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C’est à l’occasion d’Art Brussels que nous avons rencontrés Anne-Claire Schmitz fondatrice et directrice de La Loge qui expose l’artiste Zoé Paul, l’une des révélations de la dernière Fiac.
De plus elle porte le projet belge retenu pour la prochaine Biennale de Venise du duo flamand néerlandophone Jos de Gruyter et Harald Thys, ce qui a provoqué une certaine polémique quant au financement par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Qui a dit que l’art était imperméable aux questionnements nationalistes qui traversent l’Europe ?

Anne-Claire Schmitz quittera la Loge en juillet cette année après 7 ans consacrées au développement et rayonnement de l’institution à un niveau international et local.

La proposition de Jos de Gruyter et Harald Thys, pour la Biennale de Venise, »Mondo Cane »dévoilée à Art Brussels

L’exposition à la foire est un projet qu’ils ont commencé il y a 1 an 1/2 à l’occasion d’une proposition à leur galerie bruxelloise, dépendance et à la Kunsthal Aarhus (Danemark). Ils avaient imaginé 41 têtes coupées, décapitées comme des trophées selon les coutumes de certaines cultures qui exhibent ainsi leurs ennemis. Ces têtes en plâtre représentent des figures qui sont toutes dans un état traumatique, terrorisant elles-mêmes ou étant terrorisées. On sait tous que les victimes de trauma répètent à leur tour ces terreurs et déviances par la suite. Co existent ainsi les victimes et les bourreaux, personnages réels et fictifs même si finalement cette distinction s’efface devant l’horreur de la réalité qui devient comme une fiction capable de hanter jusqu’à l’obsession. Cette question de 2 espaces, fiction/réalité, monde parallèle/monde central, sont des notions très présentes dans le travail des artistes et sur un pied d’égalité. Nous retrouvons des personnes connues comme Pol Pot ou Philippe de Winter, l’un des fondateurs du parti d’extrème droite flamand Vlaams Belang, Geneviève Lhermitte qui avait assassiné sa famille mais aussi des personnages burlesques imaginaires qui inspirent le duo depuis plusieurs années et que l’on retrouve sous forme de marionnettes, mannequins, poupées dans les textes, dessins ou vidéos. Certaines de ces figures très stéréotypées seront présentes au Pavillon Belge.

Votre réaction à l’annonce
Nous sommes très heureux de cette opportunité de reconnaissance et de visibilité pour les artistes. Une très belle aventure que l’on va pouvoir enfin partager après un an de travail, même si le contexte est particulier, la Biennale inspirant toujours des réactions mitigées. La Biennale agit comme une sorte de miroir très aigu avec toute la dureté que cela implique. L’exposition est complétée par un site https://www.mondocane.net/, extension du projet autour de 300 vidéos classées par pays.

Zoé Paul, Despina : genèse et enjeux
L’exposition est curatée par Laura Herman en interdépendance avec le lieu très présent même s’il n’est jamais un sujet en tant que tel. Zoé Paul l’a particulièrement exploré comme réceptacle autour de ces questions holistiques, ésotériques, de féminité, d’idéologies domestiques qui nourrissent sa démarche. Divinité souterraine de la nature, de la naissance et de la mort, Despina est également associée à la fertilité de la terre et des moissons. Etats transitoires et impermanents de la matière qui parcourent l’ensemble des interstices du bâtiment comme la vie qui jaillit et se régénère.

INFOS PRATIQUES :
• Despina : Zoë Paul
Jusqu’au 29 juin 2019
La Loge
rue de l’Ermitage 86
1050 Brussels, Belgique
http://www.la-loge.be/la-loge

• Mondo Cane, 58ème Biennale de Venise
Exposition du 11 mai au 24 novembre 2019
Journées professionnelles les 8, 9 et 10 Mai 2019 de 10:00 à 19:00
Pavillon Belge, Giardini
Venise, Italie
https://www.mondocane.net/
Tickets en ligne sur le site de la Biennale.

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