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Partager Partager Pour sa troisième carte blanche, notre invité·e de la semaine, Coline Miailhe, Directrice du Bus – espace culturel, nous dévoile le nom de la photographe qui participera en 2026 à « Zones de confluences », programmation triennale menée dans le département rural et montagneux de l’Ariège. Avec son projet intitulé « Écosystèmes ou la Glaneuse », la jeune photographe prendra part à des résidences, mènera un projet d’éducation photographique au long cours avec un groupe d’adolescent·es et, bien entendu, présentera une exposition itinérante dans Le Bus – espace culturel. De 2024 à 2026, l’association Autres directions développe sur le département rural et montagneux de l’Ariège, une programmation triennale itinérante intitulée « Zones de confluences ». Il s’agit d’explorer différents espaces-temps, dans lesquels les êtres humains _ et le vivant en général_ ne peuvent faire autrement que de se rencontrer. Là où nous ne pouvons qu’être en lien et faire ensemble. Il s’agit de questionner ces zones d’intersection, dans ce qu’elles engagent de tensions et de mouvements, de confrontations et de conciliations. Arrivé à mi-chemin de cette programmation en cette rentrée de septembre 2025, c’est l’occasion de mettre en lumière ici, le travail engagé de trois photographes émergent.e.s, chacun.e associé.e à une année de cette programmation. I. Constellation © Lisa Gervassi 2026 – « Ecosystèmes ou La glaneuse » – Projections avec Lisa Gervassi Le travail de Lisa Gervassi se caractérise avant tout par une manière de faire : elle explore un sujet qui l’intéresse par plusieurs entrées, sous différents angles, et relie ces explorations sous forme de constellations visuelles et narratives. La photographie y occupe une place centrale, mais elle élargit également son champ d’expression à l’écriture, au son et à la vidéo. Face à l’incertitude du monde, elle a progressivement expérimenté différents états de matérialité de l’image photographique, plaçant l’impermanence au cœur de sa création. En miroir de cette instabilité, c’est le rapport complexe de l’humain au monde qui s’active, mais aussi la puissance fragile de la nature et les luttes résilientes d’un corps enchevêtré dans des récits tout autant intimes qu’historiques. IV. RAR © Lisa Gervassi Sélectionnée en tant que Photographe associée à la programmation 2026 de l’association Autres directions, elle réalisera, tout au long de l’année : > une résidence participative longue sur le territoire de la Haute-Ariège, > une résidence de recherche et d’expérimentation transdisciplinaire avec le champ de la musique, > un projet d’éducation photographique au long court avec un groupe d’adolescent.e.s, > une exposition itinérante dans Le Bus – espace culturel. Son regard photographique viendra, plus globalement, alimenter les réflexions de l’association Autres directions en matière d’exigence artistique, d’utilité sociale et de préoccupation environnementale. L’Ariège m’apparaît comme un territoire à la fois puissant et traversé d’histoires souterraines, où l’invisible affleure partout : dans les grottes, les mines, les forêts, les vallées, les strates. La découverte de ces zones de montagnes aux reliefs marqués, où la vie s’est historiquement modelée dans une économie de subsistance, une culture de résilience et un rapport étroit à l’environnement naturel, m’a offert une nouvelle perspective pour explorer les liens entre mémoire, territoire, humain et animal. Mon intention est de partir en quête du secret, de soulever les pierres, de m’immerger pleinement dans ce territoire pour faire dialoguer deux dimensions : le monde extérieur — sauvage, humain, minéral — et l’espace intérieur, fait de mémoire, de sensations et d’imaginaires, et dresser ainsi un portrait sensible, vivant et incarné de cette région et de ses écosystèmes. II. L’Amour Amor © Lisa Gervassi En filigrane, la véritable protagoniste du projet reste la montagne. Omniprésente, silencieuse, essentielle, c’est elle qui fixe les contraintes et ouvre les possibles pour toutes les formes de vie et d’existence qui l’habitent. C’est aussi elle, qui, en m’amenant à comprendre la nécessité d’une adaptation respectueuse aux ressources qu’elle offre, m’inspire à placer au cœur du projet un geste primaire : le glanage. Glaner des plantes, des pierres, des images, des récits, des archives, des voix ; des éléments modestes, parfois dispersés, souvent négligés. Ce geste humble, attentif, voire politique, engage une immersion profonde et un regard porté sur ce qui est souvent à la marge ou oublié. Il permet de faire émerger des savoirs situés, des pratiques vernaculaires, des formes de connaissance sensibles liées au territoire. VII. L’Amour Amor © Lisa Gervassi La co-création avec les habitant.e.s sera au centre de cette démarche. En valorisant leurs savoirs, leurs souvenirs, leurs imaginaires, ils et elles deviennent acteur.rice.s du projet. Cela permet de faire circuler des récits intimes, des anecdotes, des objets patrimoniaux, qui nourrissent une mémoire collective en résonance avec les enjeux contemporains et de faire émerger une écriture partagée d’un territoire. https://www.lisagervassi.com/ https://www.lebus-espaceculturel.com/ Marque-page0
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