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Charlotte Gainsbourg est actuellement en tournée mondiale. La prochaine date sera Tokyo, le 9 Avril. Retour sur l’une de ses premières dates, sa 1ère représentation parisienne.
Il est de ces concerts qu’on ne veut pas rater, une sorte d’appel impérieux. D’évidence en évidence, tout me convoquait à la Cigale ce Mercredi 28 mars 2018.

En 2014 déjà, le SebAstian Remix de la reprise de Hey Joe, figurant dans la Bande Originale de Nymphomaniac m’avait tout simplement scotchée.
C’est avec réjouissance que j’avais accueilli l’annonce de ce 5ème Album Rest de Charlotte pour Novembre 2017. Dès la 1ère écoute lors d’un trajet en voiture, je me rappelle Paris de nuit, défilant et se parant de l’élégance transtemporelle émanant
de l’ensemble de l’opus.
SebAstian l’ayant produit en grande partie, cette nouvelle étape de leur collaboration confirmait l’heureuse union.
La note singulière de Charlotte y conte titre à titre, avec ses mots, les états et les étapes de cette histoire, la sienne, au sein de la constellation familiale, y faisant re/vivre la chair du lien. Y sont brossés les portraits de ceux déjà partis et ceux qui restent, poursuivant le fil rouge de la transmission. L’héritage musical y palpite.

Concernant les clips, Lars Von Trier déclinant l’offre de les réaliser, la pousse à concrétiser la dimension visuelle de certains. Plaisir augmenté.

Puis en février, cette mise en bouche de la proposition scénique aux Victoires de la Musique, où elle y reçoit le prix de l’Artiste féminine de l’année.

Enfin… Vient le mercredi 28 Mars à la Cigale, après une première partie survoltée, en quelques secondes les premières notes de Lying With You invoquent l’âme de l’album. En présence, la version Live confère une allure d’Odyssée à cette électro puissante, déroulant son élégante démarche aux envolées atmosphériques.

Le dispositif scénique mis à l’oeuvre a l’art de mettre en lumière avec une part de réserve. Il est composé des cadres lumineux déjà présents lors des Victoires, sortes d’oxymores paravents/fenêtres. S’y ajoutent des miroirs suspendus encadrés de néons qui montent et descendent, réduisant ou augmentant l’espace de lumière ainsi crée, semblant faire battre le coeur de la Cigale.

La plupart des morceaux joués seront issus de Rest annonce Charlotte, qui dédie cette représentation à sa soeur Kate (partie en 2013) dont le titre éponyme laisse place à Charlotte for Ever, les réunissant à nouveau, côte à côte dans la setlist.
Que c’est fabuleux aussi de retrouver Lemon Incest, l’artiste semblant exhaler la voix paternelle en reprenant ces deux mythiques duos. Au passage, la signature musicale de SebAstian leur allant comme un gant.

Le sidérant moment de grâce restant gravé dans ma mémoire restera le fracassant Deadly Valentine. Ces minutes durant lesquels Charlotte, abandonne le piano pour le micro. Ayant tombé la veste, elle est en simple T-shirt blanc. Lors du long pont du morceau, elle outrepasse cette lumineuse limite, passe au devant du portail central, s’y adosse, danse, musique et lumière montent en puissance, les ovations ponctuent cette boucle qui la ramène pour finir au centre de l’arène, me laissant coi, en
extatique état.

Enfin, je livre là une dernière impression, la fin de Rest me fait l’effet d’une disparition, les dernières notes sont comme suspendues, les silences entre celles-ci donnent de l’épaisseur à l’air.

http://www.charlottegainsbourg.com

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