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Partager Partager Interview Art ContemporainOtherSide Art & déconfinement : Léa Dumayet en résidence à Milan Marie-Elisabeth De La Fresnaye3 juin 2020 C’est de Milan que nous répond Léa Dumayet, suite à sa participation à deux sessions de la résidence Via Farini dans un atelier partagé (10 artistes par session) de septembre à février dernier. À l’occasion de l’exposition « VIR Open Studio », elle fait de nombreuses rencontres avec des galeristes (dont la LABS Gallery), critiques d’art (Davide Dal Sasso) et commissaires (Giorgio Verzotti). Par ailleurs, le curateur de la résidence, Giulio Verago, lui propose de la présenter au directeur de la Fonderia Battaglia. Grâce au soutien d’un collectionneur français, l’artiste décide alors de se lancer un nouveau défi : souffler sur de la cire encore liquide et créer des sculptures-vagues figées. Après trois semaines d’expérimentations, et de mise au point de ce procédé inédit, les sculptures sont coulées en bronze. Quelques mois plus tard, Léa Dumayet nous donne ses impressions dans un pays qui retrouve sa liberté après avoir été si durement touché et fait le bilan de cette période. Diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2014 et basée à Montreuil, Léa Dumayet se déplace souvent en résidence : Parque Lage à Rio de Janeiro, Pollen à Monflanquin, La Via Farini à Milan, Son travail a été montré lors de plusieurs expositions, notamment à Paris (Galerie Chloé Salgado, Galerie La Forest Divonne, Galerie CROUS, Galerie Un-spaced, Galerie Perrotin, Galerie Arondit, Galerie Laure Roynette, Villa Belleville…), mais aussi à Londres (Guest Project Space), en Grèce (Musée d’Egine), et à l’occasion de Biennales (Musée de la Propriété Caillebotte à Yerres, Musée d’Issy-les-Moulineaux). Nous l’avions interviewée en 2017. Quelles sont les conséquences de la crise sur votre résidence ? De septembre à février dernier j’étais en résidence à la Via Farini et à la Fonderia Battaglia à Milan. À l’arrivée du virus dans le nord de l’Italie fin février, j’ai été obligée de rentrer à Paris de façon précipitée. Trois mois plus tard, grâce à des lettres de la résidence et fonderie et une attestation de travail, j’ai pu traverser la frontière, et revenir en Italie. Le lendemain de mon arrivée, je suis allée à la Fonderia Battaglia, où j’ai pu terminer mes sculptures en faisant la patine avec le fondeur. Ce procédé complexe, entre flammes et eau, est comme une recette magique. Après différentes couches de vert, de bleu et de blanc, nous avons réussi à obtenir la couleur que je cherchais. Maintenant je peux retourner travailler dans mon nouvel atelier, retrouver mes amis artistes, et reprendre contact avec les galeristes, collectionneurs et commissaires d’expositions. Enfin, je suis ravie de continuer mes activités ici ! Bien que l’économie du monde de l’art ait été affaiblie, j’espère que les projets se recréeront. Vos impressions de la ville ? C’est un grand plaisir de retrouver cette ville ! On dirait bizarrement que tout est comme avant : les bars, les restaurants et les jardins sont ouverts. Les italiens ont l’air heureux d’être dehors et de profiter enfin du printemps librement. L’apriori que j’avais sur la Lombardie très strictement fermée tombe. Finalement c’est même bien plus ouvert qu’à Paris ! L’unique grand changement visuel est le port du masque. Les gens le portent tous, et il est obligatoire absolument partout, même dans la rue. Cette barrière me trouble et me rappelle que ce n’est plus vraiment comme avant. Votre bilan de cette période Personnellement cette longue parenthèse m’a permis de me remettre en question et de prendre quelques résolutions. Avant l’enfermement, j’étais dans l’excitation de la préparation de trois expositions, dont une qui avait particulièrement de l’importance à mes yeux, à la Galerie C à Neuchâtel. Évidemment, suite aux annulations, j’étais désarmée et frustrée, puis j’ai pris du recul. Je me suis demandée pourquoi à chaque fois que je préparais une exposition, je stressais toujours autant. J’aimerais maintenant prendre le temps, être plus calme et sereine. Aussi, et avant tout, cette période était très angoissante à cause de la puissance des médias. J’ai décidé de ne plus me laisser abattre par les mauvaises nouvelles très généralistes, mais de me renseigner au mieux, pour comprendre plus en profondeur les problèmes de nos sociétés. Les mesures de solidarité Dans ce contexte, tous chez nous, coincés, sans voir personne, nous avons tous eu envie de téléphoner. Ainsi tout le monde prenait des nouvelles de tous, comme jamais auparavant. En étant séparés, nous nous sommes rapprochés virtuellement. Particulièrement grâce aux réseaux sociaux et sur internet, les artistes n’ont pas disparu. Deux initiatives en soutien aux artistes m’ont été proposées : D’abord par Marty de Montereau via le site Smart’s Arty qui vend en ligne des oeuvres d’une centaine d’artistes indépendants. La consigne était de vendre des oeuvres accessibles, qui ne devaient pas dépasser 500 euros. Alors dans un coin de mon appartement, avec les moyens du bord, je me suis lancé dans la création de petites sculptures. Cette opportunité m’a obligé à m’adapter à l’échelle de mon espace de travail, comme je ne pouvais plus vraiment m’amuser à faire des grandes installations et sculptures. J’ai été ensuite agréablement surprise par l’engouement des collectionneurs solidaires. https://smartys-arty.bemyguestproduction.com/collections/lea-dumayet Aussi la revue Artaïs Art Contemporain a eu l’idée de demander aux artistes de créer des vidéos en parlant de leur ressenti, de leur quotidien ou de leurs projets en cours et à venir. Bien que ce médium était inhabituel pour moi, je me suis amusée à relever le défi, à raconter ce que j’avais fait dans mon atelier à Montreuil juste avant le confinement, à décrire les sculptures que j’avais terminé quelques mois plus tôt à Milan, mais aussi à dévoiler les récentes petites pièces dans mon appartement. Comment imaginez-vous le monde d’après dans le monde de l’Art Je me fais peut-être des illusions mais j’imagine que les galeries, les musées et les autres lieux feront plus attention aux artistes. J’aimerais que nos droits soient enfin et vraiment respectés. Suite à ce que nous venons de vivre, j’imagine ce monde avec plus d’échanges et de soutiens. Par ailleurs, je crois que la conscience collective d’une vie plus écologique serait bien plus en phase avec la réalité d’aujourd’hui. Alors j’espère aussi que le monde de l’Art agira dans ce sens. Le gaspillage des matériaux m’a toujours beaucoup agacé. Je pense que nous devrions soutenir de plus en plus les ressourceries, tel que La Réserve des Arts, qui prône le réemploi. Site de l’artiste : http://leadumayet.com/ La résidence VIAFARINI : https://www.viafarini.org/english/vir.html A LIRE : Rencontre avec Léa Dumayet, atelier Le Midi, Montreuil Marque-page0
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