Pour sa deuxième carte blanche, Florence Drouhet, commissaire d’exposition et directrice artistique du festival La Gacilly-Baden Photo (Autriche), apporte un éclairage particulier sur le travail de Sandrine Elberg. Nourrie aux récits de Jules Verne et à l’iconographie de Méliès, l’artiste transforme sa chambre noire un véritable laboratoire d’expérimentation mêlant photographie, photogramme et solarisation. Fascinée par le cosmos et les paysages minéraux, elle arpente volcans et glaciers pour mieux les métamorphoser en paysages fictionnels.

Préambule

A l’heure où tout le monde se fascine ou s’inquiète de l’arrivée de l’IA, je souhaitais présenter des séries d’auteurs -artistes et documentaristes – utilisant la photographie et qui ont choisi de travailler en collaboration et en confiance avec le réel, avec le monde physique, tel qu’il est donné. Ils arpentent les villes et les forêts, les glaciers et les volcans. Ils mettent en place des dispositifs artisanaux rigoureux, ils fabriquent avec les éléments, la matière, la lumière, et leurs yeux grands ouverts, et leur intelligence humaine.
Ils révèlent notre capacité à nous relier profondément au monde, à sa réelle présence, et en montrent sa puissante beauté.

Mémoire de l’oubli, 30×40 cm © Sandrine Elberg

Sandrine Elberg

Sandrine est une artiste qui m’impressionne par sa créativité généreuse.
Nourrie aux récits de Jules Verne et à l’iconographie de Méliès, elle a un imaginaire foisonnant et fécond, et on sent qu’elle s’y fie pour mener à bien ses travaux.

JOKULL, la mémoire des glaciers, 70x100cm © Sandrine Elberg

Il y a chez elle un goût pour les essais, les expérimentations, et sa chambre noire est un véritable laboratoire où mettre en oeuvre ses projets. Photographie, photogramme, solarisation, elle décline les possibilités techniques du médium, en même temps qu’elle varie les papiers, plastiques, metal, pierre, et se laisse inspirer par ces essais de matière et de réactions chimiques. Tout est ouvert à qui, comme elle, aime explorer les possibles.

Moon project, 70×90 cm © Sandrine Elberg

Fascinée par le cosmos et la Lune, elle aime aussi les paysages minéraux, les terres inexplorées, les lieux inaccessibles : volcans, glaciers, qu’elle arpente et photographie avant de rentrer à l’atelier pour les emmener dans ses paysages fictionnels. En son laboratoire, elle regarde des cailloux au miscroscope et y voit tout un paysage ; le monde est vaste à qui a confiance en son imaginaire. Et, si on la sent expérimenter avec le talent d’un enfant, elle le fait avec le sérieux et l’exigence d’une artiste.

https://www.sandrine-elberg.com/

La Rédaction
9 Lives magazine vous accompagne au quotidien dans le monde de la photographie et de l'Image.

    You may also like

    En voir plus dans L'Invité·e