Carte blanche au Comité artistique du Festival photo La mer en partage : Urgence -Stop- Partager -Stop- Mer 3 jours ago
Carte blanche au Comité artistique du Festival photo La mer en partage : Souvenirs – Valparaiso/le Guilvinec 4 jours ago
Carte blanche au Comité artistique du Festival photo La mer en partage : Les affres d’un festival en plein air au bord de la mer 5 jours ago
De la rue Legouvé au Marais : les 20 ans des Douches la galerie. Entretien avec Françoise Morin 25 mai 2026
Une critique nécessaire de la « Photographie algorithmique » de Joan Fontcuberta par Boris Eldagsen et Miles Astray 12 mai 2026
Masterclass Oeildeep Le Bal des Rejetons : Guerre de Troie “Champs de bataille” par Estelle Pereira 29 mai 2026
« (Dé)colonisations, des artistes africains interrogent l’Histoire », Mémorial de Caen : Interview Ayoko Mensah, co-commissaire 3 jours ago
Partager Partager Né à Pomorie, ville côtière bulgare située sur les rives de la mer Noire, Penko Skumov développe très tôt une sensibilité façonnée par l’environnement maritime, les récits d’enfance et l’univers artistique de son père peintre. Après avoir commencé la photographie argentique à la fin des années 1990 avec un appareil soviétique Zenit ET, il construit progressivement une œuvre personnelle mêlant photographie de rue, poésie visuelle et réflexion sur la mémoire collective des Balkans contemporains. Ses séries Tabula Rasa, Days at Sea, Sense of Freedom ou encore The Festival témoignent toutes d’un même intérêt pour les tensions entre tradition et modernité, innocence et désillusion, quotidien et histoire. Chez Penko Skumov, la photographie ne relève ni du simple document ni du pur instantané de rue. Son œuvre se construit dans un espace plus ambigu, à la frontière entre mémoire intime, observation sociale et expérience poétique du quotidien. Qu’il photographie des enfants, des animaux errants, des manifestations politiques ou les rivages de la mer Noire, Skumov cherche moins à produire une image spectaculaire qu’à saisir des états de présence, des émotions furtives et des fragments de vie suspendus entre réalité et imaginaire. Son regard, profondément marqué par la culture visuelle balkanique, privilégie l’atmosphère, l’ambiguïté et ce qu’il appelle lui-même une « photographie intuitive ». À rebours d’une esthétique documentaire classique, Penko Skumov refuse la neutralité du regard journalistique. Ses images ne cherchent pas à expliquer le monde mais à faire surgir des sensations, des silences et des interrogations. Derrière la simplicité apparente de scènes ordinaires se dessine une réflexion plus profonde sur la liberté, la solitude, le temps et les mutations des sociétés balkaniques postcommunistes. Dans cet entretien, le photographe revient sur son parcours, sa conception intuitive de la photographie et la manière dont l’enfance, la mer, le folklore ou encore les manifestations politiques nourrissent son imaginaire visuel. Penko Skumov, Six days on an island, 2019 « C’est un regard armé qui parvient à voir, dans l’éclair d’un instant, qu’il existe quelque chose au-delà de la banalité, au-delà du non-sens, quelque chose de plus que ce qui est visible à l’œil nu. » Depuis quand percevez-vous votre rôle de photographe de cette manière ? Bien avant de devenir photographe, je percevais déjà le monde de cette façon. Cela a à voir avec mon éducation, ma culture et ma formation. Je pense qu’un photographe photographie selon ce qu’il est profondément en tant qu’individu. Pour moi, la culture visuelle ainsi que ce que j’observe et remarque dans le monde qui m’entoure sont bien plus importants que n’importe quelle compétence technique spécifique. L’appareil photo n’est qu’un outil au service de l’esprit et du regard. Qu’est-ce qui vous a conduit à la photographie ? J’ai toujours été attiré par les arts visuels. Mon père est peintre et son atelier était constamment rempli de livres et d’albums d’art. J’ai commencé à dessiner très jeune, mais j’ai arrêté vers l’âge de quatorze ou quinze ans. J’ai compris que je n’avais ni la patience ni le tempérament nécessaires pour construire une image entièrement à partir de rien, comme le fait un peintre. Pourtant, le besoin de m’exprimer à travers l’art m’a finalement conduit vers la photographie. J’ai commencé à photographier sur pellicule vers 1998 avec un vieil appareil soviétique, un Zenit ET. Penko Skumov, Tabula rasa, 2018 Votre première série photographique complète est consacrée à l’enfance. Qu’est-ce qui vous a attiré vers cet univers et pourquoi avoir choisi le titre Tabula Rasa ? Ce n’est pas ma première série ni mon premier thème, mais ce sujet est devenu profondément personnel lorsque je suis devenu père en 2003, avec la naissance de ma fille, Rada. En grandissant, elle m’a amené à poursuivre cette exploration, et j’ai souvent photographié les enfants de mon frère, de mes amis ou de mes connaissances. C’est l’un de ces projets qui ne se terminent jamais vraiment — je continue encore aujourd’hui à photographier et à enrichir cette série. Tabula Rasa est une expression latine qui signifie « table rase » et qui symbolise, pour moi, la pureté de l’âme enfantine. Les enfants sont spontanés et insouciants, ce qui en fait des sujets idéaux pour la photographie prise sur le vif : leurs gestes sont expressifs et leurs émotions apparaissent d’une manière profondément naturelle. D’une certaine façon, les enfants demeurent pour moi une forme de mystère. L’enfance ressemble à un état paradisiaque ; il y a quelque chose de très mystique en elle. Honnêtement, quels souvenirs de votre propre enfance gardez-vous le plus précieusement ? J’ai grandi au bord de la mer, dans une petite ville située sur une péninsule que l’on peut traverser à pied. Il y avait quelque chose de magique dans cette proximité entre la ville et ces espaces sauvages et ouverts. La mer représentait énormément pour un garçon à l’imagination débordante, qui lisait beaucoup de romans de science-fiction et de récits d’aventure. Ce sont ces éléments qui ont façonné mon enfance : la mer, les livres, mon père peignant dans son atelier. J’ajouterais aussi qu’à Pomorie, chaque été apportait son lot de nouvelles rencontres : on croisait des inconnus qui arrivaient puis repartaient. Cela vous apprend à être ouvert et curieux des autres. D’une certaine manière, j’étais un introverti grandissant dans un environnement très sociable. Penko Skumov, Tabula Rasa, 2018 Une caractéristique marquante de la série Tabula Rasa est qu’elle se compose principalement de portraits d’enfants saisis dans des moments de gravité — pensifs, concentrés — comme s’ils cherchaient à comprendre le monde qui les entoure, plutôt que dans l’insouciance avec laquelle l’enfance est généralement représentée en photographie. Qu’est-ce qui vous a conduit à montrer les enfants sous cet angle ? Le sérieux n’exclut pas le jeu. Les enfants sont toujours sincères dans leurs émotions. Lorsqu’ils jouent, ils sont en réalité très sérieux : pour eux, cela a du sens et une véritable importance. Les moments, les gestes et les expressions que vous percevez comme sérieux sont souvent plus fréquents que les éclats de rire. C’est précisément cela qui m’attire et que j’essaie de saisir. Penko Skumov, Tabula rasa, 2018 Penko Skumov, Tabula rasa, 2018 Passons à une autre série, Days at Sea. Elle rassemble des photographies prises à Pomorie et dans les environs du littoral de la mer Noire pendant l’été. Selon vous, que représente la mer pour les Bulgares ? Est-elle principalement associée à la saison estivale ou existe-t-il des mythes et des liens symboliques plus profonds ? C’est l’un de mes projets les plus importants. Il reflète ce lien presque magique que j’entretiens avec la mer et avec mon enfance. J’ai commencé à travailler sur cette série de manière consciente après avoir acheté mon premier appareil photo numérique en 2018. Jusqu’alors, je photographiais uniquement en noir et blanc sur pellicule. D’une certaine manière, le numérique m’a permis de redécouvrir la couleur en photographie et de photographier sans compter les vues. C’est à ce moment-là que j’ai défini ce que j’appelle aujourd’hui la photographie intuitive : diriger l’appareil vers tout ce qui attire votre regard ou éveille quelque chose en vous. C’est comme photographier avec la curiosité d’un enfant, mais à travers le filtre d’une expérience visuelle accumulée et d’un sens de la composition déjà développé. Je pense que c’est la première série dans laquelle j’ai mêlé mon style poétique et romantique à la photographie de rue. Ce projet n’est lié à aucune saison particulière et ne possède pas une dimension documentaire. Il est profondément personnel et façonné par ma propre vision du monde. Il exprime la manière dont je vois ma ville natale et la magie que j’y perçois. Cela dépend beaucoup de mon état intérieur : il y a des périodes où je sens que je ne parviens plus à voir cette magie, et dans ces moments-là, je cesse de photographier. Pour véritablement voir, il faut que les yeux de l’esprit soient ouverts. Il faut être dans une certaine disposition intérieure ; autrement, cela ne se produit tout simplement pas. Penko Skumov, Days at sea, 2018-2020 Penko Skumov, Days at sea, 2018-2020 Que représente personnellement l’été pour vous ? Je pose cette question parce qu’il semble être un thème récurrent dans votre travail. Dans la série Vertical Summer, vous revenez également à cette saison. L’été possède sans aucun doute une certaine dimension mystique. Pour moi, c’est un état d’être : le moment où nous laissons derrière nous les responsabilités et les routines, où nous quittons la grande ville pour redevenir jeunes. Nous retrouvons le jeu, la liberté et une forme d’émerveillement. Mais tout le monde ne vit pas l’été de cette manière. La société consumériste dans laquelle nous vivons a transformé les individus en êtres guidés par l’utilité ; quoi manger, quoi boire, quoi planifier ensuite. Beaucoup ont perdu la capacité de jouir de la vie comme les enfants le font naturellement. Cette joie enfantine est quelque chose que je valorise profondément et que j’essaie de préserver ; elle nourrit ma photographie. Comme le dit Nikos Economopoulos, il faut errer comme un chien errant, marcher simplement et observer le monde. Cet état d’esprit, associé à une quête d’authenticité et de liberté, constitue le fondement de Days at Sea. Penko Skumov, Vertical summer, 2023 Penko Skumov, Vertical summer, 2023 Dans nombre de vos photographies, lorsqu’on les observe attentivement, apparaissent des scènes où les animaux occupent une place centrale. Étant moi-même originaire d’un pays des Balkans, je reconnais la présence de « bandes » d’animaux errants comme un phénomène courant et ancien dans la région. (Référence au livre Chiens.) Pourriez-vous nous parler davantage du rôle que jouent les animaux dans votre imaginaire photographique ? Je suis attiré par les animaux, tout comme je le suis par les enfants, en raison de leur honnêteté. À bien des égards, les animaux sont des métaphores de nous-mêmes. Le regard et l’esprit associent instinctivement leurs expressions aux émotions humaines. C’est un thème classique en photographie, Josef Koudelka ou Daido Moriyama me viennent immédiatement à l’esprit. Chaque grand photographe possède une photographie de chien ou de chat. La véritable question est de savoir comment l’animal est photographié : s’agit-il simplement de susciter une impression de tendresse, ou bien l’image porte-t-elle une métaphore plus profonde sur notre propre condition ? Penko Skumov, CoinciDANCE, 2020-2021 Penko Skumov, CoinciDANCE, 2020-2021 Vous photographiez souvent de nuit ou lors de manifestations. Avez-vous besoin d’un équipement photographique particulier dans ces conditions ? La nuit, j’utilise généralement un flash ainsi qu’une vitesse d’obturation lente. Mais ce n’est pas une règle stricte : j’essaie de ne pas m’imposer de limites techniques, à l’exception du fait que je photographie toujours avec une focale fixe, soit un 35 mm, soit un 28 mm. Ce type de photographie exige de la légèreté, de la rapidité et de la mobilité. Je n’aime pas les appareils ou les flashs lourds et encombrants ; j’utilise le matériel le plus compact possible. Penko Skumov, Sense of Freedom, 2020 Je trouve la série Sense of Freedom (2020) particulièrement marquante. Vous avez choisi de mettre en lumière un aspect original de la période pandémique, à savoir les manifestations et la frustration populaire face aux tentatives des autorités de restreindre les libertés individuelles. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous concentrer sur ce sujet ? Ce projet reflète les manifestations antigouvernementales qui ont eu lieu en Bulgarie en 2020. Ce mouvement de contestation trouvait son origine dans la crise politique, la corruption généralisée et, bien sûr, les restrictions liées à la pandémie. Ce fut un moment très fort : les gens sont descendus dans la rue au nom de la liberté. La démocratie en Bulgarie est encore jeune, mais les générations changent et l’intolérance envers les abus politiques devient de plus en plus forte. Malheureusement, l’héritage du communisme ainsi que les dysfonctionnements de la période dite de la « Transition » restent encore présents au sein de notre classe politique. Pour moi, photographier ces manifestations constituait une expérience : il s’agissait de saisir cette frustration telle que je la voyais et la ressentais. Le projet s’est transformé en un témoignage visuel authentique, même si je ne suis pas photojournaliste. Le fait d’avoir travaillé seul, sans objectif précis, a sans doute rendu cette série plus chargée émotionnellement. Penko Skumov, Sense of Freedom, 2020 Dans la plupart des photographies de cette série, vous choisissez des angles qui dissimulent les visages des personnes participant aux manifestations. Était-ce une décision consciente ? Je ne m’en étais pas rendu compte consciemment, mais d’une certaine manière, je ne me concentrais pas vraiment sur les individus eux-mêmes. Mes intentions étaient avant tout photographiques. J’essayais de saisir une émotion plutôt que de documenter les événements au sens traditionnel du terme. Je dirais même que le fait de dissimuler crée davantage de questions — et c’est précisément ce qui m’intéresse en photographie. L’ambiguïté est quelque chose que j’apprécie dans l’art en général. Lorsqu’une image laisse place à l’interprétation, lorsqu’elle suscite des interrogations, elle devient à mes yeux plus captivante. Penko Skumov, Sense of Freedom, 2020 Penko Skumov, Sense of Freedom, 2020 J’aimerais reprendre la question que vous posez vous-même dans le projet Sense of Freedom : « Quelle est la différence entre la vie quotidienne ordinaire et les événements qui changent l’histoire ? » Le travail sur cette série photographique vous a-t-il permis de trouver certaines réponses ? Cela peut paraître paradoxal, mais je crois que la vie quotidienne est tout aussi importante que les grands événements historiques. En bulgare, nous appelons souvent la photographie de rue « photographie du quotidien » ou « photographie de la vie ordinaire ». Je n’ai pas entrepris ce projet avec des questions précises ni dans le but d’y trouver des réponses. Ce qui distingue cette série, c’est que nous sommes habitués à voir ce type de manifestations à travers une approche journalistique ou documentaire. Pour ma part, je me suis davantage intéressé aux émotions, aux atmosphères, aux états humains qui émergent dans ces moments-là. Et honnêtement, je photographierais n’importe quel événement politique ou historique de la même manière, parce que les êtres humains et leurs vies restent toujours au cœur de ma photographie. Penko Skumov, Sense of Freedom, 2020 Dans cette même série, vous affirmez que « dans les Balkans, nous avons un sens très particulier de la liberté ». Selon vous, qu’est-ce qui définit aujourd’hui les Balkans et en quoi diffèrent-ils de l’Europe occidentale ? Historiquement et géographiquement, nous sommes différents de l’Occident, et cela est tout à fait naturel. Je pense que les Bulgares, les Grecs, les Serbes, les Roumains et d’autres peuples de la région partagent une certaine manière de penser et de ressentir. Nous portons l’héritage de Byzance, du christianisme orthodoxe, de la domination ottomane, ainsi que de nombreuses autres influences qui nous ont façonnés différemment. Les Balkans constituent un lieu unique, un carrefour culturel entre l’Europe et l’Asie. Notre folklore, notre culture et même notre cuisine sont profondément liés. Cela nous donne une façon particulière de vivre et de concevoir la liberté, avec ses forces mais aussi ses contradictions. C’est un sujet vaste, qui mériterait une étude approfondie. Mais oui, je crois également que notre photographie est différente et que nous avons la responsabilité d’exprimer et de documenter notre authenticité balkanique ainsi que notre vision du monde. Une erreur fréquente chez les jeunes photographes, selon moi, consiste à vouloir imiter leurs modèles américains, britanniques ou français. Nous n’avons pas besoin de photographier comme eux : nous avons notre propre voix. Penko Skumov, The Festival (2020) Penko Skumov, The Festival, 2020 Penko Skumov, The Festival, 2020 The Festival (2020) est presque la seule série où l’on observe une présence explicite d’éléments folkloriques dans vos photographies. Quelle est aujourd’hui l’importance de ces festivals en Bulgarie ? Les jeunes générations continuent-elles à suivre ces traditions ou bien celles-ci perdent-elles progressivement leur place dans l’intérêt public ? Dans vos images, on voit aussi bien des enfants que des personnes âgées y participer. Le folklore est devenu un sujet important pour moi ces dernières années. En Bulgarie, on assiste actuellement à un renouveau des coutumes, des rituels et des festivals traditionnels. Pour un photographe, ce sont des moments et des lieux fascinants, car ils mêlent l’ancien et le contemporain. Il existe là un paradoxe visuel qui m’attire énormément. D’après ce que j’observe, la plupart des gens abordent aujourd’hui le folklore de manière assez superficielle : il se transforme souvent en divertissement de masse et perd ainsi une partie de sa signification profonde. C’est précisément ce contraste que j’essaie de saisir dans mes photographies ; le choc entre la tradition et la culture consumériste moderne. Penko Skumov, The Festival, 2020 Avez-vous certaines photographies favorites parmi celles que vous avez réalisées ? Je ne pense pas avoir de photographies préférées. J’essaie de rester tourné vers ce qui vient, vers ce que je vais photographier demain. Après avoir publié une série ou certaines images sur mon site ou sur Instagram, il m’arrive souvent de ne plus les regarder pendant des mois. Parfois, je redécouvre mes propres images sous un nouveau jour lorsque quelqu’un d’autre les remarque, les commente ou attire à nouveau mon attention sur elles. C’est un phénomène qui me fascine : la manière dont les autres interprètent mon travail. Cela me donne envie de continuer. Penko Skumov, Six days on an island, 2019 Penko Skumov, Six days on an island, 2019 Quelle est la partie la plus difficile de la photographie de rue ? Pour moi, c’est le temps. Ne pas avoir suffisamment de temps pour me consacrer pleinement à la photographie ou pour photographier plus souvent est une véritable frustration. J’ai un travail à plein temps qui occupe une grande partie de mon quotidien. Mais peut-être est-ce justement cela qui maintient vivant mon désir de photographier — cela entretient la flamme. Dans la photographie de rue, tout le reste peut s’apprendre — et cela s’apprend surtout en étant en mouvement. Il faut simplement être dehors, observer, parler aux gens : la vie elle-même devient un apprentissage. Lorsque la photographie de rue est pratiquée avec joie et sans arrière-pensée, rien n’y est véritablement difficile. Que vous ont appris vos reportages photographiques ? Pour reprendre ma réponse précédente : à vivre. À être dehors. À créer des liens et à converser avec les gens. À apprécier la vie quotidienne. Penko Skumov, Between the lines, 2004 La formule « une histoire sans mots » que vous utilisez pour décrire votre travail Between the Lines (2004) est particulièrement fascinante. Nous aimerions en savoir davantage sur ce projet. Pourrait-on dire qu’il marque, d’une certaine manière, le début de votre intérêt plus profond pour la photographie ? Je suis vraiment heureux que vous ayez remarqué cette série. Ces images ont été réalisées avant que je ne travaille dans un genre photographique précis, c’était une période d’expérimentations, d’essais et d’erreurs. La série est née à un moment où j’explorais la photographie de nature morte. J’aimais photographier toutes sortes d’objets intéressants trouvés dans la maison ; cela ressemblait à un jeu avec de vieux livres et des artefacts provenant de nos archives familiales. À un certain moment, les histoires ont commencé à se cristalliser, à former une sorte de narration. Je ne me définirais pas comme un photographe conceptuel, mais à mes débuts, j’essayais absolument tout , je disposais d’une liberté créative totale. Mes archives argentiques sont encore remplies d’expériences inédites et d’images oubliées. Penko Skumov, Days at sea (2008-2020) Penko Skumov, Days at sea (2008-2020) Penko Skumov, Days at sea (2008-2020) Penko Skumov, Vertical summer (2023) Pour avoir plus d’informations sur Penko Skumov : https://penkoskumov.com/ Marque-page0
News Palmarès de la 28ᵉ édition du Prix PICTO de la Mode La cérémonie de la 28e édition du Prix Picto de la Photographie de Mode s’est tenue la semaine dernière au musée Galliera. ...
Interview Art Contemporain Saison méditerranée 2026, Art-o-rama 20ème édition : rencontre Jérôme Pantalacci, FRÆME A l’occasion de la séquence d’ouverture de la Saison méditerranée à Marseille, rencontre avec un acteur emblématique, ambassadeur naturel du pourtour méditerranéen ...
Photo Masterclass Oeildeep Le Bal des Rejetons : AGBARA (force en Yoruba) de Karoll Petit Cette semaine, nous poursuivons la restitution de la masterclass Œildeep consacrée au collectif Bal des Rejetons. Sonia Seraidarian, Diana Lui et Jean-Christian ...
L'Interview De la rue Legouvé au Marais : les 20 ans des Douches la galerie. Entretien avec Françoise Morin
Interview Art Contemporain Nan Goldin et les années 80 en images à la Collection Lambert : rencontre Stéphane Ibars, directeur artistique
Carte blanche au Comité artistique du Festival photo La mer en partage : Urgence -Stop- Partager -Stop- Mer 3 jours ago
Carte blanche au Comité artistique du Festival photo La mer en partage : Souvenirs – Valparaiso/le Guilvinec 4 jours ago
Carte blanche au Comité artistique du Festival photo La mer en partage : Les affres d’un festival en plein air au bord de la mer 5 jours ago
De la rue Legouvé au Marais : les 20 ans des Douches la galerie. Entretien avec Françoise Morin 25 mai 2026
Une critique nécessaire de la « Photographie algorithmique » de Joan Fontcuberta par Boris Eldagsen et Miles Astray 12 mai 2026
Masterclass Oeildeep Le Bal des Rejetons : Guerre de Troie “Champs de bataille” par Estelle Pereira 29 mai 2026
« (Dé)colonisations, des artistes africains interrogent l’Histoire », Mémorial de Caen : Interview Ayoko Mensah, co-commissaire 3 jours ago