographes à la gare, les accompagnent durant le week-end de vernissage et s’assurent que leur verre est rempli.

De l’accueil des photographes, à la préparation du vernissage en passant par la logistique, rien n’est laissé au hasard. Ce « coup de cœur » n’est pas seulement pour la qualité des images exposées, mais pour cette implication locale et cette chaîne de solidarité indispensable à la dynamique associative. C’est ce don de temps et de soi qui est offert au photographe et au public et qui fait aussi de ce festival une aventure humaine.

INFORMATIONS PRATIQUES

sam30mai9 h 00 minmer30sep20 h 00 min16ème édition du Festival Photo l’Homme et la Mer du GuilvinecLa mer en partage OrganisateurFestival Photo l’Homme et la Mer du Guilvinec

La Rédaction
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