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Partager Partager PhotoPortfolio Masterclass Oeildeep Le Bal des Rejetons : AGBARA (force en Yoruba) de Karoll Petit La Rédaction3 heures ago Cette semaine, nous poursuivons la restitution de la masterclass Œildeep consacrée au collectif Bal des Rejetons. Sonia Seraidarian, Diana Lui et Jean-Christian Bourcart ont accompagné les 17 photographes du collectif pour faire œuvre commune. Pendant 17 semaines consécutives, nous partageons avec vous leurs projets. Aujourd’hui, découvrez la série « AGBARA (force en Yoruba) », réalisée par l’artiste photographe française Karoll Petit. À travers un récit intime mêlant mythologie et autobiographie, elle explore la reconstruction de soi face aux violences héritées, et la transformation de la douleur en force intérieure. Le Bal des Rejetons est un collectif d’auteurs photographes réunis autour de l’envie de diffuser des regards sensibles à un public large. Après « Un voyage photographique en France », publié en 2022 aux Éditions de Juillet et diffusé dans de nombreux festivals, 17 photographes s’emparent de mythes et légendes pour raconter le monde. Découvrez leurs histoires et cette aventure collective. AGBARA (force en Yoruba) de Karoll Petit Tout commence par l’admiration du geste. Il y a cet homme, un sculpteur qui insuffle la vie à la matière. Pour les gens autour, il est l’artiste charismatique et plein d’humour. Cet homme, c’est mon père, et pour moi, il est simplement « papa ». Dans l’intimité de son atelier, l’éclat de l’art projette une ombre immense, celle d’Ogun, ce dieu solitaire et brutal. Derrière la beauté des formes se cache une tempête silencieuse : la perversité, la violence psychologique et la volonté d’écraser le souffle des femmes. Une réalité que les personnes fascinées par ses œuvres ignorent. Mais que les femmes qui l’ont traversée ont subi dans leur chair. Face à ce chaos, je deviens Oya. Elle est l’épouse d’Ogun, mais elle refuse de rester soumise à sa brutalité. Elle se lève, mue par un désir de reconnaissance et de liberté, et quitte le dieu de la forge pour embrasser son propre destin. Elle devient la force du vent, celle qui unit les éclairs au tonnerre pour devenir une guerrière redoutable. À son image, je prends le chemin de l’exil. Je me reconstruis morceau par morceau, par la thérapie et l’amour, transformant ma douleur en une énergie nouvelle. Mais le destin est un cercle. Aujourd’hui, le vent tourne. L’homme qui se croyait invincible perd la mémoire ; son emprise s’efface en même temps que ses souvenirs. Ironiquement, c’est à moi qu’il revient de veiller sur lui chaque semaine. « Pourquoi moi ? », murmure souvent ma colère face à celui qui m’a tant détruite. Oya n’est pas seulement la tempête ; elle est aussi la gardienne des cimetières, celle qui accompagne les âmes vers leur dernière demeure et règne sur les grandes transformations. Pour ne pas sombrer, je choisis de regarder l’artiste plutôt que l’homme. Je décide de croire que ses bons côtés et son âme d’enfant ne sont pas morts, mais qu’ils sont restés là, figés pour l’éternité dans la pierre de ses sculptures. En m’inspirant d’Oya et de toutes ces femmes aux parcours chaotiques que j’admire depuis l’enfance, je reprends le pouvoir. Mon histoire n’est plus une tragédie, elle est une respiration nécessaire. Elle est mon Agbara. Née dans le Maine-et-Loire, en France, Karoll a profondément ancré son parcours photographique dans son lien à la terre. Avant de devenir photographe à temps plein, elle a passé plusieurs années à travailler dans des chambres noires spécialisées dans le noir et blanc, tout en exerçant des métiers saisonniers dans les vignes et les marais salants – des expériences nourries par son amour profond pour la nature et le grand air. Après avoir voyagé pour documenter le travail d’organisations humanitaires, Karoll s’est établie comme photographe professionnelle en 2011. Elle a ensuite rejoint le collectif IRIS Pictures. Son travail est régulièrement commandé par la presse nationale française, pour laquelle elle couvre l’actualité et les problématiques sociales. La pratique documentaire de Karoll se concentre sur le savoir-faire artisanal et les histoires de celles et ceux qui travaillent de leurs mains. Ce chemin l’a naturellement conduite vers le monde agricole. Depuis 2018, elle se consacre à des projets au long cours documentant la crise qui frappe le monde agricole, en particulier les suicides d’agriculteurs, l’évolution du rôle des femmes dans l’agriculture et la préservation des savoir-faire traditionnels. https://hanslucas.com/kpetit/photo Instagram : @karollpetit Vous souhaitez participer aux prochaines masterclass ? Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 10 septembre pour la prochaine ! Oeildeep soutient la création photographique par le biais d’un programme de formation longue durée fondé sur la pluralité des regards. Des experts aux perspectives variées, un accompagnement personnalisé sur 6 mois en groupe et à distance, et un partage continuel d’expériences offrent des espaces riches de rencontres et d’échanges pour mieux appréhender notre rapport de création au monde. La créativité est stimulée pour un développement approfondi des projets au sein d’une véritable communauté de soutien. Chaque année, tous les projets réalisés lors des Masterclass sont publiés dans 9 lives Magazine et présentés lors de Rencontres de la photographie à Arles. https://oeildeep.com/masterclass VoUs êtes photographes et vous souhaitez donner de la visibilité et de la résonance à votre travail ? Notre rubrique Portfolio vous est consacrée ! Comment participer ? Pour soumettre votre travail à la rédaction, il vous suffit d’envoyer à info@9lives-magazine.com • Une série composée de 10 à 20 images. Vos fichiers doivent être en 72DPI au format JPG avec une taille de 2000 pixels dans la plus grande partie de l’image ; • Des légendes (s’il y a) ; • Un texte de présentation de votre série (pas de format maximum ou minimum) ; • Une courte biographie avec les coordonnées que vous souhaitez rendre public (site web, email, réseaux sociaux…) À LIRE Le Bal des Rejetons, une autre radioscopie de la France Marque-page0
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