Temps de lecture : 1 minute et 50 secondes

La directrice de la Maréchalerie, Valérie Knochel Abécassis (voir notre interview du 5 février dernier) nous dévoilait les enjeux de cette ambitieuse manifestation à Versailles et l’intervention de Didier Faustino qui avec « Lampedusa » nous place face aux mutations et crises contemporaines.

La BAP ! entend inscrire la Région Ile de France à un tournant. Il est vrai que le Grand Paris Express est la face immergée de l’iceberg, la vitrine glamour de réflexions engagées en profondeur et réactivées par le triptyque « l’homme, la nature, la ville »porté par le maire de Versailles, François de Mézières commissaire général. Une ville plutôt associée au patrimoine et au passé qui entend faire bouger les lignes et concilier architectes, paysagistes, philosophes, entrepreneurs, artistes ..profitant de l’implantation de ses 2 établissements prestigieux, l’Ecole nationale supérieure d’architecture dans la Petite écurie du Château et l’Ecole nationale supérieure de paysage dans le Potager du Roi, exceptionnellement ouvert durant l’évènement.

Signalé par de nombreux drapeaux jaune et violet et l’œuvre du québécois Michel de Broin, cet escalier de métal infini à l’image du futur métro, le pavillon Horizon 2030 dans la friche de l’ancienne poste est le point d’entrée idéal. Conçu par José Manuel Goncalvès, directeur artistique du Grand Paris Express et à la tête du CentQuatre, propose sur 1200 m² une immersion au coeur du chantier et des 68 gares du super métro mais aussi du futur village Olympique. Comme une plateforme de création des conférences, ateliers, débats complètent le dispositif.

Autre temps fort, l’exposition Augures signée Djamel Klouche, architecte emblématique du Grand Paris, à l’ENSA-V, pensée comme un « laboratoire des nouvelles pratiques architecturales » à partir de 3 ruptures observées : le climat, les nouvelles technologies et la dynamique citoyenne de co-construction de la ville ».

On ne manquera pas pour y accéder les spectres de la Gypsothèque du Louvre, exceptionnellement ouverte, dans cet espace spectaculaire de Mansart, ancienne écurie des chevaux du Palais. Un Palais qui s’associe en proposant « Architectures rêvées », ces utopies irréalisables d’architectes du Roi très inspirés.

Enfin le Potager Royal avec « le goût du paysage » par Alexandre Chemetoff pose la question de l’alimentaire et de l’agriculture pour la ville autour de la transmission des savoirs et pérennité des pratiques. Exposition pas assez étoffée et mise en valeur à mon sens.

Autre bémol pour l’artiste invitée Eva Jospin dont l’œuvre dans le Jardin du conservatoire n’est pas suffisamment bien annoncée et signalée. Elle n’était pas la seule ambassadrice en puissance et d’autres artistes sont intervenus dans le parc et les bassins du Château, notamment avec le Palais de Tokyo, auxquels il n’est pas fait allusion.

Il sera intéressant de suivre les évolutions de cette 1ère mouture portée fer de lance du politique, comme en témoignaient Valérie Pécresse et Nicolas Sarkozy très complices lors du vernissage.

INFOS PRATIQUES :
Biennale d’architecture et de paysage 1ère édition
jusqu’au 13 juillet 2019
6 lieux
78000 Versailles
Ouvert tous les jours sauf le lundi
Horaires semaine : 12h à 19h
Horaires week-end : 11h à 19h
Entrée gratuite, sauf pour le château.
Au programme :
http://bap-idf.com

X
X