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Partager Partager PhotoPortfolio Masterclass Oeildeep : La Chambre d’Hadès de Céline Jacq La Rédaction3 heures ago Parallèlement à la restitution de la masterclass Œildeep consacrée au collectif Bal des Rejetons, nous poursuivons celle de la masterclass achevée en mars, dirigée par Laura Serani, Stefano De Luigi et Jean-Christian Bourcart. Découvrez aujourd’hui la série La Chambre d’Hadès de la photographe Céline Jacq, une traversée entre le vivant et l’invisible, construite après la mort soudaine du père de son fils en 2018. Mêlant archives personnelles retravaillées et vidéos où l’IA convoque une figure disparue, ce travail interroge la présence après la perte comme espace de confrontation et d’émancipation. La Chambre d’Hadès En 2018, le père de mon fils meurt subitement d’une crise cardiaque. Nous étions dans la vie l’un de l’autre depuis la faculté, malgré plusieurs séparations. Une histoire d’amour essentielle, omniprésente, abimée par des rapports de domination. Sa disparition n’a pas rompu ce lien : elle l’a déplacé. De cette présence-absence naît le besoin de construire un espace où cette relation peut être interrogée, transformée, remise en jeu. L’image devient ce lieu intermédiaire – une chambre de résonance entre le vivant et l’invisible – où quelque chose peut encore se dire, se rejouer, s’éprouver. Il ne s’agit pas de documenter un deuil, mais de proposer une expérience de la présence après la perte. Une traversée sensorielle et mentale, située dans une zone d’incertitude entre le documentaire et l’onirique, entre le réel et sa déformation. Ce projet marque pour moi l’entrée dans une écriture de l’intime. J’y développe une recherche plastique qui articule paysages décalés, interventions sur des tirages issues d’archives personnelles. Dans des vidéos, j’utilise les pouvoirs de l’intelligence artificielle comme un outil de convocation : faire revenir une figure disparue, lui redonner forme, pour engager une confrontation. Il ne s’agit pas de reconstituer, mais de créer les conditions d’un face-à-face impossible, où peuvent se rejouer les mécanismes de violence psychologique qui ont saccagé la relation. L’image devient alors un espace de tension, où l’absence prend corps et où le dialogue, même fictif, agit. En s’appuyant par endroits sur des principes proches de la psycho-magie, ce travail agit aussi comme un dispositif symbolique. Il permet une mise à distance, une reconfiguration du lien, une forme d’émancipation. Ce mouvement est double : se défaire d’une relation marquée par l’emprise, tout en affirmant une écriture artistique personnelle. À travers cette traversée du royaume des morts, il ne s’agit pas de raconter une histoire linéaire, mais d’ouvrir un dialogue entre les plans : celui des vivants, celui des morts, et celui de l’image comme seuil. Qui regarde, qui répond, qui impose encore sa forme ? Ce projet est une tentative de recomposition. Une écriture ouverte, où l’image revient, vacille, résiste. Un espace de confrontation et de transformation. Le parcours de Céline Jacq est une traversée des frontières, tant géographiques que formelles. Nourrie par une enfance marquée par le voyage, elle a d’abord exploré le monde en tant que journaliste. Ses reportages au long cours (Brésil, Syrie, Liban, Palestine) ont forgé son regard sur l’altérité et la complexité des récits humains. Si l’image s’est d’abord invitée en pointillé dans ses écrits, elle s’est imposée au fil des années comme son médium de prédilection. Formée au Centre Iris et affinée par des rencontres marquantes (Martin Bogren, Frédéric Lecloux), sa pratique s’est structurée autour d’une double exigence : la rigueur documentaire et la sensibilité artistique. Membre de l’agence Hans Lucas depuis 2019, elle collabore régulièrement avec des institutions et collectivités (CNRS, Ville de Nantes, Conseil départemental de Loire-Atlantique). Son travail photographique est profondément ancré dans le territoire et l’humain. À travers des séries comme La disparition (récompensée au Maghreb Photography Awards), elle interroge l’effacement des peuples et des paysages en Palestine. Plus récemment, elle s’immerge dans les réalités sociales de son environnement proche : que ce soit en captant la dignité des familles sans-abri dans La journée est plus douce que la nuit, ou en co-créant des portraits sonores et visuels avec les habitants des quartiers populaires dans Même les visages sont des voyages. En 2025, elle commence un projet plus intime qui lui permet de développer sa recherche plastique dans son expression photographique. La Chambre d’Hadès est en cours de finalisation. Instagram : @celinejacq_photographe Site : https://hanslucas.com/cjacq/photo Vous souhaitez participer aux prochaines masterclass ? Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 10 septembre pour la prochaine ! Oeildeep soutient la création photographique par le biais d’un programme de formation longue durée fondé sur la pluralité des regards. Des experts aux perspectives variées, un accompagnement personnalisé sur 6 mois en groupe et à distance, et un partage continuel d’expériences offrent des espaces riches de rencontres et d’échanges pour mieux appréhender notre rapport de création au monde. La créativité est stimulée pour un développement approfondi des projets au sein d’une véritable communauté de soutien. Chaque année, tous les projets réalisés lors des Masterclass sont publiés dans 9 lives Magazine et présentés lors de Rencontres de la photographie à Arles. https://oeildeep.com/masterclass Vous êtes photographes et vous souhaitez donner de la visibilité et de la résonance à votre travail ? Notre rubrique Portfolio vous est consacrée ! Comment participer ? Pour soumettre votre travail à la rédaction, il vous suffit d’envoyer à info@9lives-magazine.com • Une série composée de 10 à 20 images. Vos fichiers doivent être en 72DPI au format JPG avec une taille de 2000 pixels dans la plus grande partie de l’image ; • Des légendes (s’il y a) ; • Un texte de présentation de votre série (pas de format maximum ou minimum) ; • Une courte biographie avec les coordonnées que vous souhaitez rendre public (site web, email, réseaux sociaux…) À LIRE Le Bal des Rejetons, une autre radioscopie de la France Marque-page0
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