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Partager Partager Le [mac] marseille accueille La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées qui réunit 136 œuvres en provenance de 70 collections privées, dans le cadre de la 8ème triennale « De leur Temps » organisée par l’ADIAF, Association pour la Diffusion Internationale de l’Art Français et les musées de Marseille. Stéphanie Airaud, directrice du [mac] et co-commissaire avec l’historienne et chercheuse Sandra Delacourt dessinent une cartographie singulière de la collection comme un écosystème vivant. De plus le [mac] dans le cadre de la saison méditerranée propose l’exposition de l’artiste franco-algérienne Louisa Barbari« AFRICA » qui a aussi reçu le label du Bicentenaire de la photographie. Stéphanie Airaud revient sur cette programmation et les synergies engagées au niveau de la scène marseillaise, le [mac] étant à présent suffisamment identifié à l’échelle nationale et internationale pour poursuivre des efforts auprès des riverains de ce quartier sud de Marseille, relativement excentré de l’offre culturelle. Alors que la 18ème édition du Printemps de l’art contemporain, PAC, promet une programmation effervescente à compter du 13 mai, les synergies locales sont au cœur de l’action de Stéphanie qui a répondu à mes questions. Stéphanie Airaud, directrice du [mac], musées de Marseille © Jeremy SuykerL’exposition « La vie climatique triennale de leur temps » est conçoue au [mac] comme un organisme vivant. Comment est-ce que vous avez imaginé ce projet avec l’ADIAF et traduit avec la commissaire ? Dès mon arrivée aux musées de Marseille, il y a trois ans, l’ADIAF est venue me proposer de participer à un projet qui constitue aujourd’hui l’un des axes majeurs de son action culturelle. Aux côtés du prix Marcel Duchamp, l’association organise depuis vingt ans cette manifestation intitulée Triennale de leur temps qui réunit, sous la forme d’une exposition, une sélection d’œuvres acquises au cours des trois dernières années par les collectionneurs membres de l’ADIAF. La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées – Triennale De leur temps #8 – Ville de Marseille – © Ryan Layechi Cette exposition collective dresse ainsi le portrait d’une rencontre entre les collections privées et la création contemporaine. Depuis son origine, la triennale est systématiquement accueillie dans des institutions investies d’une mission de service public (musées, FRAC ou centres d’art). Cette articulation entre artistes contemporains, sphère privée et sphère publique m’a immédiatement semblé particulièrement féconde. Elle permet au public d’accéder à des œuvres rarement visibles, car conservées dans des collections particulières, tout en offrant un panorama d’artistes français ou travaillant en France, mais aussi d’artistes internationaux collectionnés depuis le territoire français. L’acronyme ADIAF, Association pour la diffusion internationale de l’art français, pourrait laisser penser à un périmètre strictement national. En réalité, les collectionneurs membres acquièrent également de nombreuses œuvres d’artistes étrangers, ce qui crée des dialogues et des rapprochements souvent très singuliers. La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées – Triennale De leur temps #8 – Ville de Marseille – © Ryan Layechi Comment s’est déroulé le processus de sélection ? Le processus de sélection repose d’abord sur les propositions des collectionneurs. Parmi les 600 à 700 œuvres soumises, un comité est ensuite chargé de constituer un corpus cohérent destiné à l’exposition. En tenant compte des espaces du [mac], nous avions estimé pouvoir présenter environ 130 pièces, principalement de formats petits ou moyens, les contraintes architecturales du musée ne permettant pas l’accueil d’œuvres monumentales. Afin de donner une véritable orientation à cet ensemble très ouvert, j’ai souhaité m’entourer de Sandra Delacourt, historienne de l’art contemporain, dont le regard de chercheuse a été précieux dans l’élaboration du projet. Elle a accompagné le travail mené avec les commissaires historiques de la triennale, Michel Poitevin et Monica Bianca, cette dernière prenant aujourd’hui le relais après de nombreuses années d’engagement. L’orientation de la sélection s’est construite autour de plusieurs équilibres qui me semblaient essentiels. D’abord, une véritable parité entre artistes femmes et hommes. Ensuite, une diversité des origines et des parcours, avec la volonté de dessiner une cartographie artistique aussi large que possible, sinon mondiale, du moins largement ouverte sur l’espace méditerranéen. J’ai également tenu à associer des collectionneurs locaux, car Marseille et sa région comptent des acteurs particulièrement engagés dans le soutien à la création contemporaine. Des figures comme Josée et Marc Gensollen, ou encore Catherine Bollini, présidente du Frac Sud, incarnent cette dynamique de collectionneurs qui accompagnent durablement les artistes et participent activement à la vitalité du territoire. À partir de ces différentes contributions, nous avons constitué un corpus d’œuvres en veillant à éviter certains écueils : celui du simple catalogue de tendances et celui de l’album d’images sans cohérence. L’objectif était de créer de véritables résonances entre les pièces, afin que l’exposition produise un sens d’ensemble et propose un regard construit sur la création contemporaine. Dans cette réflexion, le travail de Sandra Delacourt a joué un rôle déterminant. Historienne de l’art contemporain, elle a notamment consacré ses recherches aux figures de l’artiste-chercheur, en travaillant entre autres sur Donald Judd. Mais, au-delà de ce champ, elle développe depuis plusieurs années une réflexion autour du vivant et des écosystèmes. Elle s’intéresse à la manière dont, aujourd’hui, la hiérarchie entre les formes du vivant est remise en question, et à la façon dont les artistes contemporains interrogent la place des organismes vivants aux côtés des humains. La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées – Triennale De leur temps #8 – Ville de Marseille – © Ryan Layechi Que cherche à traduire le titre ? Le titre La Vie climatique est né de cette volonté d’interroger la notion d’écosystème, entendu non pas dans une acception strictement environnementale, mais comme un ensemble de relations vivantes et de dynamiques sensibles. Il ne s’agit donc pas d’une exposition sur l’écologie au sens militant ou scientifique du terme, mais d’une réflexion sur le climat envisagé comme une atmosphère globale, humaine autant que matérielle. Le point de départ de cette réflexion tient aussi au contexte muséal lui-même. Un musée est, par définition, un espace qui lutte quotidiennement contre les organismes vivants et cherche à maintenir une stabilité climatique indispensable à la conservation des œuvres. Cette tension nous intéressait particulièrement : d’un côté, l’institution muséale tente d’évacuer toute forme d’altération liée au vivant ; de l’autre, de nombreux artistes contemporains réintroduisent précisément ces questions dans leurs pratiques. Le vivant, ici, s’entend dans un sens très large : les relations entre les êtres humains, les affects et les chaleurs qu’ils produisent, les formes de solitude ou de proximité, mais aussi les liens qui unissent les humains au monde naturel : les insectes, les animaux, le ciel, le vent ou les variations climatiques. Cette thématique nous a semblé suffisamment ouverte pour accueillir une grande diversité d’œuvres et de démarches artistiques, y compris des pièces qui, à l’origine, n’avaient pas été conçues pour dialoguer entre elles. L’exposition cherche précisément à faire émerger ces correspondances inattendues et ces nouvelles mises en relation. La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées – Triennale De leur temps #8 – Ville de Marseille – © Ryan Layechi Quels partis pris curatoriaux vous ont guidé ? Tout l’enjeu de cette exposition était de proposer au public un parcours à la fois fluide et accessible, dans lequel les œuvres entrent en résonance les unes avec les autres. Il s’agissait de créer une expérience de visite sensible, tout en laissant la possibilité, pour celles et ceux qui le souhaitent, d’accéder à un second niveau de lecture à travers les textes d’accompagnement. En arrière-plan, se dessine en effet une hypothèse curatoriale plus structurante : montrer comment chaque œuvre, à sa manière, vient déjouer ou rejouer les logiques de classification du vivant et de mise sous cloche. Une logique historiquement constitutive du musée, dont la mission a longtemps consisté à organiser, hiérarchiser et stabiliser les savoirs, y compris en isolant les œuvres et les objets du monde vivant et de ses transformations. L’exposition interroge ainsi cette tension entre une institution fondée sur la mise en ordre et des pratiques artistiques contemporaines qui, au contraire, déplacent, fragilisent ou réactivent ces catégories, en réintroduisant du flux, de l’instable et du vivant au cœur même des dispositifs muséaux. La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées – Triennale De leur temps #8 – Ville de Marseille – © Ryan Layechi Que traduisent ces démarches de collectionneurs à la fois sur l’ensemble du territoire et dans la région de Marseille ? Ces œuvres témoignent avant tout, pour une grande part des collectionneurs, d’un véritable désir d’accompagnement de la création contemporaine et d’une volonté de s’inscrire au plus près des artistes. Il s’agit moins d’une logique de possession que d’une relation active aux pratiques artistiques, nourrie par la curiosité, la découverte et l’ouverture à des scènes internationales. Beaucoup cherchent ainsi à explorer ce qui se fait au-delà du seul cadre français, en s’intéressant notamment aux artistes du bassin méditerranéen, mais aussi d’Inde, d’Afrique du Sud ou d’Afrique subsaharienne. Cette diversité se retrouve dans les profils mêmes des collectionneurs, dont les démarches sont extrêmement hétérogènes. Certains, à l’image de familles Servais ou les Goldschmitz, acquièrent plus de soixante-dix œuvres par an et développent une activité particulièrement soutenue et structurée. D’autres, au contraire, constituent des collections plus resserrées, construites à une échelle plus intime, en fonction de leurs moyens et de leurs affinités. À Marseille, par exemple, des collectionneurs comme Didier Webre incarnent cette fidélité au long cours, en suivant depuis plus de vingt ans le travail d’artistes tels que Gilles Barbier. Certains ont même proposé des ensembles centrés sur un seul artiste, traduisant une forme d’engagement continu et cohérent. Ces différentes approches rejoignent, d’une certaine manière, les logiques à l’œuvre dans les institutions muséales, qui cherchent elles aussi à articuler des axes de développement variés et à soutenir la création sur le temps long. Ce qui ressort de ces échanges, c’est surtout la présence de nombreux collectionneurs qui ne s’inscrivent pas dans une logique spéculative, mais dans une véritable démarche de soutien aux artistes et de compagnonnage comme nous l’avons vérifié au moment du vernissage. Certains collectionneurs adhèrent aussi à l’ADIAF pour apprendre et commencer à collectionner. Des géographies, volumes et démarches toutes différentes. La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées – Triennale De leur temps #8 – Ville de Marseille – © Ryan Layechi Certains collectionneurs gardent-ils certaines réticentes à se dévoiler ? Certains choisissent de rester en retrait et préfèrent que leur nom n’apparaisse pas sur les cartels, optant pour la mention « collection privée ». Ce choix traduit des motivations diverses, qui leur appartiennent, et relève souvent d’une volonté de discrétion. D’autres, à l’inverse, assument pleinement leur rôle et leur présence dans l’écosystème de l’art contemporain, en affirmant publiquement leur engagement aux côtés des artistes et des institutions. La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées – Triennale De leur temps #8 – Ville de Marseille – © Ryan Layechi En ce qui concerne la participation au [mac] à la saison Méditerranée, comment s’est fait le choix pour l’artiste Louisa Babari ? Louisa Babari est une artiste que j’ai rencontrée il y a quelques années à l’occasion d’une exposition collective organisée par Florian Gaité à la Maison des arts de Malakoff, en banlieue parisienne. Cette exposition proposait un panorama de la scène artistique algérienne contemporaine. C’est à cette occasion que j’ai découvert son travail, notamment à travers un film intitulé Journal d’un étudiant algérien à Moscou, composé d’archives familiales. L’artiste y retrace le parcours de son père, envoyé en Union soviétique dans les années 1960 par le jeune gouvernement algérien pour y être formé. Louisa Babari AFRICA courtesy de l’artiste À travers ce matériau intime et documentaire, Louisa Babari déconstruit les représentations souvent figées de la jeunesse algérienne de cette période, en révélant au contraire une génération connectée à des dynamiques internationales et pleinement inscrite dans son époque. Le film, produit par le mucem, dans le cadre de l’exposition « Made in Algeria » propose ainsi une lecture complexe et plurielle des identités. Ce travail m’a particulièrement intéressé et a conduit à l’acquisition de l’œuvre en 2024. Elle est aujourd’hui intégrée aux collections du musée et présentée dans le parcours permanent. Il faut également rappeler que l’artiste a reçu le prix AWARE en 2023, accompagné d’une bourse de production destinée à soutenir la réalisation d’une monographie portée par un centre d’art. Le Centre d’art Passages à Troyes s’est engagé dans ce projet. L’artiste aujourd’hui âgée de plus de cinquante ans, s’inscrit dans une démarche exigeante et au long cours. On pourrait la qualifier, au sens contemporain du terme, d’artiste-chercheuse. Elle n’a, selon moi, pas encore bénéficié de la reconnaissance qu’elle mérite, et ce moment apparaît particulièrement propice à la mise en lumière de son œuvre. Son projet actuel s’ancre toujours dans une démarche autobiographique, qu’elle a élargie en remontant la généalogie du nom Babari jusqu’à une tribu berbère Amazigh de l’époque de la Numidie, durant l’invasion romaine de l’Afrique du Nord. À partir de ce point de départ, elle développe un travail de recherche autour d’archives visuelles et sonores fragmentaires ou disparues, liées à cette période de confrontation entre cultures berbères, romaines et hellénistiques. Ce processus donne lieu à un ensemble de collages et d’assemblages photographiques qui reconstituent un univers visuel spéculatif de l’Algérie antique. L’œuvre comprend également une dimension sonore, pensée comme une bande-son de l’exposition, élaborée à partir de sons imaginés de cette époque. Ce projet, initié en 2024, se déploie aujourd’hui dans le cadre de la saison Méditerranée. Il a également donné lieu à une collaboration avec le centre d’art Rhizome à Alger, autour d’une pièce intitulée Voix publique, consacrée à la poésie algérienne contemporaine. Labellisé par la saison Méditerranée, le projet bénéficie ainsi d’un accompagnement spécifique, tout en étant reconnu également dans le cadre du Bicentenaire de la photographie, en raison de la place centrale qu’occupe l’image dans le travail de l’artiste. SMITH, Sans titre 005 (Désidération, Anamanda Sin), 2021. Impression sur aluminium brossé. Collection Matthieu de Bézenac. © Photo : SMITH. Courtesy de l’artiste Cette saison Méditerranée conduit à la question des synergies que vous déployez ou que vous comptez déployer davantage à Marseille Pendant quatre ans, le [mac] a pratiquement disparu du paysage culturel marseillais. Avant cette fermeture, le musée souffrait déjà d’un manque de soutien institutionnel, notamment de la part de l’ancienne municipalité. Depuis sa réouverture, l’enjeu est désormais de réinscrire pleinement l’institution dans l’écosystème artistique local et de renouer des liens de travail avec les acteurs du territoire. Cette dynamique s’est amorcée dès 2024 avec une exposition menée en partenariat avec Triangle-Astérides autour de l’artiste Mégane Brauer, lauréate des Ateliers de la Ville de Marseille et accompagnée par la structure. L’objectif est aujourd’hui de développer une logique de coopération intelligente entre les différentes institutions culturelles du territoire. Cela passe notamment par une réflexion commune sur les politiques d’acquisition, en dialogue avec le Frac Sud ou le Mucem, afin d’identifier des complémentarités possibles et de mieux coordonner le soutien apporté aux artistes. Au-delà des grandes institutions, cette réflexion inclut également les lieux indépendants et associatifs qui jouent un rôle essentiel dans la scène marseillaise. Des espaces comme La Compagnie, à Belsunce, constituent à mes yeux de véritables lieux-ressources. Son directeur, Paul-Emmanuel Odin, travaille depuis plus de trente ans à accompagner les artistes et à documenter les dynamiques locales. C’est notamment là que j’ai découvert le travail de Dalila Mahdjoub, artiste franco-algérienne installée à Marseille et soutenue également par Mécènes du Sud. J’y ai vu une œuvre particulièrement forte, dont j’ai proposé l’acquisition pour les collections du musée en 2026. L’enjeu est donc moins de construire de nouveaux dispositifs institutionnels que de favoriser une circulation des artistes, des œuvres et des savoirs. Avec le Frac, par exemple, nous réfléchissons à la manière dont certaines pièces devenues patrimoniales après quarante ans de collection pourraient être accueillies à leur tour au musée. Cette approche permet au MAC de se positionner non pas comme une institution en surplomb, mais comme un acteur parmi d’autres au sein d’un écosystème collectif. Certes, une institution muséale fonctionne selon un rythme différent de celui des réseaux associatifs ou militants de l’art contemporain. Mais elle peut aussi inscrire son action dans une temporalité plus longue et offrir des formes de continuité et de transmission. Cette volonté de collaboration s’est également illustrée cette année avec une exposition coorganisée avec l’École des beaux-arts de Marseille autour des artistes sourds et malentendants. L’école développe depuis vingt ans un programme pionnier, PiSourd·e·s, dédié à l’accueil et à l’accompagnement de jeunes artistes sourds ou malentendants. Au fil du temps, ce dispositif a permis l’émergence d’une véritable expertise dans ce domaine. Dans ce cadre, la mac Room a accueilli pendant trois mois l’exposition Vivre en plusieurs langues. Cette collaboration a été particulièrement importante pour le musée, car elle nous a permis d’expérimenter concrètement des dispositifs d’accessibilité destinés aux publics sourds, que nous n’aurions sans doute pas mis en œuvre aussi rapidement sans ce travail commun. Dernière question autour de votre visitorat : quels publics souhaitez-vous toucher davantage ? Le public du MAC se compose aujourd’hui de plusieurs catégories bien identifiées. Il y a d’abord le public traditionnel des musées : un public fidèle, cultivé, curieux, souvent retraité, qui fréquente régulièrement les institutions culturelles. À cela s’ajoutent les familles, très présentes le week-end, notamment grâce au développement d’ateliers dédiés et à une politique d’accueil pensée pour les enfants. L’art contemporain, par son caractère souvent ludique et expérimental, permet en outre de susciter la surprise et l’interaction. Il existe également un important public de proximité, qui représente sans doute l’un des principaux enjeux pour les années à venir. Le musée accueille bien sûr des touristes, sa situation géographique, à proximité de la mer et du site de Le Corbusier, contribue à l’inscrire dans un parcours identifié mais le défi majeur reste de renforcer les liens avec les publics marseillais de proximité. Dans cette partie du territoire marseillais, les équipements culturels demeurent relativement peu nombreux. Avec le musée Borély, le MAC est l’un des rares établissements culturels structurants du secteur, et le seul à proposer une offre spécifiquement consacrée à l’art contemporain dans une position aussi excentrée. Il y a donc, à mes yeux, un véritable enjeu de service public. Cette ambition passe aussi par l’évolution du musée lui-même. À mesure que le projet de rénovation globale avance, et j’espère qu’il pourra aboutir prochainement, l’objectif est de développer davantage d’espaces de convivialité : ateliers, lieux de rencontre, restauration permanente. Le restaurant installé sur le rooftop constitue déjà une première étape, mais l’idée est de pouvoir proposer une activité en continu tout au long de l’année. Si le [mac] a retrouvé une visibilité sur les scènes nationale et internationale, et si la presse a largement accompagné cette dynamique, il reste encore beaucoup à faire pour renforcer son ancrage local. J’espère que ce travail pourra se poursuivre avec la nouvelle équipe municipale, afin que le [mac] soit davantage identifié et approprié par les marseillais eux-mêmes. INFOS PRATIQUES : La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées Triennale De leur Temps #8 Jusqu’au 20 septembre 2026 Horaires : du mardi au dimanche de 9h à 18h Tarif plein : 6 € / Tarif réduit : 3 € Et aussi Louise Barbari AFRICA Du 15 mai au 3 janvier 2027 https://musees.marseille.fr/la-vie-climatique-histoires-sensibles-des-collections-privees-triennale-de-leur-temps-8 PAC : le festival https://p-a-c.fr/le-festival Marque-page0
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