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Partager Partager Une Biennale sous le prisme du féminin qui dessine des constellations multiples à partir de récits oubliés ou invisibilisés telle est la force de la proposition de Cecila Alemani. Dans sa faculté à proposer une exposition dans l’exposition par le biais de capsules temporelles, elle peut nous perdre ou nous conduire à des connexions autres si l’on se laisse porter comme avec le remarquable « Berceau de la Sorcière/The Witch’s Cradle » qui rassemble, dans le pavillon central, Leonora Carrington à qui est emprunté le titre de cette Biennale « Le lait des rêves » mais aussi Dorothea Tanning, Claude Cahun, Leonor Fini, Valentine Penrose, Baya Mahieddine…artistes surréalistes par ailleurs exposées à la Collection Peggy Guggenheim à quelques encablures de vaporetto. Venise. Pavillon Central. Giardini La terre et ses papillons (Precious Okoyomon) ou ses odeurs d’épices (Delcy Morelos), le corps mutant, le cyborg, les mythes fondateurs et cosmiques mais aussi les voix queer et décoloniales ou les défis de la représentativité extra occidentale. Une Biennale onirique mais non pas détachée du réel et la présence de l’Ukraine nous rappelle en cela le poids de la résistance avec ces silhouettes de soldats volontaires dans la majestueuse Scuola della Misericordia (en ville) ou La Fontaine qui s’épuise, « Fountain of Exhaustion » de Pavlo Makov (Pavillon Ukrainien) conçue à partir d’un accident survenu dans la ville de Kharkiv dans les années 90, inondée mais privée d’eau potable. Métaphore également d’un trop plein de l’utilisation de nos ressources naturelles. En ce qui concerne les mediums, la peinture domine avec quelques vidéos dont la remarquable Sirens de Nan Goldin en hommage à Donyale Luna, mannequin noire morte d’une overdose, le projet de la réalisatrice Adina Pintilie pour le Pavillon roumain ou plusieurs ensembles photographiques dont l’émouvante série intime Mama de la polonaise Aneta Grzeszykowska. Pavillon du Zimbabwe. Santa Maria della Pieta. En ville. En ce qui concerne les Pavillons, trois nouveaux pays participants viennent d’Afrique : l’Ouganda qui a eu une mention spéciale autour des artistes Colllin Sekajugo et Acaye Kerunen (en ville), la Namibie et le Cameroun. Le Zimbabwe, Santa Maria della Pietà (en ville) sous le commissariat de Fadzai Veronica Muchemwa, la Côte d’Ivoire (Magasin du Sel) avec Laetitia Ky et le Ghana avec comme commissaire Nana Oforiatta Ayim marquent une présence forte de l’Afrique. Autre geste marquant : le Pavillon Polonais confié à une artiste rom Malgorzata Mirga Tas. Venise. Pavillon Côte d’ivoire. Laetitia Ky Simone Leigh. Pavillon des Etats-Unis Pavillon Grande Bretagne. Sonia Boyce Dans la lignée Black Lives Matters, Le lion d’Or a été décerné à l’artiste afro-américaine Simone Leigh qui célèbre la place et la subjectivité des femmes noires opérant ce qu’elle appelle une « créolisation des formes ». Sonia Boyce (Grande-Bretagne), également récompensée d’un Lion d’Or, vise dans son projet choral de redonner toute leur place aux chanteuses noires britanniques. Zineb Sedira, Les rêves n’ont pas de titre — Pavillon français Biennale de Venise 2022 — Institut français© Thierry Bal Zineb Sedira, Les rêves n’ont pas de titre — Pavillon français Biennale de Venise 2022 — Institut français© Thierry Bal Zineb Sedira (Pavillon Français) a reçu une mention spéciale pour son récit entre la France, l’Algérie et l’Angleterre « les rêves n’ont pas de titre » entre non-dits familiaux et militantisme cinématographique. La relecture de l’ailleurs paradisiaque selon Paul Gauguin par l’artiste Samoane Yuki Kihara (Pavillon de la Nouvelle Zélande) dans son projet Paradise Camp est remarquable à plus d’un titre. Première personne Fa’afafin (le 3ème genre au Pacifique) à exposer à La Biennale, elle déconstruit tout le mythe en se mettant en scène avec ses amis dans des postures ironiques et critiques. Venise. Pavillon Nouvelle Zélande Francis Alÿs (Pavillon Belge) très attendu avec ses jeux d’enfants du monde entier propose une ode à l’émerveillement quotidien, loin de la facilité des écrans. Jonathan de Andrade (Brésil) dans une large installation « avec le cœur qui sort de la bouche » se penche sur les gestes intraduisibles qui définissent le climat actuel de son pays. La Turquie avec l’artiste féministe en marge, Füsun Omur et sa fable « Il était une fois » sur les crises sanitaires à partir de matériaux pauvres et recyclés (fils de fer) fait mouche. Dans le registre des occasions ratées l’Espagne avec Ignasi Aballi qui reste trop conceptuel et radialement énigmatique. Venise. L’Arsenale Partout en ville les propositions sont nombreuses et dans des lieux inédits. S’il faut faire une sélection, outre certains pavillons déjà cités, les tutélaires Anselm Kiefer au Palais Ducal, Markus Lüpertz dans l’imposant Palais Loredan et Baselitz au Palais Grimani se partagent la vedette avec Louise Nevelson, magistrale. Claire Tabouret apporte un vent de fraicheur tandis que Nicolas Bourriaud avec « Planète B. Le sublime et la crise climatique » lance sa nouvelle aventure Les Radicants. La Parasol Unit de Londres dans le charmant conservatoire de Musique non loin de l’Academia « Uncombed, Unforeseen, Unconstrained » réagit au phénomène de l’entropie suite aux dérèglements climatiques avec une exposition collective subtilement aboutie. Last but not least, la grande Marlène Dumas domine de sa stature entre extase et effroi dans les tréfonds de l’intimité et de la chair. Eros et Thanatos se livrent un dernier combat dans les puissants volumes du Palazzo Grassi. INFORMATIONS PRATIQUES : 59ème Biennale de Venise The Milk of Dreams. Le Lait des rêves Jusqu’au 27 novembre 2022 Arsenale. Giardini. En ville https://www.labiennale.org/ Marque-page1
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