Carte blanche à Sabine Guédamour : Un an d’atelier-galerie à Provins, l’humain au cœur de l’art 3 heures ago
Traversée du medium photographique au Musée d’Art moderne de Fontevraud : Rencontre Dominique Gagneux, directrice 3 jours ago
Une critique nécessaire de la « Photographie algorithmique » de Joan Fontcuberta par Boris Eldagsen et Miles Astray 12 mai 2026
Masterclass Oeildeep Le Bal des Rejetons : Ceci dit prenez soin de vous par Lucy Vigoureux 6 jours ago
Mrac Occitanie, les 20 ans ! Brice Dellsperger, Philippe Decrauzat… interview Clément Nouet, directeur 1 jour ago
Pierre Huyghe à la Fondation Beyeler, Bâle : Mouna Mekouar, Curator at large « Matérialiser les images mentales » 2 jours ago
L'Invité·e Notre invitée de la semaine est Carine Dolek La Rédaction2 avril 2018 Portrait d'enfance de Carine Dolek, 3 ans. Partager Partager Le festival de la jeune photographie européenne Circulation(s) s’est inauguré le mois dernier au CENTQUATRE à Paris, les expositions restent visibles jusqu’au 6 mai prochain. Pour l’occasion, cette semaine, nous recevons Carine Dolek, la co-fondatrice de l’événement et membre du comité artistique. Tout au long de la semaine, elle partagera avec nous ses coups de coeur. Carine Dolek est journaliste, critique et commissaire indépendante. Directrice artistique de la galerie Le petit espace, Co-fondatrice du festival Circulation(s) et membre de l’association Fetart, elle préfère les questions aux réponses, et a exposé, entre autres, the Dwarf Empire, de Sanne de Wilde, The Curse – La malédiction, de Marianne Rosenstiehl, The Poems, de Boris Eldagsen. Elle est également lauréate du Young Curator Award de la Biennale de Photographie Photolux (Italie). Le Portrait Chinois de Carine Dolek Si j’étais une œuvre d’art : La dame de Brassempouy. Une extrait de beauté arraché au temps, chargé de symbolique et de pouvoir, qui agit encore aujourd’hui, comme une dynamo. Il y a une oeuvre de marbre, une sorte de tête suspendue avec des tentacules de seiche, extrêmement lourde et donnant l’illusion de la légèreté, qui me donne des frissons et dont je ne me souviens jamais de l’auteur, exposée à la fondation Maramotti de Reggio Emilia. J’aime ne pas me souvenir de l’auteur, qu’elle en soit détachée, autonome, et branchée sur une partie de mon esprit sans étiquette, en quelque sorte dédocumentée. Ces objets-là sont le mystère et le vertige. Si j’étais un musée ou une galerie : Le MACBA de Barcelone. C’est accueillant, toujours éclectique, toujours pertinent, peu importe le sujet je sais que ce sera dense et nourrissant. Si j’étais un(e) artiste : Je n’ai rien d’une groupie. Les artistes sont des personnes et réagissent aux contingences. J’aime les parcours à la Louise Bourgeois, qui a commencé à créer sur le tard, comme si elle avait passé sa vie à décanter, ou la « longue marche vers soi, vers la connaissance » de Pessoa, ou John Kennedy Toole, auteur de la Conjuration des imbéciles, qui s’est suicidé, épuisé par les refus des éditeurs, et dont le livre commence par la citation de Swift « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. » Si j’étais un livre : Un mélange de La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil, de Japrisot, de l’Etranger, de Camus, Out de Natsuo Kirino, et de l’Evangile du bourreau, d’Arkadi et Gueorgui Vaïner, Je relis régulièrement mes livres, ce sont des amis proches qui m’accompagnent, leur interprétation évolue avec moi. Si j’étais un film : Très dur de faire un choix. Quatre me viennent, mais j’en ai bien 50 dans mon premier cercle: Biutiful, de Innaritu, où un homme se débat pour faire le bien et être juste quand tout est contre lui, ce film est tellement puissant qu’il me dévaste, l’Empire des sens, où comment aller jusqu’au bout du désir et du don total de soi, finalement, Le décalogue et Out of Africa. J’étais adolescente à la grande époque de Kieslowski, et j’ai plongé dans cet univers où il aborde avec justesse et intimité des questions morales difficiles, loin de tout manichéisme. Kieslowski, et son scénariste Krzysztof Piesiewicz ont littéralement cartographié mon âme . Out of Africa, que j’ai vu gamine et vu et revu depuis, est une formidable histoire de courage avant d’être une histoire d’amour. Il me faisait pleurer, déjà toute petite, mais je ne me rendais pas compte que c’était triste, c’était surtout beau. Si j’étais un morceau de musique : J’en serai une bonne centaine que j’écoute en boucle. Extraits de mon cloud: Ain’t no mountain high enough, la version Marvin Gaye et Tammi Terrell, et Let go of letting go ou It’s invisible de Social Skills Si j’étais un photo accrochée sur un mur : Deux choses sont punaisées au dessus de mon bureau: un dessin qu’une petite fille avait fait de mon ex ami et moi à un arrêt de bus, il y a dix ans, au gros crayon bleu. Créoles, sac à main, short et sandales à talons pour moi, barbe de trois jours et tongs pour lui, tout y est. Avant qu’elle parte je lui ai demandé si elle voulait bien me le donner, elle l’a signé et me l’a tendu. Il n’est pas encadré, juste glissé dans une pochette. C’est trop précieux pour être écrasé derrière du verre. L’autre, c’est une image de la série Fiat Lux de Spela Volcic, une artiste rencontrée en lecture de portfolio au festival de Savignano l’année dernière, elle fait se rencontrer des fleurs et de la lumière, j’aime son idée. Si j’étais une citation : Je n’ai rien, dit le disciple à son maître. Alors débarrasse t’en, lui répond-il. Je ne sais plus d’où ça vient, mais j’aime ronger cette idée. Si j’étais un sentiment : Le sentiment d’immensité Si j’étais un objet : Ma planche à découper de cuisine en marbre. Elle sert pour la cuisine et pour mettre sous l’ordi quand il fait trop chaud à Marseille. J’adore les objets en marbre, j’avais une caisse de brisures sous mon lit quand j’étais petite. Si j’étais une expo : Fields, l’exposition de la vidéaste et photographe israélienne Michal Rovner au Jeu de Paume en 2005. Une révélation. J’y pense encore régulièrement. Son travail montre des situations de conflit: tensions, fractures, vulnérabilité, mais surtout perméabilité, contagion, hybridation. Elle part « toujours de la réalité. (Elle) l’enregistre, et ensuite, petit à petit, soutire l’image à la réalité. L’image devient plus floue, elle perd de sa définition, elle se rapporte dès lors à autre chose. » (Michal Rovner) Si j’étais un lieu d’inspiration : N’importe où d’où on voit le ciel étoilé la nuit. Si j’étais un breuvage : du kompot. C’est une soupe de fruits froide maison qu’on boit à la campagne en Pologne. Chez moi c’étaient des pommes, de la rhubarbe et des baies, fraises et groseilles à maquereaux. Si j’étais un héros/héroïne : Dany de la Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil, Karen de Out of Africa, Yayoi de Out Si j’étais un vêtement : Ma parka kaki. Je l’ai portée tous les jours depuis son achat, ça a été le coup de foudre. Les beaux jours arrivent, elle devient trop chaude, il va falloir muer et la mettre au placard jusqu’à l’automne Retrouvez les Cartes blanches de notre invitée tout au long de la semaine : > Carte blanche photographique à Carine Dolek : Tim Hetherington (mardi 3 avril 2018) > Carte blanche à Carine Dolek : Le Maître de Feng Shui (mercredi 4 avril 2018) > Carte Blanche : La Vidéothèque de Carine Dolek (jeudi 5 avril 2018) > La Playlist de Carine Dolek & Les Bons Plans de Carine Dolek : De Cracovie à Marseille… (vendredi 6 avril 2018) INFORMATIONS PRATIQUES Circulation(s), Festival de la Jeune Photographie européenne Du 17 mars au 6 mai 2018 CENTQUATRE-PARIS 5, rue Curial 75019 Paris http://www.festival-circulations.com http://www.fetart.org http://www.104.fr A LIRE : Ouverture de la 8ème édition du Festival Circulation(s) au CENTQUATRE, un regard à l’Est ! Marque-page0
L'Invité·e Carte blanche à Sabine Guédamour : Un an d’atelier-galerie à Provins, l’humain au cœur de l’art Pour sa troisième carte blanche, notre invitée de la semaine, Sabine Guédamour, co-fondatrice du festival Comme des images, nous pousse la porte ...
L'Invité·e Carte blanche à Sabine Guédamour : Le festival Comme des images Pour sa seconde carte blanche, notre invitée de la semaine, Sabine Guédamour co-fondatrice du festival Comme des images, nous dévoile la programmation ...
L'Invité·e Carte blanche à Sabine Guédamour : un festival de photographie à Provins Pour sa première carte blanche, notre invitée de la semaine, Sabine Guédamour co-fondatrice du festival Comme des images, nous raconte de l’intérieur ...
L'Invité·e Carte blanche à Florence Drouhet : Sohei Nishino, cartographier la ville, représenter ses énergies, ses dynamiques
L'Invité·e Carte blanche à Florence Drouhet : Patrick Tourneboeuf et les photographes de l’inventaire
Carte blanche à Sabine Guédamour : Un an d’atelier-galerie à Provins, l’humain au cœur de l’art 3 heures ago
Traversée du medium photographique au Musée d’Art moderne de Fontevraud : Rencontre Dominique Gagneux, directrice 3 jours ago
Une critique nécessaire de la « Photographie algorithmique » de Joan Fontcuberta par Boris Eldagsen et Miles Astray 12 mai 2026
Masterclass Oeildeep Le Bal des Rejetons : Ceci dit prenez soin de vous par Lucy Vigoureux 6 jours ago
Mrac Occitanie, les 20 ans ! Brice Dellsperger, Philippe Decrauzat… interview Clément Nouet, directeur 1 jour ago
Pierre Huyghe à la Fondation Beyeler, Bâle : Mouna Mekouar, Curator at large « Matérialiser les images mentales » 2 jours ago